Lavillenie au septième ciel

Renaud Lavillenie s'apercevant qu'il a franchi 5,97m. (Reuters)

Renaud Lavillenie s'apercevant qu'il a franchi 5,97m. (Reuters)

Favori du concours de saut à la perche, Renaud Lavillenie a tenu son rang, vendredi soir, à Londres. Le perchiste français est devenu champion olympique sur sa dernière tentative réussie à 5,97 mètres. Avec une barre à 5,91m, les Allemands Björn Otto et Raphael Holzdeppe, un temps en tête, ont complété le podium.

Renaud Lavillenie est un immense champion. Attendu comme jamais à ces JO de Londres, le rendez-vous qui devait le consacrer roi de sa discipline, le Français a démontré un mental que seuls les grands du sport possèdent. Le Tsar Sergei Bubka a dû apprécier des tribunes la grinta du Clermontois mis dos au mur par deux Allemands déchaînés. Car il en fallait du cran et un vrai talent de compétiteur pour passer 5,97m au dernier essai dans une telle atmosphère, sous une telle pression que représentaient les 5,91m franchis par Otto et Holzdeppe. Un scénario quasi identique à celui qui avait tenu en haleine le public d’Helsinki au mois de juin aux Championnats d’Europe.

Renaud Lavillenie avait dû faire front aux mêmes Otto et Holzdeppe, en effaçant là aussi 5,97m, la meilleure marque de sa saison. 16 ans après les sacres de Jean Galfione, présent au stade olympique ce vendredi, et Marie-José Pérec (200m, 400m), l’athlétisme tricolore retrouve une médaille d’or. Outre le souvenir de Galfione, le monde de la perche aura une pensée toute particulière à Pierre Quinon. Disparu tragiquement il y a un an (17 août 2011), il fut le roi des Jeux de Los Angeles en 1984, un 8 août, 28 ans, jour pour jour, avant les qualifications de l’édition 2012.

"Il y a eu le petit doute, j’étais dos au mur"

Lavillenie qui suit les traces de la tradition française de la perche, cela n’étonnera évidemment personne, lui qui domine la discipline depuis deux ans, et ce premier titre européen à Barcelone. Malheureux aux Mondiaux de Daegu en 2009 et 2011, à chaque fois 3e, le Français a su rebondir pour ne pas se louper une troisième fois dans un très grand championnat. "C’est indescriptible, c’était un concours incroyable. J’ai eu de bonnes sensations jusqu’à 5,85m et forcément, il y a eu le petit doute, j’étais dos au mur", confiait-il sur France 3. La force des très grands se mesure dans des moments pareils. Lavillenie a eu cette capacité à se retrouver sur un saut, faisant vibrer les 80 000 personnes.

Il voulut ensuite en donner encore en tentant 6,02m puis 6,07m, mais l’essentiel était évidemment assuré avec 5,97m, nouveau record olympique. Comme une partie de sa carrière car à 25 ans, Renaud Lavillenie peut afficher un palmarès de cador. En 2012, il aura quand même remporté le titre olympique, européen et mondial indoor ! Sans oublier un record personnel à 6,03m, établi à l’occasion de son sacre européen à Bercy en mars 2011. Et ce n’est certainement pas fini.

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