Hirt, un cas positif d'école

Hassan Hirt a été pris un peu trop tard. (Le Midi Libre)

Hassan Hirt a été pris un peu trop tard. (Le Midi Libre)

Dans le viseur de la Fédération française d'athlétisme, Hassan Hirt a été contrôlé positif à l'EPO, cinq jours avant d'avoir participé au 5000m des Jeux Olympiques. Après Nour-Eddine Gezzar, également pris par la patrouille à l'occasion des derniers Championnats de France, c'est le deuxième coureur de demi-fond tricolore a être reconnu coupable d'une telle faute en moins d'un mois.

C’est toujours plus facile de se plaindre après. Mais comment Hassan Hirt a-t-il pu participer aux Jeux Olympiques ? Son contrôle positif à l’EPO, en tant que tel, est déjà une sale affaire. Mais la lecture devient assez ubuesque lorsqu’on se replonge dans l’entretien que l’athlète avait accordé, lundi dernier, à Paris Normandie. Hirt était déjà dans le collimateur de la Fédération française, après avoir déserté la semaine de son départ pour les Jeux Olympiques. Injoignable alors qu’il devait se soumettre à un contrôle antidopage, la police s’était même lancée à ses trousses.

Le fugueur - par ailleurs brigadier-chef de son état - était en fait... en Allemagne, parti assister à l’accouchement de sa sœur, selon ses dires. "Ma mère tenait absolument à la voir et à ce que je l'accompagne. Je n'allais quand même pas lui désobéir. Je n'ai fait que respecter mes obligations familiales, et voilà qu'on me transforme en criminel. Je suis à deux doigts d'appeler un avocat pour atteinte à mon image." Soit. Mais la vraie question était alors: pourquoi n’avoir donné aucune nouvelle pendant une semaine, du 27 juillet au 3 août ?

"J'ai eu droit à la totale, on m'a charcuté les veines"

"Mon téléphone était cassé, et j'avais d'autres priorités que de le réparer, expliquait-il deux jours avant de se faire éliminer en séries du 5 000m à Londres. Je ne savais pas qu'on me recherchait. Ce n'est qu'une fois mon problème de puce réglé que j'ai pu mesurer tout ça. Sur les 80 messages que j'ai reçus, seulement trois ou quatre me disaient: 'J'espère qu'il ne t'est rien arrivé de grave.' Les autres ont préféré imaginer le plus vicieux, en me faisant passer pour un mec qui esquive les contrôles. Personne n'a émis l'hypothèse qu'il me soit arrivé un accident grave ou un arrêt cardiaque pendant un footing dans une forêt. Je trouve cela désolant."

Si chacun jugera de ce qu’il trouve désolant, une autre interrogation concerne ce fameux contrôle, que la Fédération a finalement réussi à effectuer lors du retour de l’athlète. "On est venu me chercher pour me faire passer des contrôles. J'ai eu droit à la totale, on m'a charcuté les veines. Dans la soirée, j'ai dû me soumettre à de nouveaux contrôles. Les résultats sont tombés dans la foulée, et il se trouve qu'ils sont bons. Tous les taux sont normaux." Quel contrôle a donc servi à déterminer que Hirt s’était dopé ? Les premiers résultats n’étaient probablement que provisoires, ou effectués sur un échantillon parcellaire. L’étau s’est juste resserré un peu trop tard pour éviter que Hirt soit privé de Jeux.

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