Bolt, la Jamaïque et les autres

Usain Bolt et Yohan Blake ont illuminé le Stade Olympique sur 200m. (Reuters)

Usain Bolt et Yohan Blake ont illuminé le Stade Olympique sur 200m. (Reuters)

Sans surprise, Usain Bolt a conservé sa couronne olympique sur 200m, ce jeudi, à Londres. "La Foudre" a parcouru la distance en 19"32 et devancé ses deux compatriotes, Yohan Blake (19"44) et Warren Weir (19"84) à l'arrivée. De son côté, Christophe Lemaitre (20"19), sixième, n'a pas été en mesure de rivaliser avec les champions jamaïcains.

Il n’y a pas eu de surprise, à tous les étages. Usain Bolt est bien redevenu le roi absolu du sprint, et Christophe Lemaitre n’est pas parvenu à surmonter les éléments contraires pour aller chercher cette médaille qu’il espérait tant. La seule petite touche de fantaisie est venue de Warren Weir, qui a offert à la Jamaïque un remarquable triplé sur le demi-tour de piste. Car Yohan Blake, évidemment, a pris la médaille d’argent. Cette fois, Bolt avait choisi la finale du 200m pour relâcher son effort. La "Foudre" aurait pu sans problème passer sous les 19"30, avec un petit vent à +0,4 m/s, mais il s’est contenté d’un 19"32 comme un hommage à Michael Johnson.

Dans le même ordre d’idées, Bolt n’aurait donc pas dû finir avec la même avance sur Blake que sur la finale du 100m, c’est-à-dire 12 centièmes. Mais c’est comme si ces grands enfants de la Jamaïque avaient décidé de s’amuser dans une cour de récréation, fut-elle de taille olympique... "Ça ne m’étonne pas vraiment vu ce qu’il a montré sur le 100m, a analysé à chaud un Lemaitre déçu, sur France 3. Blake confirme ses 19"26 de l’an dernier, et Weir a bien joué le coup, il a fait ce qu’il fallait en améliorant son record au bon moment."

Lemaitre: "J'ai eu ce que je méritais"

Alors que Bolt, fidèle à lui-même, avalait tous ses concurrents dans le virage et virait déjà largement en tête dès le début de la ligne droite, Lemaitre a connu une course étrange. Mal sorti des starting-blocks, il a réitéré son péché mignon, contrairement à la demie. Son virage a eu l’air moins mauvais que la veille, et sa position en début de ligne droite ne semblait pas spécialement mauvaise, presque idéale même. Mais le Français n’avait plus de jus dans le finish, ce qui ne lui ressemble pas. Il échoue en sixième position, en 20"18. "Je n’ai pas fait ce qu’il fallait au niveau du chrono. J’ai fait ce que je pouvais pour bien gérer, ce n’était pas évident dans ce couloir. C’est vrai que ça ne m’a pas mis dans une position confortable."

Mais l’excuse n’est pas complètement valable, et le sprinteur d’Aix-les-Bains le sait: "C’est ma faute. Je n’ai pas bien joué le coup en demies, et j’ai eu ce que je méritais en finale." A 22 ans, le recordman de France avait encore besoin d’un peu d’expérience des Jeux, qui n’ont pas la même chargé émotionnelle que d’autres grands championnats. Aucun Français n’avait pris part à la finale du 200m Gilles Quénéhervé et Bruno Marie-Rose en 1988, et Lemaitre a au moins eu le mérite de ramener le pays à ce niveau. La déception est quand même importante, alors que Wallace Spearmon et Churandy Martina ont aussi fini devant, en 19"90 et 20 secondes pile.

Pendant ce temps, Bolt a donc fait un pas de plus vers le mont Olympe. Le bonhomme a fait des pompes à l’arrivée, facile, et devient le premier athlète de l’histoire à remporter deux fois l’or sur 200m. Par voie de conséquence, il devient aussi le premier à réussir l’hallucinant double-double 100m-200m, de Pékin à Londres. Deux fois champion du monde à la suite, deux fois champion olympique, la "Foudre" fait passer un sacré orage sur l’histoire du sprint. Mine de rien, ces 19"32 tranquilles représentent le quatrième chrono de tous les temps, à égalité donc avec le Michael Johnson d’Atlanta en 1996. Les Etats-Unis peuvent toujours se consoler avec leurs 17 titres olympiques sur 26 sur le demi-tour. La Jamaïque en est à trois.

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