Bolt et la Jamaïque raflent tout

Usain Bolt a réussi son double-triple. (Reuters)

Usain Bolt a réussi son double-triple. (Reuters)

Invincibles Jamaïquains. Comme à Pékin il y a quatre ans, Usain Bolt et ses compatriotes ont réussi le Grand Chelem sur les épreuves de sprint. Avec Bolt, Nesta Carter, Michael Frater et Yohan Blake, les "Rasta rockets" se sont offerts une nouvelle médaille d'or et un record du monde sur le relais 4x100 mètres, samedi soir à Londres. L'argent revient aux Américains, alors que les Français sont quatrièmes.

C’est fait. Comme on envoie une lettre à la poste ou comme on fredonne des airs de reggae à Kingston, les Jamaïquains ont battu le record du monde du 4x100m. Ce n’est quasiment pas une surprise, tant le niveau de Yohan Blake a progressé. Tant Usain Bolt est redevenu une légende. Et tant Nesta Carter et Michael Frater, aussi, sont très loin d’être des peintres. Bolt, qui s’est encore permis le luxe de relâcher en toute fin de dernière ligne droite, a conclu le tour de piste en 36"84, soit deux dixièmes pile de moins que leur précédent record du monde de Daegu.

Ironie du sort, les Américains ont terminé en 37"04. Tyson Gay a fait le virage, ce qui pose quelques questions quand on sait que le récent quatrième du 100m avait décidé de faire l’impasse sur le 200m. Yohan Blake l’a littéralement avalé, donnant le tempo d’un dernier 200m global de feu pour la Jamaïque. Bolt, bien sûr, s’est amusé avec Ryan Bailey, qui a terminé alors que le finish de Justin Gatlin la veille en séries avait impressionné. Ce dernier, finalement, a fait la ligne droite opposée après Trell Kimmons.

Guei: "Qui avait cru qu'on serait là ?"

Les records du monde des deux 4x100m, masculin et féminin, auront donc été améliorés sur cette olympiade. Et Bolt, évidemment, devient le seul athlète de tous les temps à remporter deux fois de suite le 100m, le 200m et le 4x100m. Avec ce monstre-là et cette Jamaïque-là, le fabuleux devient presque normalité. C’est aussi la première fois depuis 1980 et les Etats-Unis qu’un pays conserve son titre olympique sur 4x100. Les Français, eux, auraient aussi pu réussir quelque chose de grandiose pour conclure les épreuves d’athlétisme sur la piste (le marathon clôturera définitivement le programme dimanche). Mais Christophe Lemaitre et sa bande ont échoué au pied du podium.

Les quatre larrons avaient évoqué des prises de risque nécessaires dans les passages de relais. "On aurait pu faire largement mieux, on n’a pas réussi, se désolait le leader du sprint français. J’ai le sentiment que les passages étaient perfectibles, c’est sûr." Toutefois, Ronald Pognon avait quand même une médaille de bronze virtuelle au début de la dernière ligne droite. Le choix de Vincent Clarico, l’entraîneur du relais, de conserver Pognon en finisseur fera longtemps parler, alors qu'Emmanuel Biron était disponible. Le premier Français à être passé sous les 10 secondes n’a pas tenu le choc, ce qui a permis à Justyn Warner et Richard Thompson de le devancer. La déception est d’autant plus grande que le Canada, d’abord troisième, a été disqualifié.

En échouant en 38"16, les Bleus ont manqué la médaille pour quatre petits centièmes, laissant les Trinidadiens en bronze. Bolt, Blake et leurs amis, eux, sont bien sur une autre planète. "On a fait le travail comme il fallait" selon la "Bête", alors que la "Foudre" se dit "extrêmement fier d’avoir partagé ça", sur France 2. A noter enfin que le relais 4x400m féminin a été largement dominé par les Etats-Unis, et que les Bleues, courageuses, n’ont pu prendre que le sixième temps. "Le niveau est très élevé, mais on a une très belle équipe", a déclaré Muriel Hurtis, secondée par Floria Guei: "Qui aurait cru qu’on serait là ?" Pour Marie Gayot, "c’est bien d’avoir replacé le 4x400 français à ce niveau". Au vu de la jeunesse de Guei et Gayot, c’est en tout cas prometteur.

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