Une grande fête populaire

Le retour triomphal des héros de Londres. (Reuters)

Le retour triomphal des héros de Londres. (Reuters)

L'équipe de France olympique a été accueillie en fanfare lundi au retour des Jeux de Londres, où elle a pris la septième place au classement des nations des JO, avec 34 médailles dont 11 en or. Plusieurs milliers de supporters étaient venus accueillir les 200 et quelques athlètes tricolores juchés sur des bus à impériale. Les héros londoniens sont restés sans voix devant ce grand rassemblement populaire.

Les Champs-Elysées leur étaient offerts comme en 2008 au retour de Pékin. Mais plus que lors de la fin de leur aventure chinoise, pourtant forte de 41 médailles record toujours en cours, la célèbre avenue parisienne a pris un temps des allures de juillet 1998. De l’aveu de tous, les Bleus ne s’attendaient pas à voir autant de monde tout au long de leur parcours organisé par leur équipementier et le comité national olympique. Frissons, surprises et superlatifs ("extraordinaire" selon Alain Bernard, "impressionnant" pour Xavier Barachet, "exceptionnel" selon Lucie Decosse) étaient donc de mise au moment de revenir sur un après-midi qu’ils n’oublieront sans doute jamais.

Tout a commencé Gare du Nord peu après 16h. Pour le public présent, la journée a sans doute débuté plusieurs heures auparavant dans l’espoir d’apercevoir ses héros, ceux qui ont rythmé une partie de son été. Quand l’Eurostar spécialement affrété arrive sur le quai, l’ambiance monte naturellement d’un cran. A son bord, la délégation française revenue de Londres, où elle avait pu assister la veille à la cérémonie de clôture des 30e Jeux Olympiques, ne s’attend pas à recevoir un accueil de "star" selon les mots d’Isabelle Yacoubou, l’une des figures emblématiques de l’équipe de France féminine de basket.

Dumerc: "Un truc de fou !"

La gare parisienne, elle, avait été envahie depuis bien longtemps. Couloirs de la gare, quais, parvis place Napoléon III sont vite investis alors que les espaces prévus semblent bien trop petits plus de 30 minutes avant l’arrivée des Bleus. Déjà, la circulation s’avère difficile dans le quartier. Pour les accueillir en plus du public muni de nombreux drapeaux tricolores, quelques athlètes déjà revenus à Paris mais qui n’auraient manqué ça pour rien au monde. Mahiedine Mekhissi-Benabbad, médaille d’argent sur 3000m steeple, signe de nombreux autographes. Sa médaille autour du cou attire aussi les convoitises de supporters ravis de pouvoir la prendre en photo. Le basketteur Nicolas Batum est également de la partie, prêt à accueillir ses compatriotes.

Les héros arrivent finalement au compte-goutte. Les handballeurs se font remarquer avant la sortie du héros Teddy Riner, incontestable vainqueur à l’applaudimètre. Le cortège se met en branle, les nouveaux "olympiens" selon l’expression du président du CIO Jacques Rogge, s’installent dans trois bus bleus à impériale. L’accueil n’est que les prémices d’un fol après-midi. Partout, la foule se presse sur les trottoirs. Marseillaise, "mercis" et reprises du célèbre hymne Seven Nation Army des White Stripes se succèdent. Parmi les grands animateurs, les handballeurs menés par Didier Dinart donnent le ton, bien suivis par les "Braqueuses" du basket. Dans le dernier bus, Teddy Riner côtoie Tony Estanguet et les nageurs. Le judoka a tout du GO parfait et parvient à rendre l’atmosphère encore plus festive, bien aidé aussi par la vice-championne olympique de taekwondo Marlène Harnois au sourire éclatant et par une Automne Pavia, bronzée en judo, qui fait souffler un grand vent de fraicheur. D’une phrase, l’héroïne du basket Céline Dumerc résume la pensée générale : "c’est un truc de fou !".

Le passage de l’Arc de Triomphe suivi de la descente de Champs Élysées noirs de monde tournent à la liesse. Les piétons envahissent l'avenue alors que les klaxons ne cessent de saluer le cortège. Les handballeurs recommencent leur reprise de la chorégraphie d’Usain Bolt avant un toujours très populaire "Qui ne saute pas n’est pas Français". La fête les attend dans la boutique de leur sponsor avant les plateaux télés des JT puis un dernier repas en commun. Si la soirée ne faisait que commencer, même pour des Experts déjà fatigués par leur bringue de la veille, elle était bien le point final d’une très belle aventure. Celle de 34 médailles mais surtout de " rencontres et de nouvelles amitiés" pour Mekhissi-Benabad. Tous se sont d'ailleurs promis de voir ensemble Rio dans quatre ans.

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