L’abécédaire des Jeux (1)

Yannick Agnel, trois médailles dont deux en or pendant les JO. (Reuters)

Yannick Agnel, trois médailles dont deux en or pendant les JO. (Reuters)

Une nouvelle page olympique s'est tournée avec la cérémonie clôturant cette XXXe Olympiade de l’ère moderne. L'occasion de se rappeler des moments forts et des personnalités marquantes de cet événement londonien, riche en émotions. Première partie de cette chronique commençant avec le A de Agnel pour finir jusqu'au M de Manaudou.

A comme Agnel. A 20 ans seulement, Yannjick Agnel est entré dans la cour des très grands en remportant pas moins de trois médailles, dont deux titres, à l’occasion de sa première olympiade: l’or sur 200m nage libre, le relais 4x100m et l’argent avec le relais 4x200m. Seul petit bémol, sa quatrième place sur le 100m nage libre, mais l’avenir est devant lui et sa finale du 200m, ainsi que son retour sur l’Américain Ryan Lochte lors de la finale du 4x100 ont marqué les esprits et confirmé la naissance d’un immense champion. Pour preuve, même la légende Michael Phelps l’a adoubé en allant lui glisser un petit mot dans le bassin, devant les caméras du monde entier. Comme un passage de témoin.

B comme Bolt. On l’annonçait en méforme, en perte de vitesse vis-à-vis de ses rivaux et plus particulièrement son compatriote Yohan Blake, mais Usain Bolt a prouvé sur la piste olympique londonienne qu’il était bien le meilleur sprinteur actuel, mais aussi peut-être le plus grand de tous les temps. Vainqueur du 100 m en 9’’63, la deuxième meilleur performance de tous les temps après son record (9’’58), le Jamaïcain a enchainé par le 200 m avec un nouveau temps canon (19’’32), puis le relais 4x100 m avec ses coéquipiers et un record du monde à la clé (36’’84), conservant ainsi ses trois médailles d’or acquises à Pékin. Six médailles d’or en deux olympiades, à 26 ans, difficile de faire mieux. Et ce n’est sans doute pas fini.

C comme chutes. Elles furent nombreuses et ont marqué ces Jeux. On retiendra notamment celle, volontaire, du pistard Philip Hindes. Premier relayeur des Britanniques en vitesse par équipes, ce dernier a raté son départ en qualifications, mais a fait exprès de se laisser tomber pour obtenir un nouveau départ, comme le veut le règlement. Un faux départ qui permettra à Hindes et ses coéquipiers de repartir du bon pied pour s’adjuger l’or olympique aux dépens des Français. Réputé pour ses chutes, le BMX n’a pas dérogé à la règle avec de nombreux vols planés toujours spectaculaires. La chute de Julien Absalon, provoquée par une crevaison, n’a pas été spectaculaire, mais a marqué la fin de règne du double champion olympique de VTT. L’athlétisme n’a pas été épargnée, avec celle du spécialiste chinois du 110m haies Liu Xiang, victime d’une rechute au tendon d’Achille quatre ans après Pékin, et celle de Yohann Diniz, victime d’une terrible défaillance sur le 50 km marche.

D comme dopage. Encore une fois, le sport et les Jeux Olympiques n’ont pas été épargnés par le fléau du dopage. La France a été touchée par les cas Nordine Gezzar (3 000m steeple) avant la compétition, et Hassan Hirt (éliminé en séries du 5 000m), tous deux contrôlés à l’EPO. Mais ce n’est pas la seule, puisque des athlètes de tous les pays ont été suspendus pour avoir pris des substances interdites. La gymnaste artistique ouzbèke Luiza Galiulina, le discobole Zoltan Kövago hongrie, La cycliste sur piste russe Victoria Baranova, le marcheur italien Alex Schwazer Italie, la hurdleuse syrienne Ghfran Almouhamad ou encore la sprinteuse de Saint-Kitts-et-Nevis Tameka Williams. Si la plupart de ces athlètes ne sont pas vraiment distinguées dans leurs disciplines respectives, la Biélorusse Nadzeya Ostapchuk a revanche conquis l’or au lancer du poids avant de voir son titre lui être retiré. Ex-dopés, le cycliste Alexandre Vinokourov, vainqueur de la course en ligne, et le sprinteur Justin Gatlin, 3e du 100m, ont, quant à eux, joué le rôle des repentis.

E comme Estanguet. Attendu au tournant après son échec de Pékin, Tony Estanguet a prouvé qu’il était un champion d’exception en s’adjugeant un troisième titre olympique en canoë de slalom après ceux déjà acquis à Sydney et Athènes, devenant au passage le premier sportif français à décrocher trois titres olympiques dans la même discipline. Un exploit retentissant pour le Palois, qui, à 34 ans et après avoir réussi à arracher sa qualification pour les Jeux au détriment de Denis Gargaud, a réussi à devancer tous ses rivaux, dont le Slovaque Michal Martikan, au cours d’une finale de folie. Reconnu par ses pairs, le céiste est désormais à l’orée d’une nouvelle carrière au sein de la commission des athlètes du CIO.

F comme Farah. Sans contestation, Mo Farah a été l’une des grandes stars de ces Jeux. Le fondeur britannique d’origine somalienne a en effet enflammé le stade olympique en remportant avec la manière le 5 000 m et le 10 000 m, au nez et à la barbe des Kenyans et des Ethiopiens. Une consécration pour le champion du monde et double champion d’Europe en titre du 5 000 m, devenu star dans son pays, mais aussi dans le monde entier. Il a ainsi fêté sa médaille d’or du 10 000 m au côté de l’icône Usain Bolt.

G comme Grande-Bretagne. Outre Mo Farah, les athlètes locaux ont été nombreux à se surpasser pour porter haut les couleurs de l’Union Jack. Grands pourvoyeurs de médaille, le cyclisme sur piste (Chris Hoy, Jason Kenny, Ed Clancy, Laura Trott, Victoria Pendleton...), la voile (Ben Ainslie), ou encore l’aviron et l’équitation ont apporté leur lot de médaille. Premier et deuxième du dernier Tour de France, Bradley Wiggins et Christopher Froome n’ont pas manqué le rendez-vous du contre-la-montre en prenant l’or et le bronze, tout comme les frères Brownlee sur triathlon. Enfin, les membres de l’équipe d’athlétisme ont su se surpasser, à l’image de Jessica Ennis, reine de l’heptathlon, et Greg Rutherford, maître de la hauteur. A l’arrivée, le pays hôte termine avec 65 médailles (29 d’or, 17 d’argent et 19 de bronze) se classant au troisième rang des nations derrière les Etats-Unis et la Chine.

H comme HandballChampionne olympique, double championne du monde et championne d’Europe en titre, l’équipe de France de handball était tombée de son piédestal en janvier dernier lors de l’Euro en Serbie en étant éliminée dès la phase de poules. Annoncés vieillissants et en fin de cycle, les Experts ont toutefois prouvé qu’ils avaient de la ressource en parvenant à conserver leur titre olympique, ce qu’aucune équipe n’était parvenue à faire hormis l’URSS devenue CEI en 1988 et 1992. Montés en régime au fil de la compétition, les hommes de Claude Onesta ont éliminé l’Espagne et la Croatie, avant de triompher de la Suède en finale, pour obtenir une nouvelle médaille d’or qui les fait entrer de plain-pied dans le panthéon du sport tricolore.

I comme Iordan Iovtchev S’il n’a pas décroché de médaille et a dû se contenter de la 7e place de la finale des anneaux, Iordan Iovtchev a marqué ces Jeux de Londres. A 39 ans, ce qui en faisait le plus vieux gymnaste de ces Jeux, le Bulgare a disputé ses sixièmes JO, dans une discipline pour le moins exigeante sur le plan physique. Chapeau !

J comme juges Encore une fois, ils ont été au cœur de la polémique, notamment en boxe, où plusieurs de leurs décisions ont été difficilement compréhensibles, notamment en ce qui concerne le Français Alexis Vastine, déjà éliminé sur une décision litigieuse à Pékin en 2008. Mais le noble art n’a pas été le seul concerné. D’autres décisions ont effet prêté le flanc à la contestation, comme celle concernant l’athlète algérien Taoufik Makhloufi, exclu du 1 500 m, pour avoir eu un comportement antisportif sur le 800 m (il a abandonné au bout d’une centaine de mètres car il ne voulait pas disputer cette épreuve, contrairement à sa fédération), puis réintégré, sur la base d’un certificat médical prouvant qu’il était blessé ce jour, avant de décrocher le titre sur sa distance de prédilection le lendemain. Les juges se sont en revanche montrés beaucoup plus inflexibles concernant Yohan Diniz, disqualifié, une fois son 50km marche terminé en 8e position, pour un ravitaillement hors-zone. La disqualification de huit joueuses de badminton chinoises, accusées d’avoir délibérément perdues afin de bénéficier d’un tableau plus favorable, a également défrayé la chronique.

K comme Kenya Dominés sur le 5 000 m et le 10 000 m messieurs, les athlètes kenyans ont néanmoins répondu présent dans leurs autres disciplines de prédilection. Ainsi, David Rudisha a éclaboussé de toute sa classe une finale du 800 m, considérée désormais comme la plus belle de l’histoire et remportée avec un nouveau record du monde à la clé (1’40’’91), sans l’aide du moindre lièvre. On se souviendra également longtemps du frêle Ezekiel Kemboi, fêtant sa victoire sur le 3 000 m steeple, dans les bras de son dauphin français, Mahiedine Mekhissi-Benabad, avec qui il avait échangé son maillot.

L comme Lavillenie. Attendu au tournant, Renaud Lavillenie n’a pas flanché. Pourtant, ses rêves de médaille d’or olympique ont bien failli s’envoler en fumée. Grand favori de la finale du saut à la perche, ce dernier réalisait le concours parfait avant que les deux Allemands encore en lice, Björn Otto et Raphael Holzdeppe, ne passent coup sur coup 1,91m. De quoi instiguer le doute dans la tête du Français, qui a échoué une première fois à 1,91m, puis à 1,97m, avant de franchir cette barre à son dernier essai, signant au passage un nouveau record olympique, et surtout le titre tant convoité, à l’issue d’une finale rêvée.

M comme Manaudou Qualifiée sur le 100m et 200m dos mais trop juste pour espérer rivaliser avec les meilleures, Laure Manaudou a tout de même marqué ces JO de Londres, mais cette fois dans le rôle de spectatrice. Submergée par l’émotion après la victoire surprise de son frère Florent sur le 50m nage libre, la championne olympique d’Athènes a été autorisée par la sécurité à venir embrasser son cadet au bord du bassin, pour ce qui restera comme l’une des images fortes de la quinzaine.

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