Groupama 4, forte tête
Les concurrents de la Volvo Ocean Race naviguent toujours vers Sanya pour la deuxième étape. Et c'est Groupama 4 qui occupent la tête de la flotte après avoir pris une option plus à l'Est. Le bateau français, avec Franck Cammas à la barre, accroît même son avance avant de négocier le délicat passage du Pot au noir.
Groupama 4 est en tête de la deuxième étape. (Y. Riou/Groupama/VOR)
"Je rends hommage aux Français parce qu'ils n'ont pas cédé, sont allés dans leur option et on dirait que ça paye, en tout cas pour le moment", s'inclinait, beau joueur, Ken Read, le skipper de Puma. "Tous les logiciels de routage nous ont donné l'illusion qu'on pourrait pousser à travers ce front. Je rends hommage aux Français parce qu'ils n'y ont pas cru et ont pris le problème en main", ajoutait-il. Dans les faits, après avoir hésité une première fois, Franck Cammas et ses hommes ont décidé en fin de semaine dernière de plonger au sud pour contourner un front (ou plus exactement un thalweg) qui bloquait la flotte depuis plusieurs jours. Des milles en plus mais un recalage à l'est de la flotte qui permet aujourd'hui à Groupama 4 de toucher depuis ce week-end des vents plus stables et de profiter d'un meilleur angle à 80 degrés du vent et d'une mer moins formée.
Direction... l'inconnue
Résultat, le bateau français avance quelques noeuds plus vite que la concurrence. Et en profite pour creuser l'écart sur ses adversaires : ce mercredi matin, Puma était relégué à 85 milles, Telefonica, le leader du classement général de ce tour du monde, à 93 milles, Camper-Emirates Team New Zealand à 115 milles et Abu Dhabi, qui ferme la marche, à 224 milles. "On est heureux. Il y a beaucoup de sourires sur les visages quand les classements tombent en ce moment", avouait mardi Franck Cammas. Mais le skipper aixois, qui sait que cette option aurait pu être éclipsée par le coup de poker au nord tenté par Sanya si le concurrent chinois n'avait pas été victime d'une avarie de gréement, ne crie pas victoire pour autant. "Il faut gagner des milles tant qu'on peut, en engranger sur cette partie qui nous est favorable, prévenait-il. Il nous reste 40 heures dans ces conditions avant les zones aléatoires comme le Pot-au-Noir. On pousse au maximum."
Dès jeudi matin, le concurrent français entrera dans cette zone de convergence tropicale que les coureurs au large ont l'habitude de négocier en Atlantique, rarement dans l'Indien. Mais s'il vaut mieux l'aborder par l'ouest de l'autre côté de l'Afrique, la position à l'est de la flotte de Groupama 4 est dans cette partie du globe plutôt favorable. La suite ? Compliqué à analyser puisque la flotte entrera en fin de semaine dans une zone furtive vers un port inconnu où ils embarqueront sur un cargo armé jusqu'à un point au large de Sharjah, au nord des Émirats, où ils reprendront la course vers Abu Dhabi. Une mesure prise par la direction de course pour prévenir les attaques de piraterie nombreuses au large de la Somalie. Un parcours imposé dont s'accomodent les navigants. "On a eu une formation sur le comportement à avoir si nous étions attaqués. Mais pour l'instant, ce n'est pas au premier plan de nos priorités !", assurait Cammas.





