La 15e journée entre les perches
Comme chaque semaine, notre rédaction vous propose un tour d'horizon des faits marquants en Top 14. Voici donc un résumé des différents éléments qu'il faut retenir à propos de l'ovalie hexagonale. Découvrez ici l'équipe, le joueur, la phrase et la statistique qui ont rythmé la journée.DANS LE VESTIAIRE DE... : Bayonne
Tombé un peu plus bas samedi, sur sa pelouse de Jean-Dauger, où l'Union Bordeaux-Bègles, un adversaire direct pour le maintien, est venu s'imposer (27-20) dans le cadre de la 15e journée du Top 14, l'Aviron Bayonnais semble incapable d'enrayer sa descente aux enfers. A chaque étage de la maison basque, l'impuissance est palpable. Recrue de l'intersaison, Cédric Heymans, qui avait évidemment rêvé d'un autre scénario à l'heure de rejoindre la Côte Basque, ne cache pas sa préoccupation: "On commence beaucoup de choses trop tard, regrette l'ancien Toulousain dans Jour de rugby. On commence à jouer trop tard, on commence à avoir peur trop tard, on commence à s'investir trop tard. Voilà... On prend de nouveau une nouvelle claque à la maison, j'espère qu'il ne sera pas trop tard."
Le constat du président Alain Afflelou est tout aussi alarmant: "Je pense que c'est surtout un problème de mental et de moral parce qu'on n'a jamais eu de match référence cette année. Alors on a mis notre début de saison sur le compte de: « Nos recrues ne sont pas arrivées. » Et puis, ça a été: « Nos recrues ne sont pas au même niveau de préparation. » Mais en attendant les défaites engendrent cette insécurité et donc cette perte de confiance." A écouter les leaders d'un groupe si fringant la saison dernière, capable d'accrocher la septième place du Top 14, l'investissement est présent. Mais manque peut-être l'essentiel comme le souligne Marc Baget: "Sincèrement, on a appelé à la mobilisation. Il faut qu'on positive absolument. On est dans une situation catastrophique. Evidemment qu'on n'attendait pas ce résultat, mais il y est ; maintenant, il faut qu'on réagisse en équipe, en copains. Ça va être difficile, très difficile. On va faire appel aux vertus essentielles de rugbyman, d'homme et avant tout de copains parce que c'est ce qu'on a perdu." Aveu terrible d'un capitaine, à l'image de son équipe, en plein doute.
Même son entraîneur par intérim, Jean-Pierre Elissalde, d'ordinaire si volubile, paraît manquer de solutions: "Aujourd'hui, nous sommes dans une grande inquiétude, avoue dans Sud-Ouest le technicien débarqué au chevet du club en novembre dernier. Il faut que la confiance revienne et voir plus loin que la problématique du match de ce soir. Je suis dans un constat d'échec. Il faut chercher des solutions, je n'en ai pas beaucoup. Il faut qu'on puisse s'appuyer sur quelque chose, sur quelqu'un. On est conscient que rien n'a changé. C'est de plus en plus difficile." A Bayonne, l'impasse semble totale.
LE JOUEUR : Juan IMHOFF
Pas franchement du genre à mettre en avant une individualité, Pierre Berbizier n'a pu faire autrement que de saluer "la performance de Juan Imhoff" qui, samedi, à Aimé-Giral, aura illuminé la rencontre entre l'Usap et le Racing (14-14). Auteur de l'unique essai francilien sur un exploit personnel d'une classe folle, le jeune trois-quarts international argentin (23 ans, 8 sélections) s'est révélé au grand public en bonifiant chacun de ses ballons. Pour mieux confirmer son potentiel qui n'a pas échappé aux recruteurs du Racing lorsqu'il s'est agi de faire d'Imhoff (1,82m, 82kg) le joker médical de Benjamin Fall, indisponible six mois. Dégrossi au sein de la formation des Pampas XV, véritable pouponnière des Pumas engagée dans la Vodacom Cup en Afrique du Sud, l'ailier, positionné à l'arrière à Perpignan, y avait inscrit 9 essais en 9 matches avant de gagner son billet pour la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, où il disputa quatre matches. De lui, Fabrice Estebanez dit: "C'est beaucoup de talent, il amène aussi beaucoup de vitesse et beaucoup d'appui, c'est un joueur à suivre dans ce Top 14 ." Une progression fulgurante. Et si, à défaut de voir Juan Martin Hernandez jamais recouvrir son meilleur niveau, c'était lui la pépite argentine des Ciel et blanc ?
LA PHRASE : "On est heureux de lui offrir cela et on se dit que quand il va reprendre conscience, on aura beaucoup de choses à lui raconter." (Par Laurent MARTI, président de l'Union Bordeaux-Bègles dans Sud-Ouest)
Cinq jours après l'accident vasculaire cérébral dont son entraîneur Laurent Armand a été victime, l'Union Bordeaux-Bègles, victorieuse à Bayonne (27-20) et sortie de la zone de relégation avec un match en retard, a signé un second succès à l'extérieur empreint d'une profonde émotion pour tout un groupe, qui aura su se resserrer malgré ce drame et offrir à son technicien, toujours plongé dans le coma, un magnifique message d'espoir. Dont Laurent Etcheto, autre membre du staff aquitain en charge des trois-quarts, se faisait le porteur ému, au micro de Jour de Rugby: "Maintenant qu'on a vidé cette pression, on ne va pas faire dans l'affectif à outrance, on ne va pas tomber dans les larmes, mais on a une grosse pensée pour Lolo et sa petite femme, qui nous a envoyés un très gentil message avant le match. On pense très fort à lui et on sait qu'il va revenir très vite avec nous."
LA STATISTIQUE : 97 %
Comme les 97 % de réussite de Lionel Beauxis qui, tout auréolé de son rappel en équipe de France, continue d'évoluer à un niveau de performance exceptionnel à l'ouverture avec un Stade Toulousain qu'il vient de gratifier de quelques 29 coups de pied réussis sur ses 30 dernières tentatives lors de ses trois dernières rencontres disputées. Soit un taux de 97 % de réussite au pied qui confirme l'état de grâce de l'ouvreur stadiste retrouvé après des débuts toulousains compliqués par les blessures. Avec 28 points à son actif contre Montpellier (45-25), 30 contre Bayonne (30-15) et encore 19 contre Lyon samedi (51-10), l'ancien Parisien totalise 77 points en trois rencontres. Beauxis ne se contente pas pourtant pas uniquement d'alimenter le score, mais offre dans la conduite du jeu toulousain des garanties plus que crédibles. Et pas seulement au pied. De là à l'imaginer contester Trinh-Duc chez les Bleus cet hiver, il n'y a qu'un pas...





