Les Experts stoppent l'hémorragie
Les Bleus devaient réagir après leur faux pas lundi contre l'Espagne (26-29), ils l'ont fait en battant la Russie (24-28), mercredi soir, à Novi Sad en Serbie, lors de la deuxième journée de la phase de groupes de l'Euro 2012. Les handballeurs français, dont le jeu n'a pas été parfait, affronteront la Hongrie, vendredi, pour terminer le tour préliminaire sur une bonne note.
Claude Onesta en train de discuter avec Nikola Karabatic, remplaçant au coup d'envoi. (Reuters)
"Les Russes ne sont pas des rigolos. Ils seront très dangereux car ils ont beaucoup à prouver", se méfiait Michaël Guigou au sujet d'une équipe qui court après son standing des années 2000. Mais les joueurs de Claude Onesta, trop déterminés à se racheter, n'ont rien laissé à leurs adversaires, s'installant d'entrée dans la rencontre grâce à un 5-0 initié par un très bon Bertrand Gille. Avec un Thierry Omeyer plus inspiré dans sa cage, et un degré d'agressivité en défense à hauteur de celui attendu pour une telle compétition, les Bleus ont retrouvé leur solidité derrière, celle sur laquelle ils ont construit tous leurs titres depuis trois ans et demi. La Russie est ainsi restée muette pendant les dix premières minutes (!), et encore, c'est sur un jet de sept mètres que Maxim Kocharov inscrivait le premier but. Dominateurs, malgré un Nikola Karabatic préservé sur le banc pendant le premier quart d'heure, les Français déroulaient jusqu'à compter huit longueurs d'avance (16-8, 27e), un avantage quelque peu galvaudé dans les derniers instants du premier acte conclu sur un écart de cinq unités (16-11, 30e).
Onesta peut faire tourner
Un peu moins précis au retour des vestiaires, à l'image d'un tir de Karabatic capté par Vadim Bogdanov (18-15, 36e), les Français mettront une dizaine de minutes avant de reprendre leur marche en avant. Arnaud Bingo, plus utilisé que Michaël Guigou sur l'aile gauche, et Daniel Narcisse se régalaient sur le côté droit de la défense russe et permettaient à l'équipe de France de reprendre ses distances (22-15, 41e). Un écart suffisamment large pour que Claude Onesta lance Guillaume Joli, Grégoire Detrez et Guillaume Gille dans la bataille, histoire que tout le monde reste concerné. Omeyer finissait lui d'écoeurer les Russes, à l'image de Dmitry Kovalev en échec en un contre un. Les champions d'Europe en titre obtenaient une victoire assez aisée (28-24, 60e) tant ils auront toujours su rester à distance respectable des hommes de Vladimir Maximov.
"C'était important de gagner ce match, et de remettre beaucoup d'engagement et d'intensité, savourait Omeyer, jamais aussi fort que lorsqu'il se trouve sous le feu des critiques. Ça a été le cas dès le début. On a fait un gros match derrière, et ça c'est bien." Le gardien tricolore appréciait également la solidarité retrouvée, ou du moins davantage mise en avant que quarante-huit heures plus tôt. "Il y a eu de l'entraide. Il faut continuer. Un autre match difficile nous attend après-demain contre la Hongrie, avec toute la salle qui sera derrière elle." Dans une ambiance certainement survoltée, les Français, pas encore qualifiés pour le tour principal, voudront sans doute confirmer qu'ils sont bien de retour aux affaires. La route est encore longue.





