Ça commence mal...
L'équipe de France a entamé la défense de son titre à l'Euro par une défaite face à l'Espagne ce lundi (26-29), pour son premier match dans le groupe C. Menés au score durant toute la partie, les Bleus ont toujours flanché au moment de recoller malgré un bon Jérôme Fernandez (7 buts). La troupe de Claude Onesta devra se ressaisir contre la Russie dans deux jours.
Premier match difficile pour Nikola Karabatic et les Bleus. (Reuters)
"C'est une équipe très expérimentée, avait prévenu Claude Onesta avant de retrouver les Espagnols contre lesquels les Tricolores avaient fait match nul lors du dernier Mondial, mais aussi pendant l'Euro il y a deux ans. Ils ont moins à perdre que nous pour ce match, pensait savoir le sélectionneur des Experts. Ils sont dans une position plus confortable que nous." Une prophétie vérifiée dès les premières minutes avec une équipe d'Espagne présente dans les duels et très efficace devant le but. Si Jérôme Fernandez, le meilleur Bleu avec Luc Abalo, cachait la misère tricolore dans les premiers instants, très vite l'équipe de France buvait la tasse (5-8, 11e - 8-12, 21e). Claude Onesta, furieux sur son banc de la performance de ses joueurs, tentait d'injecter du sang frais en lançant dans le grand bain Arnaud Bingo et Daniel Narcisse mais la réussite continuait de fuir l'ensemble tricolore. Le premier but de Bertrand Gille et un jet de sept mètres réussi au buzzer par Michaël Guigou permettaient néanmoins aux Français de rester au contact à la mi-temps (13-15, 30e).
Abalo: "On doit peut-être avoir plus de craintes"
Narcisse, explosif mais pas toujours très précis face aux rudes défenseurs ibères, ramenait même les Bleus à une longueur dès le retour des vestiaires (14-15, 31e). Mais rapidement José Javier Hombrados, impérial dans sa cage, reprenait son travail de sape sur le moral des buteurs tricolores. Le gardien de l'Atletico Madrid, en remportant haut la main son duel à distance avec Omeyer, insufflait une dynamique à ses partenaires qui allaient reprendre le large en profitant des trop nombreuses approximations des Français (15-20, 38e). La tête sous l'eau, les Bleus reprenait espoir dans les dernières minutes grâce au seul Luc Abalo, repositionné à l'arrière mais aussi efficace et spectaculaire que sur son aile droite. "Lucho" marquait ainsi trois fois de suite pour permettre à la France de rester en vie (23-26, 51e), puis, comme lors du premier acte, Gille et Guigou remettaient l'équipe de France à un but (26-27, 59e) à l'aube de la dernière minute. Mais une erreur de marquage alors que les Espagnols étaient dans l'obligation de prendre le tir et Cristian Ugalde mettait fin à la remontée des Français. L'ultime but de Roberto Garcia ne faisait qu'alourdir le revers (26-29, 60e).
Parfois dur dans ses analyses, Didier Dinart ne voulait pas en rajouter devant les caméras de Canal+ Sport. "Il y a eu un manque de rigueur général, analysait le pilier de la défense. On n'était pas dans le rythme. On n'y était pas, que ce soit sur le plan défensif ou offensif." Son coéquipier à Madrid, Abalo, osait lui soulever un problème d'ordre psychologique. "On doit peut-être aussi avoir plus de craintes avant les matches." Trop sûrs d'eux les Bleus ? Ce n'est pas dans leurs gênes, eux qui ont toujours su se remettre en questions depuis quatre ans malgré les titres et les honneurs qui les ont accompagnés. Si tel était le cas, Claude Onesta, ou les cadres, sauront monter au créneau. Il leur faudra en tout cas élever leur niveau de jeu dès mercredi face à des Russes qui risquent bien de payer l'addition.





