PSG, Veni, Vidi, Vici...
Terrain presque miné pour le PSG. Pour la première de Carlo Ancelotti, le leader de Ligue 1 a connu toutes les peines du monde pour venir à bout des irréductibles bretons de Locminé (1-2). C'est Lugano, dans le temps additionnel, qui a mis fin au rêve des pensionnaires de CFA 2. Locminé a bien failli réaliser l'exploit de ces 32e de finale de Coupe de France.
Première laborieuse mais victorieuse pour le PSG de Carlo Ancelotti. (Reuters)
Car ce choc des extrêmes a jusqu'à l'ultime seconde des arrêts de jeu laissé à penser que la première sortie officielle d'Ancelotti à la tête du PSG tournerait au gros couac. La faute à des amateurs déchaînés, libérés et joueurs en diable pour le premier match de leur histoire face à une équipe de l'élite, capables de faire le jeu et même de revenir au score, avant de céder sur le fil. Un petit miracle pour un PSG à l'évidence encore loin d'avoir digéré les préceptes de son nouvel entraîneur. (voir par ailleurs) On retiendra notamment de cette première que les Parisiens auront trouvé la faille au moment où le sapin de Noël en 4-3-2-1 d'Ancelotti a évolué en un système à deux attaquants. Comme n'aura pas échappé le coaching de l'Italien, fatal à son capitaine, Mamadou Sakho, sorti à la 75e minute de jeu après avoir provoqué le penalty égalisateur des Bretons.
Locminé, quel coeur !
Au Moustoir, c'est toute la Bretagne, meurtrie par les éliminations la veille
Si les Parisiens voulaient se mettre en difficultés, ils ne s'y prendraient pas autrement à multiplier les erreurs typiques du match piège en Coupe de France. A faire briller notamment le gardien adverse sur remise de la tête de Hoarau pour la reprise instantanée aux 25 mètres de Momo Sissokho, que stoppe parfaitement Erwan Flegeo (16e). Le dernier rempart breton que Hoarau, parti dans le dos de la défense, vient défier, mais dont la tentative de lobe ratée est captée sans difficulté par le portier de Locminé (17e).
Ce PSG est plus que décevant, à l'image d'un Javier Pastore pour l'heure invisible. Une tête de Sissokho mal cadrée (32e), c'est à peu près tout quand Maïga, omniprésent sur tout le front de l'attaque, est un problème insoluble pour la défense parisienne, qui souffre mille maux devant le Béninois, à l'image de ce déboulé depuis l'aile conclu par une frappe puissante sur Sirigu (38e). Et la sortie de Flegeo est parfaite devant Jallet (40e). La première mi-temps de Locminé frise la perfection, même si Didier Noblet, l'entraîneur morbihanais, au micro d'Eurosport, regrette: "C'est dommage qu'on n'ait pas concrétisé cette première demi-heure."
A la reprise, l'insouciance juvénile d'Auger tranche toujours autant avec la fébrilité d'un Lugano toujours plus inquiétant. Mais le leitmotiv « Jouez, jouez ! », ressassé depuis le banc par Ancelotti finit enfin par être entendu. Nene lance dans la profondeur Pastore, qui élimine son vis-à-vis d'un grand pont, bute sur Flegeo, mais récupère pour ouvrir le score (0-1, 53e). L'Argentin a le break au bout du pied dans la foulée, ou presque. Son dribble sur Flegeo est un peu long et, face au but vide, sa frappe trouve la barre (60e). Le stratège parisien mange carrément la feuille de match, au grand dam de son coach, sur cet excès d'individualisme, alors que Nene et Erding, entré en jeu, se proposaient au centre (71e). La sanction est immédiate avec ce penalty provoqué par Mamadou Sakho que Maïga transforme avec un flegme impressionnant (1-1, 72e). Locminé crée la sensation ! Flegeo ne touche plus terre, auteur d'un arrêt à bout portant face à Nene (74e) et Alexis Kerangouarec est tout proche d'arracher un nouveau penalty sur cette sortie de Sirigu à la limite de sa surface (81e). La prolongation, forcément incertaine, est à portée de mains pour les amateurs, mais Lugano, bien servi par Nene, crucifie Locminé d'un coup de tête dans les arrêts de jeu (1-2, 93e). Un crève-coeur pour des Bretons aussi fiers que talentueux.








