Génération nian-nian?
Poussée par Laurent Blanc et les spécialistes sur le devant de la scène, la nouvelle génération française, emmenée par Yohan Cabaye et Marvin Martin, n'a pas convaincu lors du match nul contre la Belgique (0-0), mardi soir. La prise de pouvoir est donc remise à plus tard, d'autant que le sélectionneur des Bleus a clairement mis ses atermoiements sous le compte de la jeunesse et de l'inexpérience.
Marvin Martin peine à franchir le cap quand il est titulaire. (Reuters)
Plutôt lucide à l'issue de la rencontre, Martin ne s'est pas caché et savait qu'il n'avait pas totalement répondu aux attentes. "Au niveau défensif c'était pas mal, mais offensivement j'aurais pu faire un peu mieux. Ça manquait un peu de mouvement et j'aurais dû être plus disponible. En première période, je redescendais un peu bas pour essayer de toucher un maximum de ballons. En seconde période, j'ai essayé de jouer plus haut et d'être le plus disponible possible. J'aurais pu faire mieux, mais c'est un collectif." Certes, ce n'est pas l'affaire d'un seul joueur, mais c'est justement le problème de l'équipe de France. Personne n'est capable, en démarrant le match, de prendre les commandes et d'orienter le jeu, par ses déplacements autant que par ses passes. Même Samir Nasri, quand il est là, n'y parvient pas pour le moment.
Ribéry: "C'est intéressant"
Bien sûr, la prestation en demi-teinte des milieux français mardi se justifie aussi par la tactique très au point de la Belgique, qui n'a que très rarement laissé le moindre espace dans sa moitié de terrain. "Il reste du temps jusqu'à l'Euro 2012, indiquait pour sa part Cabaye, un peu plus en vue que Martin car dévolu aussi à la récupération. Il va falloir profiter du moindre instant qu'on aura pour bien travailler ensemble. On a des joueurs qui peuvent mettre un peu de folie. Mais là, c'était compliqué. La Belgique était bien regroupée. Il faut se servir de joueurs comme Ribéry pour progresser dans ce domaine-là." Le Munichois, justement, s'est montré un peu plus en jambes que face aux Américains, mais ce n'était pas non plus la panacée. Toujours pas... "En 4-3-3, comme ça, on se trouve mieux en jeu court, il y a plus de joueurs au milieu de terrain et de mouvements, c'est intéressant, voulait se persuader l'ancien Marseillais. Je sais qu'il y a encore beaucoup de choses à travailler, mais on progresse."
Après tout, à l'Euro, certains adversaires feront certainement plus le jeu que la Belgique ou les Etats-Unis, et le milieu français n'aura alors pas du tout le même rôle. Dans ce registre plus défensif, au moins, il y a de la satisfaction, à l'image de l'entrée en jeu convaincante de Maxime Gonalons: "Quand je suis entré sur le terrain, j'ai essayé de faire du mieux possible et je suis plutôt satisfait ce que j'ai réalisé, se réjouissait le Lyonnais, du haut de ses deux sélections. Ce n'est pas facile d'entrer dans un match comme celui-là, il y a beaucoup de rythme et il faut trouver le second souffle. J'ai essayé de bien gérer mes premiers ballons pour me mettre en confiance." Tant mieux pour lui. Et tant mieux pour les Bleus aussi, dans le secteur de la récupération, en vue de matches où les hommes de Blanc devront évoluer plus bas. Mais il est évidemment primordial, au niveau international, de dépasser le simple stade de la contre-attaque.








