Le Mondial, ses hauts et ses bas
En remportant son premier titre de championne du monde, dimanche face aux Pays-Bas, l'Espagne a parachevé une édition sud-africaine assez terne, entrecoupée de quelques bons moments de football. Si l'ambiance était à la fête dans le pays cher à Nelson Mandela, le spectacle offert par les cadors du ballon rond mondial et l'arbitrage laborieux n'ont pas été à la hauteur des attentes des aficionados.
L'Afrique du Sud a fait taire les Afro-pessimistes. (Reuters)
La première en Afrique
80 ans après la première édition, le continent africain a eu enfin le droit d'accueillir la Coupe du monde. Et ceux qui craignaient pour l'organisation ont été rassurés assez rapidement. L'accueil des Sud-Africains a été apprécié par tous, comme leur enthousiasme manifesté durant un mois. Les stades ont été achevés à temps et leur qualité (pelouse, sécurité, accessibilité...) étaient à la hauteur de l'événement. Le pays de Nelson Mandela a démontré à la face du monde entier, une bonne fois pour toutes, que l'Afrique méritait autant que les autres sa place sur l'échiquier du ballon rond. Ce 19e mondial restera aussi comme celui du premier vainqueur européen ayant triomphé en dehors de son continent.
L'Uruguay et Forlan
Même si son jeu n'est pas le séduisant du plateau, la Celeste a réussi à redorer son blason de double champion du monde (1930, 1950) en atteignant les demi-finales de la compétition, battue 3-2 par les Pays-Bas. Une performance louable alors que l'on attendait plutôt les deux géants du foot sud-américain: le Brésil et l'Argentine. Le capitaine uruguayen, Diego Forlan, fut par ailleurs une des rares vedettes annoncées à tenir son rang. L'attaquant de l'Atletico, qui termine co-meilleur buteur du tournoi avec cinq réalisations, a tout simplement été élu meilleur joueur de la compétition.
Le Ghana
Pour une première sur le sol africain, il eut été dommage qu'une nation du continent ne se distingue pas. L'Afrique du Sud en a rêvé mais elle n'avait pas les armes pour briller. La Côte d'Ivoire et le Cameroun ont déçu mais pas le Ghana. Les Black Stars, bien que privés de Michael Essien, ont sauvé l'honneur africain en parvenant en quart de finale, meilleure performance d'une équipe africaine en coupe du monde égalée. Tout le monde sait que les coéquipiers de John Mensah méritaient largement de se glisser dans le dernier carré, la qualification ne tenant qu'au penalty manqué par Asamoah Gyan dans la prolongation face à l'Uruguay.
Allemagne-Angleterre
Au delà du côté spectaculaire du match, cinq buts inscrits, ce huitième de finale, remake de la finale de 1966, a été brillant par son respect du jeu. Lors d'Allemagne-Angleterre (4-1) 13 fautes seulement ont été sifflées, soit le match le moins heurté de la Coupe du monde sud-africaine. Dommage que l'arbitre, M. Larrionda, et ses assistants aient commis une erreur monumentale en ne validant pas le but de Lampard juste avant la pause.
Le sacre de l'Espagne
Si certains ont trouvé leur jeu ennuyant à la longue, le football développé par les Espagnols est le plus efficace et finalement celui qui donne le plus de garanties. En confisquant le ballon, la formation de Del Bosque offre ainsi à son adversaire un minimum de possibilités de s'exprimer. L'Espagne a été championne du monde en restant cohérente dans sa philosophie de jeu et en usant de valeurs collectives très fortes. La culture de la gagne, ça s'apprend et ça se travaille. Les champions d'Europe 2008 l'ont confirmé en montant sur le toit du monde dimanche soir.
ON N'A PAS AIME
L'équipe de France
Sur le terrain et en dehors, les Bleus ont été plus que médiocres. Les qualificatifs n'ont pas manqué pour pointer le fiasco de Domenech et ses joueurs, et du foot français en général qui a atteint un niveau bien bas en Afrique du Sud. Même si les résultats avant Mondial n'auguraient pas un jeu flamboyant, on pouvait s'attendre à ce que la compétition arrivant, nos Bleus resserreraient les rangs pour démontrer au moins qu'ils restaient des footballeurs de talent. On a vu tout le contraire. Deux ans après le cauchemar de l'Euro, les Français ont fait pire. C'est presqu'un exploit.
Les Pays-Bas
Malgré une escouade offensive prometteuse (Kuyt, Van Persie, Robben, Sneijder), les Néerlandais auront finalement laissé une image, surtout en finale, d'une équipe destinée à détruire son adversaire. Au tableau d'honneur du mondial sud-africain, la formation de Van Marwijk s'est distinguée avec le plus grand nombre de fautes (126) et de cartons jaunes reçus (22). Avec une mention spéciale à Mark Van Bommel dont on se demande comment il a pu éviter l'expulsion dans le tournoi. Que dire alors du « high-kick » de De Jong sur Xabi Alonso en finale qui ne lui a valu qu'un simple avertissement. On se pose effectivement des questions sur la qualité de l'arbitrage de M. Webb ce soir-là.
Le spectacle
A l'exception de quelques matches ou séquences de matches, on n'a pas vibré dans cette Coupe du monde. Le quart de finale Uruguay-Ghana (1-1, 4 t.a.b. à 2) confirme l'exception de la règle mais à part cette rencontre et peut-être la finale pour la troisième place Allemagne-Uruguay (3-2), les matches à élimination directe n'ont guère été flamboyants.
Brésil et Argentine
Quasiment intouchables depuis le début du tournoi, les deux leaders du foot sud-américain sont tombés de haut en se voyant bouter du tournoi dès les quarts de finale. Venus en Afrique du Sud avec de très hautes ambitions, les Brésiliens, battus par les Pays-Bas (1-2), et les Argentins, balayés par les Allemands (0-4), ont déjoué dès qu'ils ont dû affronter un adversaire plus consistant. On attendait de voir toutes ces individualités enflammer les stades, comme Leo Messi le meilleur joueur du monde, on est plus que déçu.
L'arbitrage
La vidéo et vite ! Il est temps d'aider les arbitres à soigner leur image qui s'est un peu plus dégradée sur le sol africain. Avec l'appui de la video, le but de Lampard contre l'Allemagne aurait naturellement été validé dans ce huitième de finale. A 2-2 à la pause, la Mannschaft aurait-elle pu dérouler aussi facilement en seconde période ? L'ouverture du score de Tevez lors d'Argentine-Mexique (3-1), entaché d'un évident hors-jeu, aurait été refusée. Qui peut affirmer ce que la suite aurait réservé alors que les Mexicains avaient bousculé l'Albiceleste ? Ce sont là les deux erreurs qui ont fait parler le plus, comme le karateka De Jong non expulsé en finale.






