La 28e journée dans la lucarne
Comme chaque semaine, la rédaction vous propose un tour d'horizon des faits marquants du week-end en Ligue 1. L'occasion pour les moins assidus de ne rien manquer de chaque journée de championnat. Le top, le flop, le joueur, la phrase, la stat et le sondage de la journée, c'est par ici...
Ireneusz Jelen, ici face à Ludovic Baal, souffle le chaud et le froid. (Maxppp)
C'est une drôle de semaine qu'a vécue l'attaquant de l'AJA, Ireneusz Jelen. Trois jours après avoir terrassé à lui tout seul Bordeaux à Chaban-Delmas (2-1) avec un doublé qui a permis aux Auxerrois de revenir sur les talons des Girondins en match en retard de la 25e journée, le Polonais a vécu une soirée cauchemardesque à la Mosson en manquant un nombre incalculable d'occasions lors du choc de la 28e journée face à Montpellier. De son face-à-face en première période devant Jourdren à cet incroyable raté de la fin de match qui l'a vu, seul devant le but vide, envoyer le ballon dans les tribunes, Jelen a tout raté, permettant aux Héraultais de s'en tirer avec le point du nul heureux (1-1).
A la fin de la rencontre, le Polonais, auteur de 13 buts toutes compétitions confondues cette saison, était dévasté, comme l'a indiqué son entraîneur Jean Fernandez dans les colonnes de L'Equipe: "Il était très en colère contre lui-même. Dans le vestiaire, il se prenait la tête entre les mains et répétait: «Ce n'est pas possible.»" Reste que le coach bourguignon se montrait indulgent avec celui qui a souvent rapporté les trois points à la formation icaunaise cette saison, mais ne sera sans doute plus bourguignon en fin d'exercice: "C'est un vrai buteur. Il va être sollicité en fin de saison. J'espère simplement que cela ne va pas trop le contrarier et qu'il ne va pas se mettre à faire des choses qu'il ne sait pas faire." Comme rater des occasions ?
LE TOP : LILLE
A Lille le jackpot du week-end ! Bordeaux, Montpellier, Auxerre, Lyon et Marseille tenus en échec lors de la 28e journée, la bonne affaire a été réalisée par le Losc, seul club du «clan des six» à avoir empoché les trois points, ce qui lui permet de grimper au quatrième rang, avec deux points de retard sur Bordeaux (qui compte un match en moins, tout comme Marseille). Il faut dire que les Nordistes recevaient le mauvais élève de la Ligue 1, Grenoble, au Stadium Nord de Villeneuve d'Ascq, cela ne les pas empêchés de souffrir mille maux pour venir à bout des Isérois (1-0). Ceux-ci leur ont même donné un précieux coup de pouce en marquant l'unique but du match par l'infortuné Cesar, de la cuisse sur un centre d'Emerson. Le reste du temps, c'est surtout le GF 38 qu'on a vu sur la pelouse en piteux état de Villeneuve d'Ascq, avec des occasions et un arbitrage guère favorable de M. Thual qui a notamment oublié de siffler un penalty pour une faute de Chedjou sur Ljuboja, reconnue par le défenseur camerounais: "Honnêtement, je pense que je fais faute sur Ljuboja qui part au but. L'arbitre en a décidé autrement. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'on s'en sort bien", a-t-il commenté sur le site du Losc, tandis que son entraîneur Rudi Garcia ne retenait que les trois points, trois jours après les efforts consentis pour dominer Liverpool (1-0) en 8e de finale aller de la Ligue Europa. "Ce soir, ce fut doublement compliqué: il a fallu faire face à la lanterne rouge, dans la foulée d'un match de Coupe d'Europe. Ça rehausse notre performance et sa valeur. Nous nous attendions à disputer de genre de match. C'est d'ailleurs ce que j'ai dit à mes joueurs à la mi-temps. Nous avons repris deux points à quatre équipes devant nous. C'est très serré en tête du championnat." Et Lille reste un candidat crédible aux places européennes, voire mieux.
LE FLOP : NANCY
Nancy est-il déjà en roue libre à dix journées de la fin de la saison ? Après Grenoble il y a deux semaines (2-0), un autre relégable en puissance, Boulogne-sur-Mer, est en tout cas venu s'imposer samedi à Marcel-Picot (3-1), confirmant les difficultés des Lorrains cette saison dans leur antre. Avec 4 victoires seulement pour 2 nuls et 8 défaites, l'ASNL fait partie des très mauvais élèves à domicile de la Ligue 1, 18e sur 20. Lorsqu'on l'interroge sur ces statistiques, l'entraîneur Pablo Correa se réfugie derrière un discours qui a toujours le don de prendre son interlocuteur à contre-pied: "Je n'ai pas les explications de tout, sinon je ne travaillerais pas à l'ASNL et je ne serais pas entraîneur, je serais dans autre chose de mieux." Une malédiction toucherait-elle ses joueurs à Marcel-Picot ? Là encore, le Franco-Uruguayen s'en sort par une pirouette: "Si on est chrétien, et je le suis, on ne peut pas croire à la malédiction, ça n'existe pas. L'Equipe parle de panique, mais ce n'est que du football ! La panique, c'est le sol qui tremble toutes les cinq minutes au Chili, pas Picot !" Reste qu'avec 9 points lors des 9 derniers matches, Nancy marche au ralenti depuis le début 2010, heureusement que le trio Le Mans-Boulogne-Grenoble n'avance guère plus vite...
LA STAT : 3
Comme le nombre de buts inscrits samedi par Mevlut Erding face à Sochaux, soit le premier triplé de sa carrière en Ligue 1. A l'arrivée, comme à l'aller au stade Bonal, le PSG s'impose 4-1, et comme à l'aller, l'international turc a marqué contre le club dont il portait les couleurs la saison dernière. "C'est mon premier triplé, cela me fait bizarre car c'est contre mon ancien club", a-t-il d'ailleurs commenté après-coup, se réjouissant surtout d'avoir retrouvé les filets, lui qui n'avait plus marqué depuis son but à Gerland lors de la 22e journée. Mais plus que sa performance individuelle, Erding retenait à l'issue de la rencontre le sursaut d'une équipe de la capitale qui restait sur une défaite face à l'OM (0-3) et un nul arraché à Lens (1-1): "Cette victoire va nous apporter de la confiance pour la suite. Ce soir, toute l'équipe a réalisé un bon match. Je regarde plus la performance collective que personnelle car l'important est surtout de remonter au classement. Si on arrive à marquer quatre buts et si nous arrivons à reproduire cette performance, nos supporters seront derrière nous." Ils n'étaient en effet que 29249 samedi soir à garnir les tribunes d'un Parc des princes qui sonnait le creux, la faute à un mouvement d'humeur d'une partie des tribunes Boulogne et Auteuil. C'est donc en partie dans l'anonymat qu'Erding, désormais troisième au classement des buteurs avec 12 réalisations derrière Niang (15) et Nenê (13), est entré dans l'histoire du PSG, devenant, selon le site du club, le troisième joueur de la capitale à signer un triplé dans les années 2000 après Pauleta face à Bordeaux (3-1, le 2 avril 2006) et Laurent Leroy (contre Lens (4-1, le 14 avril 2000).
LA PHRASE : "On a perdu la finale"
C'est en larmes que le capitaine manceau Grégory Cerdan a commenté samedi la défaite du Mans face à Nice (0-1), à l'occasion d'un match «à la vie à la mort» pour le MUC 72. En cas de victoire, les Sarthois pouvaient revenir à deux points des Aiglons, à l'arrivée, huit longueurs séparent désormais les deux équipes, un gouffre à dix journées de la fin. Le fameux choc psychologique consécutif au changement d'entraîneur a donc fonctionné du côté de Nice, à qui le 10e but cette saison de Loïc Rémy aura suffi pour sortir indemne du guêpier sarthois. De guêpier, il n'y en eut d'ailleurs pas et plus que le résultat, c'est la manière qui chagrinait Cerdan, désolé que le MUC n'ait pas su forcer son destin: "On n'a pas mis de folie, on aurait dû être à plus de 100% et on ne l'a pas été. On est jeunes et insouciants, ce n'est pas évident. C'est rageant car on pensait avoir fait le plus dur avec cette victoire à l'extérieur (à Boulogne-sur-Mer 3-1 la semaine dernière, ndlr). Je suis capitaine, je suis du Mans, je suis déçu."
LE SONDAGE
Sans surprise, c'est le quasi statu quo en tête de la Ligue 1 avec les nuls de cinq des six premiers qui a retenu prioritairement votre attention avec 48% des suffrages. Du coup, suit avec 29% le succès de Lille sur Grenoble, qui permet aux Nordistes de grappiller deux places et de revenir à deux points de Bordeaux, on trouve bien plus loin le sursaut du PSG face à Sochaux (11%), la surprenante victoire de Boulogne à Nancy (8%), le succès de Nice au Mans (3%) et la 20e défaite en 28 matches de Grenoble (2%).
L'EQUIPE-TYPE







