A. Ayew: "J'ai beaucoup appris"
A 20 ans et pour sa deuxième participation à la Coupe d'Afrique des Nations, André Ayew s'est dit extrêmement ambitieux sur le sort du Ghana dans cette CAN 2010. Prêté par Marseille à Arles Avignon cette saison, l'attaquant sait néanmoins que la bataille sera rude dans ce groupe B également composé par la Côte d'Ivoire, du Burkina Faso et du Togo.
André Ayew espère bien voir sa sélection du Ghana triompher dans cette CAN 2010. (Reuters)
On a l'effectif, on a les joueurs pour aller au bout de cette Coupe d'Afrique, qui est aussi une bonne préparation pour la Coupe du monde. Il faut essayer de trouver des automatismes, qu'on se connaisse tous de mieux en mieux, car il y a pas mal de nouveaux. Ce qui est important, c'est de bien représenter le Ghana et si on peut faire partie des quatre derniers ça serait pas mal.
Que vous inspire le tirage au sort de votre groupe, le B, où vous évoluerez aux côtés de la Côte d'Ivoire du Burkina Faso et du Togo ?
Je trouve que ce tirage au sort n'est pas mal du tout. Ce sont des gros matches, que des derbys puisque les quatre pays sont de l'Afrique de l'Ouest, et nous partageons d'ailleurs des frontières avec ces trois autres nations. Tout le monde voudra gagner et personne ne se contentera d'un match nul. Mais l'important dans une poule comme ça n'est pas de tout gagner mais de se qualifier pour les quarts de finale, quelle que soit la manière. Et avec l'effectif et les joueurs qu'on a, c'est très possible.
Beaucoup estiment que la Côte d'Ivoire est l'équipe la plus forte du continent africain...
C'est vrai que sur le papier, c'est la meilleure. Ils ont des joueurs qui se sont imposés et qui sont aujourd'hui titulaires dans les plus grands clubs européens. Et s'ils sont les favoris de cette Coupe d'Afrique, on sait de quoi on est capable. Beaucoup de joueurs commencent à exploser. On est six à avoir gagné la Coupe du monde des moins de 20 ans, il y a un mélange avec les anciens et ça fait un bon "mix". Il y a donc possibilité de faire quelque chose.
Qu'aviez-vous retenu de cette Coupe d'Afrique 2008, disputée à domicile ?
Je venais juste d'avoir 18 ans, j'ai presque joué à tous les matches, que ce soit comme remplaçant ou titulaire. C'était une très bonne expérience, j'ai beaucoup appris, ça m'a fait progresser et ça m'a aussi rajouté de la pression sur les épaules parce que c'était une CAN devant tout le pays, il fallait répondre présent et faire de bons matches.
"Il y a vraiment une grosse pression"
Votre père, Abedi Pelé, a une grande expérience de la CAN. Quels conseils vous avait-il donné avant cette compétition ?
En fait il l'a gagnée en 1982 alors qu'il n'avait pas pu jouer la finale de 1992 au Sénégal (pour cause de suspension, ndlr). Il connaît très bien la CAN, il en a joué pas mal et il m'avait prévenu que le niveau était très élevé, techniquement et surtout physiquement. Qu'il fallait répondre présent, être prêt mentalement notamment parce que tout le pays attend beaucoup de l'équipe. Il y a vraiment une grosse pression, et j'ai pu m'en rendre compte...
Parlez-nous de l'influence de Michaël Essien qui, même s'il n'est pas très expansif, est l'un des leaders de cette équipe du Ghana...
On s'inspire toujours des grands joueurs. On essaie d'apprendre et d'évoluer à leurs côtés, d'écouter leurs conseils pour connaître la vraie vérité du football, au niveau du comportement, de la discipline,... Mike est un très grand exemple et c'est un joueur que je connais très bien personnellement. C'est comme un grand frère pour moi, il m'aide énormément, comme tous les jeunes qui arrivent en sélection. Après c'est vrai que ce n'est pas quelqu'un qui parle beaucoup mais il a cette façon de te donner envie et de motiver les joueurs. C'est formidable d'avoir des joueurs comme lui ou John Mensah, Sulley Muntari, John Pantsil, Stephen Appiah... On ne peut que progresser à leurs côtés et essayer de devenir des joueurs meilleurs. Et puis à un moment donné ils vont laisser leur place et ce sera notre tour, avec toute la pression qui va avec. Et si, quand le Ghana gagne, c'est grâce à eux, quand il perd c'est à cause d'eux !
Vous évoquiez la Coupe du monde des moins de 20 ans, que vous avez remportée en étant capitaine de l'équipe ghanéenne. On imagine que ça a dû être un grand moment...
Aucune équipe africaine n'avait jamais remporté cette Coupe et on a réussi à le faire ! Personnellement, en tant que capitaine de ce groupe, c'était juste un moment formidable. Jusqu'au jour d'aujourd'hui, c'est peut-être le meilleur moment de ma vie et j'espère que j'en aurai d'autres...
Avez-vous déjà la tête à la Coupe du monde et quels seront les objectifs du Ghana lors de cette compétition ?
D'ici la Coupe du monde, il y a de nombreuses échéances comme la Coupe d'Afrique ou les qualifications pour les Jeux Olympiques. Mais c'était un grand moment de se qualifier à nouveau pour le Mondial après 2006. Les gens étaient contents mais ce n'était pas trop la folie car pour eux c'était normal que l'on se qualifie. Ça nous donnait donc encore plus de pression, il fallait se qualifier à tout prix. On a réussi à le faire et maintenant je pense que c'est possible de faire quelque chose de grand en Afrique du Sud, d'aller loin...
"C'est une poule difficile mais tout le monde a ses chances"
Même avec la composition du groupe où vous êtes tombés (Allemagne, Serbie, Australie) ?
C'est abordable même si ça reste un groupe très costaud avec l'Allemagne, qui a une équipe très physique, la Serbie aussi et puis l'Australie qui n'est pas mal du tout. C'est une poule difficile mais tout le monde a ses chances. On doit arriver là bas avec beaucoup d'envie, de sérieux et de discipline en écoutant les consignes du coach, qui en plus est Serbe ! Ce serait donc formidable de réussir quelque chose, pour le Ghana et le coach, qui nous a qualifiés.
Parlez-nous de votre petit frère Jordan, auteur d'un but lors de sa première apparition avec l'OM, à Lorient (1-2), le 16 décembre dernier...
C'est un grand moment pour toute la famille, mais surtout pour lui. Il a été patient et régulier. Il s'entraînait avec la CFA et avec les pros de temps en temps, et le fait qu'il ait pu faire une entrée comme ça, c'est vraiment pas mal. Je remercie tous les dirigeants, le coach Didier Deschamps qui lui a donné sa chance, ça a rendu toute une famille heureuse. Le chemin est encore très long, il a beaucoup à faire et je pense qu'il est bien entouré là-bas aux côtés d'autres joueurs africains comme Baky Koné ou Charles Kaboré.
A quand vos retrouvailles en équipe nationale ?
Le coach a déjà sélectionné mon grand frère (Ibrahim, ndlr) pour la CAN. Si un jour on peut être à trois ça sera merveilleux ! Mais on n'oublie pas qu'on a tous la double nationalité et que Jordan peut encore jouer pour la France ! Alors tout est jouable, on verra bien ! (Rires)









