Le 28/12/2011 à 11:45 Propos recueillis par Michael BALCAEN
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Lemaitre: "La muscu, je n'y arrive pas"

Troisième du 200 mètres des championnats du monde de Daegu l'été dernier, Christophe Lemaitre, également médaillé d'argent avec le relais 4x100m français, est allé très vite encore cette saison. Là, le sprinteur annécien vient d'entamer sa préparation pour les Jeux Olympiques de Londres en 2012. Il raconte son année.

Christophe Lemaitre a aussi repris le chemin de l'université. (Reuters) Christophe Lemaitre a aussi repris le chemin de l'université. (Reuters)
Christophe, que retenez-vous sportivement de cette année 2011 ?
Les Mondiaux ! Les trois finales du 100m, 200m et 4x100m. Pour moi, émotionnellement, elles sont quasiment équivalentes. Dans ces Mondiaux, je suis passé par tous les états, surtout au 100 mètres car je suis passé de la joie de passer en finale à la déception de ne pas avoir de médaille (quatrième). Plutôt que de ne pas avoir fait une course à mon niveau, je n'étais pas à fond, pas dedans.

Et votre record sur le 200 mètres ?
Ça vient après, c'est la médaille qui prime.

Comment expliquez-vous avec le recul cette déception ? Le faux départ de Bolt, le fait d'être au couloir 8 ?
Un petit peu tout ça. C'est un ensemble de choses, et quand je cours, je ne suis plus dedans. Déjà en demi-finale, je n'ai pas fait comme d'habitude, j'attends Jimmy (Vicaut) et je suis dans sa joie à lui, je ne suis plus dans l'optique de la finale... Je suis toujours quelqu'un qui court vite quand je suis dans la confrontation, or en étant au couloir 8, je n'en ai pas beaucoup, avec Carter qui se blesse, je n'en ai plus du tout. Après, sans confrontation directe, j'ai du mal à m'exprimer correctement.

Avez-vous été surpris par Yohan Blake ?
Non, sur 100 mètres il est à son niveau, je pense même qu'il aurait pu aller encore plus vite. En revanche, sur 200 mètres, c'est la grosse surprise, faire 19"26 en fin de saison comme ça, c'était inattendu. S'il double 100m-200m, ça fera un rival de plus !

"Une médaille mondiale, ça interpelle les gens"

Comment se déroule la reprise de l'entraînement en cette fin d'année ?
Ça se passe très bien, la préparation se déroule très bien. Il n'y a aucun problème majeur. Après, c'est difficile de comparer avec les années précédentes, d'autant que cette année, la saison hivernale va passer très vite puisqu'en deux semaines, ce sera bouclé. Il y aura peu de compétition, donc une forme de monotonie, ce qui est ingrat dans l'athlé.

Avez-vous le sentiment de progresser dans un secteur que vous n'aimez pas: la musculation ?
La muscu, ça fait quatre ans que j'en fais et quatre ans que je ne progresse pas ! Ce n'est pas parce que je n'aime pas, mais simplement parce que je ne progresse pas ! Je n'y arrive pas trop... Pareil en endurance, je suis toujours à la traîne par rapport aux autres membres du club.

Avez-vous la sensation que votre vie a changé ?
Non. Si ce n'est que je suis plus sollicité ou que je fais parfois des choses qu'une personne lambda ne fait pas. Après, j'ai plus de notoriété parce qu'une médaille au niveau mondial, c'est un autre univers par rapport à l'or européen, surtout en sprint parce qu'il y a une marge entre le niveau mondial et européen. Une médaille mondiale, ça interpelle les gens.

Pourquoi avoir choisi de poursuivre vos études ? N'avez-vous pas peur d'accumuler de la fatigue ?
Non, ça a été aménagé en conséquence, donc il n'y a aucun problème. Mentalement, je me sens mieux en continuant les études. Ne penser qu'à l'athlé, ce ne serait pas très bon non plus, surtout pendant les périodes de doute ou de blessure, ce serait encore pire. Je ne cours que le matin et j'ai les après-midi libres.

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