Nantes, l'Espagne ça vous gagne

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Alberto Entrerrios sera l'une des stars du championnat cette saison. (Maxppp)

Comme depuis le début de saison, Nantes comptera sur son contingent espagnol renforcé cet été par Alberto Entrerrios et Jorge Maqueda. Avant une rencontre très attendue face à Chambéry jeudi pour la 3e journée de D1, portraits des quatre Ibères.

Valero Rivera – Le Pionnier
Il est le premier à avoir sauté le pas. En 2010, il décide de quitter Vigo, pour découvrir de nouveaux horizons. "Le fait de jouer en France est une bonne chose pour moi, mon nom me pèse un peu en Espagne, explique alors le fils du sélectionneur espagnol, dans les colonnes de 20 minutes. Le fait de pouvoir jouer devant 3 000 personnes m'a également attiré." Deux ans après, l’expérience est un succès pour celui qui est également le compagnon de la fille de son coach, Thierry Anti. Ailier gauche à la palette de tirs plus qu’étoffée, il est même élu meilleur joueur du championnat la saison passée. S’il n’a participé ni à l’Euro ni aux JO, Valero Rivera aura même connu ses premières sélections sous le maillot ibère. Heureux sur les bords de l’Erdre, le joueur est désormais lié avec le "H" jusqu’en 2017. "Le HBC Nantes est un club qui progresse d’année en année, avec des objectifs toujours plus ambitieux. Je me retrouve dans cette démarche. A titre personnel, je compte tout donner pour que le club monte encore plus haut dans la hiérarchie du handball français", se justifie-t-il, sur le site du club.

Borja Fernandez – La Bête
A son arrivée en France, l’an passé, son physique a tout de suite marqué les esprits. Avec ses 2,06m et ses 120kg tout en muscles, Borja Fernandez détonne. Ancien basketteur pro, passé par les équipes nationales chez les jeunes et par le championnat italien notamment, il décide de se tourner vers le handball sur le tard. "Ceux du hand s'entraînaient avant nous à Saragosse. Leur coach n'arrêtait pas de me répéter :«un jour il va falloir que tu viennes te mesurer à nous». Il insistait, il insistait, raconte le joueur, dans les colonnes de Ouest-France. En fin de saison, je suis venu pour le faire taire. Je me suis entraîné une fois, puis deux et trois..." Cinq ans plus tard, le voilà donc à Nantes, où il a retrouvé Valero Rivera, l’un de ses meilleurs amis. Après quelques semaines d’adaptation, notamment à l’arbitrage, l’Espagnol est l’une des pièces maîtresses du "H", de part sa présence défensive, mais également en attaque, où il partage son temps de jeu avec Andy Pijulet. Toujours de bonne humeur, Borja Fernandez s’est désormais parfaitement fondu dans le groupe dirigé par Thierry Anti.

Alberto Entrerrios – La Légende
A peine arrivé, et déjà capitaine… Au final, rien de surprenant quand on jette un œil sur le pedigree du bonhomme. A 35 ans, l’ancien joueur de l’Atletico Madrid a tout gagné, ou presque. Champion du monde en 2005, il compte plus de 200 sélections sous le maillot espagnol, et a notamment glané trois Ligue des champions. "À mes yeux, c'est le meilleur joueur de l'histoire du hand espagnol, lâche Valero Rivera père, dans Ouest-France. Il sait tout faire : tirer, donner, défendre. Borja et Pijulet vont se régaler." Avec un tel pedigree, retrouver Alberto Entrerrios en LNH semblait inenvisageable il y a deux ans. Mais la crise est passée par là, et la France attire désormais les gros calibres étrangers. Et Nantes, avec ses Espagnols, avait tout du cocon idéal pour ce père de deux enfants. "Je suis agréablement surpris par la ville, très satisfait de l'équipe et de l'accueil du vestiaire, raconte celui à qui Thierry Anti a déjà confié le brassard. À mon âge, je ne suis pas à la recherche de davantage de titres mais là pour apporter mon expérience. Pendant toutes ces années, j'ai évolué avec la pression. Aujourd'hui, j'ai envie de prendre du plaisir. Je suis sûr que je serai meilleur..."

Jorge Maqueda - Le Symbole
International espagnol, il a participé aux derniers JO, Euro et Mondial, il est le symbole de ces joueurs qui quitte une Espagne plombée par la crise. Son ancien club, Saragosse, lui doit ainsi cinq mois de salaire. "J'ai eu le même problème à Alcobendas avant. Je suis très inquiet pour le handball espagnol", souffle l’arrière droit dans les colonnes de 20 minutes. Résultat, à 24 ans, il a décidé de franchir les Pyrénées. Joueur rugueux, Jorge Maqueda avait notamment brillé face à la France, lors du dernier quart olympique, avec 4 buts et 5 passes. Alors qu’il va partager son poste avec Michele Skatar, le gaucher a désormais hâte de trouver ses marques au sein de la LNH. "C’est un championnat qui progresse en ce qui concerne la qualité des joueurs. Avant, c’était une bonne ligue mais je pense que cette année ça peut être une des meilleures du monde, estime-t-il sur le site du club, avant d’évoquer ses ambitions personnelles. J’espère m’améliorer, progresser et devenir un meilleur joueur en apprenant et intégrant les choses qui me manquent. Je pense que partir de mon Espagne natale sera une bonne chose."