Karabatic: "Un championnat très plaisant"

Nikola Karabatic "se sent fort" avant le début de saison. (Maxppp)

Après deux matches facilement maîtrisés en ouverture du championnat, Montpellier passe aux choses sérieuses cette semaine. Au programme, un déplacement à Flensbourg en Ligue des champions jeudi, puis un autre à Paris pour le choc de la 3e journée de D1, dimanche. "Il va falloir être très fort sur les deux fronts", indique Nikola Karabatic, l'arrière du MAHB et de l'équipe de France.

Nikola, comment s’est passé le passage des Jeux Olympiques au quotidien montpelliérain ?
Ce n’est pas forcément facile… On aimerait avoir, comme tous les autres athlètes, deux ou trois semaines de pause pour couper un peu, se reposer. J’aurais bien aimé partir en vacances pour vraiment couper… Mais bon, ce n’est pas le cas. Et puis je suis habitué à ça. Ça fait désormais quelques temps que je suis en équipe de France, et je sais gérer ces moments-là. J’ai appris à reprendre tout de suite derrière, à me reconcentrer, et à me tourner vers de nouveaux objectifs.

Le championnat qui vient de démarrer semble bien plus relevé que les années précédentes, est-ce plus facile de se motiver dans ce cadre-là ?
Oui et non. Il y a bien sûr le championnat et la Ligue des champions qui sont des objectifs. Mais il y a aussi le fait de retrouver mes coéquipiers, qui m’ont manqué pendant deux mois. Il y a aussi mon frère. Là je les ai retrouvés, que ce soit Vid (Kavticnik), "Gajo" (Dragan Gajic), mais aussi les nouveaux. Le plaisir de retrouver tout ça m’a permis de me remettre rapidement dans le bain.

En rentrant de Londres, avez-vous senti plus d’effervescence autour de vous et du handball, qu’il y a quatre ans après Pékin ?
C’est clair. C’est toujours particulier car lors des Jeux Olympiques, tu n’es pas tout seul, ce n’est pas comme un Mondial. Là, on a été le seul sport collectif à ramener le titre. Il y a eu aussi les basketteuses qui ont fait un super championnat. Mais on a été les seuls à ramener la médaille d’or et c’est vrai que, que ce soit lors de la descente des Champs-Elysées ou les gens qu’on croise tous les jours, ça dépasse clairement le cadre du handball. On est reconnu un peu partout maintenant…

"L'Euro, la seule compétition qu'on ait ratée"

Au final, il n’y a pas eu d’influence sur la petite polémique à propos du plateau de L’Equipe TV ?
On m’en parle encore tous les jours (sourire). Mais les gens le prennent plutôt bien. Ils savent aussi qu’on nous l’a demandé. La polémique a surtout été créée à cause de petites tensions qu’on a pu avoir avec L’Equipe et L’Equipe TV. Mais les gens de L’Equipe TV ont aussi tweeté "Les handballeurs arrivent sur le plateau pour foutre le bordel"… Ça a fait une petite polémique. Mais voilà, après il y a des gens qui ne comprennent pas forcément, et qui sont un peu choqués par ça. Mais dans l’ensemble il n’y a pas de souci.

On a l’impression que certaines critiques, notamment dans les médias, ont été un moteur pour le groupe durant ces Jeux…  
Non. Moi ça ne m’a pas gêné. C’est aussi le métier des journalistes. Ils ne peuvent pas toujours nous brosser dans le sens du poil. Après, on s’est aussi reconstruit dans l’adversité. Il y a eu des critiques après l’Euro, et c’était la seule compétition qu’on avait raté. Au final, les gens se rendent encore plus compte combien ça a été difficile pour nous de gagner à nouveau les JO.

Pour en revenir à Montpellier, vous avez chuté face à Dunkerque au trophée du champions, était-ce un rappel à l’ordre nécessaire ?
Oui et non. Ce n’est pas vraiment un rappel à l’ordre. On savait que ça allait être difficile pour nous, parce que c’était notre premier match avec l’équipe au complet. On a eu la moitié de l’équipe qui est partie au Qatar pour le Super Globe. L’autre partie était en Espagne pour un autre tournoi. C’était un peu compliqué. On n’a eu qu’une semaine avant le trophée des champions pour rattraper le temps perdu. Au final, on a été déçus, mais sans plus.

Est-ce que le fait que tout le monde parle du PSG Handball peut aiguiser les égos à Montpellier ?
Les gens ne nous oublient pas forcément déjà. On dit souvent que ça sera soit Montpellier, soit le PSG. Mais après il y a aussi Chambéry, Nantes, Dunkerque, Saint-Raphaël… Il y a des équipes qui se renforcent dans tous les sens, et ça va donner un championnat très plaisant. Il ne faut pas tout résumer à Paris et Montpellier. Mais au final, tout ça nous pousse à être encore plus fort, c’est clair.

"Les responsabilités, je les ai"

Il y a aussi la Ligue des champions, l’objectif est-il d’aller au bout, malgré un championnat qui s’annonce compliqué ?
Il va falloir être très fort sur les deux fronts. Il va falloir être fort dans la gestion des organismes, ne pas perdre trop d’énergie et préserver les joueurs au maximum. En plus on a tiré un groupe difficile en Ligue des champions, avec Hambourg, Flensbourg, Moscou, Leon… Ça va être dur physiquement, mais on va avoir les retours de Vid Kavticnik ou Michaël Guigou. Je pense qu’on sera armés pour y arriver.

Personnellement, y a-t-il une crainte de souffrir physiquement en enchaînant directement après les Jeux ?
On sait que les années olympiques, c’est difficile. Maintenant je suis content parce qu’on revient avec la médaille d’or. C’est toujours plus difficile de revenir sans médaille. Là c’est différent, pour le moment je ne suis pas fatigué, j’ai envie de jouer. Je me sens fort.

Patrice Canayer a décidé de vous enlever le brassard de capitaine, est-ce que ça peut être bénéfique de vous enlever un peu de poids sur les épaules ?
Moi je n’avais pas trop de poids sur les épaules. C’est l’argument qui a été avancé, mais ce ne sont pas vraiment les raisons. Mais après il n’y a pas de souci. Quand je suis revenu de Kiel, j’avais déjà dit à Patrice que je ne souhaitais pas forcément être capitaine.  Je ne le voulais pas forcément car je venais d’arriver, mais au final il m’a pas un peu forcé. Là, on me l’enlève, mais ce n’est pas une question de responsabilités, car que je sois capitaine ou pas, les responsabilités, je les ai. Après médiatiquement, que je sois capitaine ou pas, les sollicitations elles sont plus pour moi aussi. Ça ne change pas grand-chose au final.