Simpson, le show à l'américaine

Webb Simpson a remporté l'US Open. (Reuters)

Webb Simpson a remporté l'US Open. (Reuters)

Réputé pour être le tombeau des champions, l’Olympic Club de San Francisco s’est refusé à un des prétendants annoncés à la victoire pour s’offrir à un jeune homme inattendu de 26 ans, Webb Simpson. L’Américain a devancé d’une longueur son compatriote Michael Thompson et le Nord-Irlandais Graeme McDowell, le lauréat 2010, pour remporter son premier Majeur. Belle performance de Raphaël Jacquelin, 21e à six coups du vainqueur, comme Tiger Woods.

Et le vainqueur est… le parcours. Pour la troisième fois en sept ans, l’US Open se sera encore gagné au-dessus du par. Le mérite n’en est que plus grand pour Webb Simpson, celui qui aura le mieux résisté aux traitrises et perversions de l’Olympic Club de San Francisco. Simpson ? Un jeune homme de 26 ans bien sous tous rapports, passé pro en 2008 à la sortie de Wake Forest, vainqueur la saison dernière de ses deux premières victoires sur le circuit américain (à Greensboro et Boston) pour terminer à la deuxième place de la FedExCup (le classement du PGA Tour). Il fallait bien ce genre de profil, mèche peignée d’outsider discret mais ambitieux, pour venir à bout de ce parcours qui a nourri une fois de plus sa réputation de tombeau des champions.

Luke Donald, le n°1 mondial, et son dauphin, Rory McIlroy, tenant d’un titre obtenu de haut vol l’année dernière, ont été les premiers à tomber, victimes du cut au milieu d’une armée de golfeurs en surchauffe (Jimenez, Immelman, Singh, Ogilvy, Quiros, Yang, Watson, Bjorn, Oosthuizen…), dont Grégory Bourdy, valeureux mais encore trop tendre. Passé en tête à mi-chemin, Tiger Woods a lui aussi été rattrapé par des années de lutte contre lui-même et contre un swing à reconstruire entièrement et pas encore rôdé aux exigences de l’excellence. "Je n’étais pas très loin de la vérité mais ce parcours ne laisse rien passer, a-t-il réagi. Je n’ai pas raté beaucoup cette semaine. Juste une fraction de… Mais sur ce parcours si exigeant, vous en payez le prix."

A l’abri du club-house

A la veille du quatrième et dernier tour, la victoire semblait donc promise à Graeme McDowell et Jim Furyk - deux hommes qui connaissaient la chanson pour l’avoir emporté en 2010 pour le Nord-Irlandais et en 2003 pour l’Américain - avec Lee Westwood, peut-être le meilleur joueur actuel n’ayant jamais remporté le moindre tournoi du Grand Chelem, dans le rôle d’arbitre. Le premier s’est grillé rapidement, la faute à quatre bogeys concédés sur les neuf premiers trous. "Il y a un mélange d’émotions chez moi : déception, déflation, fierté. Mais surtout frustration car je n’ai touché que trois fairways. A l’US Open, vous n’êtes pas censé faire ça. Vous devez toucher les fairways. Et ça a été la clé pour moi aujourd’hui", a convenu le Nord-Irlandais.

Débarrassé de McDowell, mais aussi de Westwood, qui s’est pendu dans un arbre sur le trou n°5 (conclu par un double-bogey rédhibitoire), Furyk a donc fait la course en tête toute la journée… jusqu’au 16 où il envoya une saucisse au départ avec son swing de contorsionniste rouillé. Fatal, comme ce bogey sur le dernier trou, venu conclure une journée sans birdie. "Je partageais la tête du tournoi jusqu’au départ du 16. J’ai eu des approches entre les mains, ou des par 5 atteignables en deux coups, sur l’aller… Un seul birdie et c’était gagné. Je suis frustré", pestait-il.

Partis de trop loin, David Toms et Padraig Harrington (68) ne peuvent même pas l’être d’avoir échoué au pied du podium. La timbale aurait pu revenir à Michael Thompson, John Peterson, Jason Dufner, Casey Wittenberg ou encore John Senden. C’est Simpson qui s’en est saisi avec la foi et la sagesse du croyant pour réussir un chip salvateur sur le 18. "Je savais que c’était un parcours difficile. Je n’ai jamais autant prié de toute ma vie que sur les trois derniers trous", avouait-il. Des incantations qui se sont prolongées au club-house jusqu’à l’arrivée des trois dernières parties. Sans savoir si c’est l’appel des dieux ou la main du diable qui a eu raison de Furyk, tombé les deux pieds dans le caveau des champions…

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