L'Europe au sommet de sa forme

Les Européens et leur capitaine conservent la Ryder Cup.

Les Européens et leur capitaine conservent la Ryder Cup.

Au prix d'un incroyable final, l'Europe est parvenu à remporter cette Ryder Cup 2012 au dépens des Etats-Unis. Les protégés de José Maria Olazabal ont rattrapé leur retard après la domination américaine lors des doubles, rendant le plus bel hommage à Severiano Ballesteros.

Ils l’ont fait. L’exploit est sensationnel, et n’importe quel béotien du golf est forcément resté le nez rivé sur son écran. Même aux alentours de minuit. L’Europe, menée 10 points à six à l’entame des 12 derniers simples, a réussi ce qui n’avait été fait qu’une seule fois dans l’histoire de la Ryder Cup. En 1999, le score était en défaveur des Américains à Brookline, chez eux, déjà 10-6. Ils avaient réussi une dernière journée de feu pour l’emporter 14½ à 13½. Le dénouement fut exactement le même cette fois-ci, à la différence près que le casse a été perpétré en terre adverse. Et que José Maria Olazabal, cette fois, était du bon côté en tant que capitaine.

Dans l’émotion à entrées multiples offerte par cette édition 2012 de la "Ryder", il n’est pas honteux d’avancer que ce millésime fut un des trois plus beaux de tous les temps avec 1991 et 1999. Olazabal, ami du regretté Severiano Ballesteros, avait évoqué son légendaire compatriote samedi en conférence de presse. Pour lui, rien n’était terminé et "Seve" avait prouvé que les situations les plus inextricables pouvaient être retournées avec bonheur. Cette tirade, désormais, sonne de façon presque mystique. L’esprit de Ballesteros a possédé ces Européens-là, c’est presque incontestable. D’autant que les joueurs portaient sa tenue…

Kaymer au paradis

Cette compétition a ça de fou qu’elle parvient à transcender les joueurs les plus en panne. Le golf semblait presque devenu un cauchemar pour Martin Kaymer, de loin l’élément le plus en proie au doute au sein de l’équipe européenne, et sûrement même parmi les 24 joueurs. Mais dame "Ryder" a encore frappé: l’Allemand, à 13 points partout, a rentré le putt le plus tendu de sa carrière sur le 18. Un des plus suffocants de la grande légende de ce jeu, à n’en pas douter. Il n’y avait que deux mètres, peut-être. Mais si Kaymer ne rentrait pas ce coup, son match face à Steve Stricker n’aurait pas eu de vainqueur.  Il aurait alors manqué un demi-point, et Tiger Woods (victorieux deux fois à l'USPGA sur ce parcours, en 1999 et 2006) n’aurait sans doute fait qu’une bouchée de Francesco Molinari.

Les effusions auraient alors été américaines. Le "Tigre", qui avait le sourire samedi soir en dépit de ses trois matches perdus en doubles, pensait que son équipe avait creusé un trou assez conséquent pour que ses déboires ne comptent pas. Au final, ils comptent beaucoup. Tout compte, d’ailleurs: la démonstration de Nicolas Colsaerts vendredi, la solidité d’un Ian Poulter en sanglots au moment de célébrer la victoire, ce retour de Justin Rose de "one down" au départ du 17 à "one up" au final contre un Phil Mickelson sonné, la délicieuse désinvolture d’un Rory McIlroy victorieux face à Keegan Bradley après s’être trompé d’horaire… Le Nord-Irlandais était arrivé seulement 10 minutes avant l’heure de son premier départ. La Ryder Cup ne tient vraiment à rien, et "Seve" le savait.