Ligue Europa (Finale) : L'Ajax Amsterdam, c'est retour vers le futur

Ligue Europa (Finale) : L'Ajax Amsterdam, c'est retour vers le futur©Media365
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Geoffrey Steines, publié le mercredi 24 mai 2017 à 08h31

La présence de l'Ajax Amsterdam en finale de la Ligue Europa contre Manchester United mercredi (20h45) consacre le retour du club néerlandais à une politique de formation fructueuse, qui a construit ses plus grandes réussites. Un saut dans le passé pour mieux préparer le futur.

Comme celle de tous les clubs, l'histoire de l'Ajax Amsterdam est faite de cycles. Et comme celle de tous les grands clubs, elle passe toujours par des sommets à un moment ou à un autre. Vingt ans pile après sa dernière présence dans un dernier carré européen (Ligue des Champions 1996-97), le club néerlandais disputera mercredi la finale de la Ligue Europa contre Manchester United (20h45). Une réussite qui marque le retour de l'Ajax à une vielle recette qui a toujours fait son succès sur la scène continentale : la formation de jeunes joueurs et leur éclosion au haut niveau. Débarqué sur le banc en début de saison après une expérience de six mois au Maccabi Tel-Aviv, Peter Bosz dispose d'un effectif à l'effarante moyenne d'âge de 22,7 ans. Il a même aligné récemment le plus jeune onze de l'histoire du championnat des Pays-Bas, puisqu'il atteignait à peine les 21 ans de moyenne. Par conséquent, beaucoup n'étaient pas nés à l'heure du dernier titre européen de l'Ajax.

Justin Kluivert dans les pas de papa ?

Le parallèle avec la génération dorée qui avait remporté la Ligue des Champions en 1995 apparait comme une évidence. Elle était certes moins jeune (aucun en-dessous de vingt ans dans l'équipe-type) et accompagnée d'éléments d'expérience. Mais elle comptait sur la feuille de match neuf joueurs formés au club, d'Edwin van der Sar aux frères De Boer, en passant par Edgar Davids, Clarence Seedorf ou Patrick Kluivert. Auteur de l'unique but de la victoire contre le Milan AC (1-0), le dernier était devenu à dix-huit ans le plus jeune buteur de l'histoire en finale de la Ligue des Champions. Encore plus précoce, son fils Justin pourrait battre le record en Ligue Europa mercredi, à seulement dix-sept ans. Un symbole de plus du passage de témoin en cours entre deux époques. Surtout que c'est un éternel recommencement au sein du club amstellodamois, qui s'est toujours appuyé sur sa formation pour conquérir l'Europe. Que ce soit au début des années 70 quand il a gagné trois C1 consécutives avec Johan Cruijff et consorts. Ou en 1987 quand il a décroché une Coupe des Coupes dans le sillage de Marco van Basten, Frank Rijkaard et Dennis Bergkamp.

Pas de huitième de Ligue des Champions depuis 2006

Ce qui est encore plus fort dans la réussite actuelle de l'Ajax, c'est qu'il doit composer avec un football sans frontières et un marché des transferts dérégulé. Ce phénomène, né avec l'arrêt Bosman en 1995, a tout bouleversé et le club a mis le temps avant de s'adapter à cette nouvelle donne. Il a d'abord cherché à suivre la folle course à l'armement lancée par les grosses écuries européennes, avant de se rendre rapidement à l'évidence : il n'aura jamais les moyens financiers de ses concurrents pour rivaliser. Alors l'Ajax, qui a traversé une vraie période de disette et n'a plus atteint les huitièmes de finale de la Ligue des Champions depuis 2006, a repris son boulot acharné sur la formation, même s'il ne l'a jamais véritablement abandonné. Il le sait, il doit toujours se réinventer, avec l'obligation de vendre au plus offrant ses joueurs à chaque période de mutations pour survivre économiquement. C'est ainsi que Jesper Cillessen, Arkadiusz Milik ou Anwar El-Ghazi ont rapporté aussi gros dans les caisses amstellodamoises cette saison qu'ils n'ont laissé un vide dans le groupe.

Le retour d'une forme de « football total »

Bosz faisait ainsi face à une mission compliquée quand il a pris les rênes l'été dernier. Il s'en tire avec un titre de vice-champion des Pays-Bas, à un point seulement du Feyenoord Rotterdam, et une finale de Ligue Europa. Un bilan exceptionnel qui couronne le travail abattu par le technicien de 53 ans. Il a pris des risques, donné sa chance à des jeunes pousses sans expérience, fait de Matthijs de Ligt (17 ans) le taulier de sa défense et de Kasper Dolberg (19 ans) le fer de lance de son attaque. Il a surtout, lui aussi, puisé dans la riche histoire de l'Ajax pour remettre au goût du jour une forme de « football total » adaptée aux exigences du moment. Lyon en a fait les frais en demi-finales, en explosant à l'aller (4-1) pour ce qui était le premier match depuis le baptême du stade en Johann Cruijff Arena. Tout un symbole. Un de plus pour un Ajax qui renoue actuellement avec son glorieux passé. Histoire de rappeler que les grands clubs ne meurent jamais.

 
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