Les secrets d'un chef d'oeuvre

Les secrets d'un chef d'oeuvre©Media365
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Geoffrey Steines, publié le mercredi 15 février 2017 à 07h17

Il y a deux mois quasiment jour pour jour, le tirage au sort a désigné le FC Barcelone comme adversaire du PSG en huitième de finale de la Ligue des Champions.

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Et mardi, il y avait le sentiment que Paris préparait depuis tout ce temps ce match aller, et rien que celui-là. La démonstration de force accomplie pour terrasser les Blaugrana (4-0) doit énormément au travail préparatoire effectué en amont. « On a vraiment travaillé cette semaine. Le staff a fourni un énorme boulot, a expliqué Blaise Matuidi en zone mixte après la rencontre. Tactiquement, l'équipe a répété ses gammes. Ca a porté ses fruits. » « Le coach a très bien analysé le Barça, a confirmé Nasser Al-Khelaïfi, tout heureux de pouvoir valider les choix d'un entraîneur tant décrié depuis le début de la saison. Il en a visionné les huit derniers matchs. Les joueurs ont fait beaucoup de séances vidéo. » Ce n'est pas une surprise, Unai Emery a toujours fonctionné ainsi, dans tous les clubs où il est passé. Décortiquer l'adversaire, trouver le meilleur angle d'attaque pour le contrer : c'est la spécialité du technicien basque et c'est pour ça que le PSG est allé le chercher l'été dernier.

« Tout ce qu'on avait préparé s'est produit sur le terrain »

Gagner la Ligue Europa trois années de suite, ça suppose de s'adapter à des adversaires méconnus, des styles de jeu différents du quotidien et de renouveler l'exercice sur cinq tours à élimination directe. C'est là qu'Emery, qui n'avait néanmoins battu qu'une fois le Barça en 23 confrontations, devait se démarquer de son prédécesseur et ses joueurs ont frappé un grand coup le jour J. « Le secret ? C'est le travail, a soufflé Marco Verratti. On a préparé le match sur tous les petits détails, ce que tu dois toujours faire quand tu joues contre une grande équipe. On a eu la réussite que tout ce qu'on avait préparé s'est produit sur le terrain. Je ne peux pas tout dire ici, mais on s'est vraiment bien préparés. » Cette réussite-là, elle se provoque. Le PSG a joué avec une intelligence remarquable pour donner une leçon de football au Barça. Emery ne s'est jamais bercé d'illusions, il savait son équipe incapable de maintenir l'intensité sur 90 minutes que peut avoir l'Atlético Madrid, cité tant de fois en exemple à suivre ces derniers jours. Alors il a demandé à ses joueurs d'alterner entre différentes phases, pour maitriser au mieux la courbe sinusoïdale d'une rencontre.

« On savait qu'on allait souffrir par moments »

Le PSG a parfaitement géré ses temps forts et surtout ses temps faibles, comme l'a souligné Blaise Matuidi. Il a su quand il fallait harceler les Catalans dans leur camp et quand il fallait les aspirer pour mieux les punir en contre, le tout sans jamais défendre en reculant. Un récital résumé ainsi par Marquinhos : « On a préparé ce match avec l'intention de presser haut pour récupérer des ballons dans le camp du Barça et on a aussi préparé le bloc bas. On savait qu'on allait souffrir par moments dans le match et on a réussi à ne pas prendre de buts. » Le capitaine Matuidi s'est fait le relais des consignes d'avant-match : « Aller les chercher, être disciplinés et organisés. On se devait de leur faire mal quand on avait le ballon et de les faire courir. Et enfin, il fallait présenter un bloc homogène. » « Nous avons imposé une grande pression à Barcelone, parce que nous savons que le trio Messi-Neymar-Suarez peut faire de grandes choses si vous lui laissez de l'espace. Tout le monde m'a dit en espagnol que Barcelone a été mauvais, mais nous, nous avons très bien joué. On doit féliciter notre équipe », a enfin rappelé Patrick Kluivert, directeur du football du club parisien.

« Prise de conscience individuelle et collective exemplaire »

Pour aller au bout de leurs intentions, il fallait aussi une solidarité à toute épreuve du groupe dans son ensemble. Les Parisiens, pourtant privés de deux cadres avec les absences de Thiago Motta et de Thiago Silva, ont été remarquables dans ce domaine. Déjà vendredi dernier à Bordeaux (0-3), ils n'avaient que ce mot à la bouche. Ils ont mis les actes en adéquation avec leurs paroles mardi. « Le secret de cette victoire est la prise de conscience individuelle et collective exemplaire de tout un groupe, a lancé Thomas Meunier. De la première à la dernière minute, on n'a rien lâché. On a été très bons offensivement comme défensivement. C'est ce qui nous a permis de vaincre le grand Barça. Ce n'est pas rien et 4-0 en plus de ça ! Ce n'est pas un 1-0 étriqué avec un but en fin de match. On a gagné avec la manière, de la combativité et beaucoup de personnalité. Ce soir, on a vu une très bonne équipe du PSG, tout simplement. » Tout simplement parce que préparés comme ils l'étaient, ils ne pouvaient rien arriver aux Parisiens mardi.

 
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