Le Camp Nou s'y connait en " remuntadas "

Le Camp Nou s'y connait en ©Media365
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Geoffrey Steines, publié le mercredi 19 avril 2017 à 08h00

Avant même celle contre le PSG début mars (6-1), le FC Barcelone avait déjà réalisé six « remuntadas » d'anthologie sur la scène européenne dans son histoire. Elles ont toutes le potentiel pour susciter de l'espoir au Camp Nou mercredi.

Coupe UEFA 1977-78 : FC Barcelone - Ipswich Town (3-0, 3-1 TAB ; 0-3 à l'aller)

Un Camp Nou aux trois quarts vides, de la pluie, une pelouse à la limite du praticable : rien ne laisse présager une soirée d'anthologie. Elle bascule dans l'irrationnel à trois minutes de la fin du temps réglementaire, quand Clares provoque un penalty transformé par Carles Rexach pour égaliser sur l'ensemble des deux rencontres. Avant cela, Johan Cruijff claque un doublé (21eme, 46eme) et l'Ispwich de Bobby Robson manque la balle de match, le capitaine Mick Mills trouvant le poteau. Après avoir emmené la double confrontation en prolongation, les Catalans attendent finalement les tirs au but pour valider leur qualification, comme au tour précédent face à l'AZ Alkmaar. Leur parcours s'arrêtera en demi-finale contre le PSV Eindhoven. Là encore battus 3-0 à l'aller, ils mèneront 2-0 au bout de vingt minutes au retour, mais rateront la « remuntada » (3-1).

Coupe des Coupes 1978-79 : FC Barcelone - Anderlecht (3-0, 4-1 TAB ; 0-3 à l'aller)

Un an après Ipswich, le Barça refait le même coup à Anderlecht. Dès le coup de sifflet final du huitième de finale aller, les Blaugrana se plaignent du comportement de leurs hôtes sur le terrain et de leur violence, à l'image du traitement réservé à Johan Neeskens. Animés par un désir de « vengeance » et portés par 80 000 spectateurs, les hommes de Lucien Müller sont transcendés. Hans Krankl ouvre le score rapidement (8eme), lui et Juan Manuel Asensi touchent les montants, Juan Carlos Heredia double la mise juste avant la pause (44eme) et Hugo Broos laisse Anderlecht en infériorité numérique pour le dernier quart d'heure. Le coup de grâce se produit dix minutes plus tard, Rafael Zuviria égalisant sur les deux matchs au bout d'un incroyable slalom dans la défense, jusque-là infranchissable en seconde période (86eme). Comme contre Ipswich, la « remuntada » n'est complétée qu'aux tirs au but. Le FC Barcelone ira au bout de la compétition, renversant à nouveau Ispwich en quarts (1-2, 1-0), avant de vaincre Beveren (1-0, 1-0) en demies puis le Fortuna Düsseldorf en finale (4-3). Il met un terme à douze ans sans titre sur la scène européenne.

Coupe des clubs champions 1985-86 : FC Barcelone - Göteborg (3-0, 5-4 TAB ; 0-3 à l'aller)

C'est l'histoire d'un héros improbable nommé Angel « Pichi » Alonso. Jamais considéré comme un titulaire à part entière au Barça, l'attaquant espagnol claque un triplé historique. Il évite ainsi aux Catalans l'humiliation d'une élimination en demi-finales contre une équipe de Göteborg alors semi-professionnelle et qui avait réalisé le match d'une vie à l'aller. Aligné à la place de Steve Archibald, titulaire habituel en blessé pour ce rendez-vous, Alonso lance idéalement le match de son équipe dès la neuvième minute. Il lui suffit ensuite de six minutes pour inscrire deux autres buts synonymes d'égalité parfaite (63eme, 69eme). Contraints de baisser de pied, les Catalans ne font la différence qu'aux tirs au but, comme à leur habitude. Trois semaines plus tard, ils penseront en faire de même face au Steua Bucarest en finale. Sauf que cette fois, ils s'inclineront (0-0, 2-0 TAB). Ce qui n'a pas terni la mémoire de « Pichi ». « Le souvenir du Camp Nou entier scandant mon nom plusieurs fois, surtout lorsque j'ai été remplacé, est inoubliable. A cette époque cela ne se produisait pas souvent, et que cela m'arrive était inimaginable. »

Ligue des Champions 1993-94 : FC Barcelone - Dynamo Kiev (4-1 ; 1-3 à l'aller)

Le chef d'œuvre de la « Dream Team » de Johan Cruijff. 21 occasions répertoriées, quatre montants touchés, un but valable oublié à Pep Guardiola : la démonstration barcelonaise aurait pu se terminer sur un score d'une toute autre ampleur. Mais il suffit au bonheur des Catalans, qui franchissent ainsi le premier tour de la compétition. Si tout était allé de travers lors de la première manche, le retour prend vite des allures de récital. Michael Laudrup l'initie dès la neuvième minute et José Maria Bakero double la mise à la dix-septième. Même la réduction du score de Serhiy Rebrov n'y change rien, le Barça suit le chemin de son destin. Bakero s'offre un doublé dès le retour des vestiaires (47eme) et remet les deux équipes sur un pied d'égalité. Un coup de pouce (poteau pour Viktor Leonenko) et Ronald Koeman termine le travail sur coup-franc (67eme). De la folie douce dans le Camp Nou et le début d'un parcours qui mènera les Blaugrana jusqu'en finale, avec à la clé à une déroute contre le grand Milan d'Arigo Sacchi (4-0).

Ligue des Champions 1999-2000 : FC Barcelone - Chelsea (5-1 ap ; 1-3 à l'aller)

Rarement le FC Barcelone sera passé par autant d'états au cours d'un match dans toute son histoire. A la mi-temps, il est déjà virtuellement qualifié après avoir remonté les deux buts de retard ramenés de Londres (Rivaldo 23eme, Luis Figo 44eme). Mais une boulette de Ruud Hesp relance Chelsea, Tore André Flo déballant le cadeau avec gourmandise (60eme). Ça ne suffira pas à endiguer les vagues catalans, incessantes sur le but des Blues dans un Camp Nou chauffé à blanc et pas découragé par les deux tentatives sur le poteau de Patrick Kluivert. Tout bascule sur un coaching gagnant de Louis van Gaal. Tout juste entré à la place de Boudewijn Zenden, Dani remet les compteurs à zéro (3-1, 83eme) et Rivaldo tient la balle de match sur penalty avant la fin du temps réglementaire. C'est raté, mais ce n'est que partie remise, puisqu'il en transforme un en prolongation (4-1, 98eme). La demi-heure de rab est folle, le Barça pousse en ordre désordonné et Hesp fait oublier son erreur en enchaînant les parades décisives. Kluivert clôt le festival (5-1, 103eme) et son équipe pousse les portes du dernier carré. Stoppé au tour suivant par le Real Madrid, il n'ira pas plus loin.

Ligue des Champions 2012-13 : FC Barcelone - Milan AC (4-0 ; 0-2 à l'aller)

Six des titulaires ce soir-là sont encore au club aujourd'hui (Gerard Piqué, Andrés Iniesta, Lionel Messi, Javier Mascherano, Sergio Busquets, Jordi Alba). C'est dire si l'esprit qui avait animé tout le FC Barcelone en ce jour de mars 2013 imprègne toujours le vestiaire de l'équipe première. Cette « remuntada » porte la griffe de Messi, autour d'un doublé magique en première période pour effacer vite fait bien fait la dette du match aller (5eme, 40eme). Entretemps, Mbaye Niang, l'un des quatre Français titulaires chez les Rossoneri (Philippe Mexès, Mathieu Flamini, Kévin Constant), bénéficie pourtant d'une occasion en or de doucher les espoirs barcelonais. Mais il croquer son face-à-face avec Victor Valdés et envoie son tir croisé sur le poteau (38eme). David Villa inscrit le but synonyme de qualification (55eme) et Jordi Alba termine le travail dans le temps additionnel (92eme). Le Barça franchir ensuite l'obstacle PSG, à l'arrache (2-2, 1-1), avant d'être giflé par le Bayern Munich en demi-finale. Il avait perdu 4-0 en Bavière et avait pris une nouvelle correction au Camp Nou (0-3). Un souvenir encore frais dans les mémoires catalanes. Un souvenir qu'ils auront l'opportunité d'effacer mercredi.

 
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