Ce coup tactique, ce n'était vraiment pas le moment

Ce coup tactique, ce n'était vraiment pas le moment©Media365
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Geoffrey Steines, publié le mercredi 13 avril 2016 à 07h30

Le PSG s'est présenté mardi à Manchester dans un 3-5-2 inédit pour y affronter City en quart de finale de la Ligue des Champions (1-0). Un pari perdant sur toute la ligne pour Laurent Blanc, qui se met de facto en première ligne dans cette élimination.

A croire que Laurent Blanc n'y arrivera jamais. Pour la quatrième fois de sa carrière d'entraîneur en autant de présences à ce stade de la compétition, le coach du PSG a échoué à franchir les quarts de finale de la Ligue des Champions. Cette fois, le bourreau se nomme Manchester City, vainqueur de Paris mardi (1-0), qui avait tout de la proie idéale pour enfin forcer les portes du dernier carré. C'est encore raté et Blanc porte une lourde responsabilité dans cet échec. Le pari tenté avec le 3-5-2 au coup d'envoi a fait pschitt. Un choix, que la rumeur jugeait lié à l'éventuelle titularisation d'un Yaya Touré finalement remplaçant, justifié ainsi par Blanc en conférence de presse après la rencontre : « Sur le premier match, on a vite compris que Manchester City possédait des éléments offensifs percutants et efficaces, a souligné le technicien cévenol. On perdait aussi (Blaise) Matuidi sans récupérer personne, on a bien analysé les choses, pensé qu'il fallait d'abord bien défendre, être bien compacts dans l'axe, les priver d'espaces. On ne l'a pas mal fait défensivement, mais c'est dans l'utilisation du ballon qu'on a été en difficulté. » S'en étonner revient à banaliser l'importance d'un système tactique, à estimer que jeter à la poubelle tout ce que Blanc et son staff avaient construit depuis trois ans pour le match le plus important de l'ère QSI n'exposait pas leur équipe à un retour de bâton violent. Ils l'ont pris de plein fouet.
Une bataille perdue, celle de la communication
Le championnat est plié depuis la trêve et jamais ils n'avaient dérogé à leur 4-3-3 immuable. Le « Président » n'a pas pris la peine d'expérimenter autre chose depuis trois mois, de se doter d'un plan B en cas de coup dur, comme l'étaient les multiples absences à gérer dans la préparation de cette rencontre (Matuidi, David Luiz, Marco Verratti). Il l'a finalement fait au moment où le PSG paraissait capable d'imposer son jeu à son adversaire, même à l'extérieur, quand il avait subi les événements sans rien tenter la saison passée face au Barça. Les Parisiens semblaient à même de dominer les Citizens avec leur philosophie sans avoir à se renier, d'autant qu'ils avaient pour quasi-obligation de ramener la victoire de Manchester pour arracher leur qualification. La première erreur de Blanc, c'est d'avoir perdu la bataille de la communication avec cette option tactique venue d'ailleurs. Il a pompé le peu de confiance qu'il restait à ses joueurs après un match aller raté en leur faisant implicitement comprendre qu'ils n'avaient pas les moyens de gagner sans un coup tactique sorti de nulle part. En ce sens-là, l'ancien sélectionneur de l'équipe de France n'a pas appris de ses erreurs. C'est en admettant d'avance la supériorité de l'Espagne face aux Bleus en quart de finale de l'Euro 2012 (2-0) qu'il avait choisi d'aligner deux latéraux droits de métier (Anthony Réveillère et Mathieu Debuchy) pour bloquer le couloir. Là encore, le pari s'était révélé perdant.
80 ballons perdus en première période
Il faut dire que Blanc choisit mal ses matchs pour s'essayer au quitte ou double. Tenter des coups à ces hauteurs-là revient à évoluer sans filet et à une prise de risques très importante. Certainement trop. A voir les incompréhensions à répétition, l'incapacité des joueurs à combiner entre eux et à se situer par rapport à leurs partenaires, le PSG était perdu sur le terrain. Les Parisiens avaient beau communiquer entre eux ou échanger avec leur entraîneur, ils n'ont pas trouvé la solution pour donner leur pleine mesure dans ce schéma, même s'ils ont fait illusion durant les vingt premières minutes, sans se montrer dangereux pour autant. Tout ce qu'il y a de plus normal, quand tant de joueurs évoluaient dans un rôle qu'ils n'avaient pas encore connu cette saison. Alors les passes dans le vide se sont multipliées, le milieu Rabiot - Thiago Motta s'est fait secouer en raison de son infériorité numérique dans l'entrejeu et le jeu parisien a couru après sa fluidité perdue ces dernières semaines. Ce n'est pas un hasard si le PSG a perdu 80 ballons rien qu'au cours de la première période, son pire total avant la pause en Ligue des Champions depuis 2012-2013 et son retour en C1. Ce n'était que la traduction de leurs incertitudes et de leurs doutes, accentués par le choix de leur entraîneur. « En première mi-temps, nous avons joué dans un système que nous n'avions jamais essayé, s'est étonné Zlatan Ibrahimovic. Ça s'est passé comme ça s'est passé. »

Blanc : « Je ne me débine pas »
Blanc pourra toujours arguer que le deuxième acte, disputé en 4-3-3 suite à la blessure de Thiago Motta et l'entrée en jeu de Lucas juste avant la mi-temps, ne fut pas bien plus brillant que le premier, ce qui aurait tendance à démontrer que ce n'était pas une question de système. Sauf que le PSG s'est montré autrement plus menaçant, en renouant le fil de son jeu et en ayant enfin des solutions sur les côtés, à l'image des deux buts justement refusés pour hors-jeu. N'empêche que les décalages étaient là, malgré là encore des joueurs qui devaient occuper des postes inhabituels pour eux. Symbole de cette improvisation permanente, Marquinhos en a occupé trois différents en 90 minutes... A un tel niveau, ça fait désordre. Les Parisiens ont finalement plongé physiquement en fin de match, à force d'avoir voulu compenser leur manque de repères dans leur 3-5-2 initial et de buter sans cesse sur le bloc défensif de Manchester City. A l'issue du match, Blanc ne s'est pas défilé. « Je suis responsable. C'est moi qui ai fait l'équipe, c'est moi qui ai choisi les joueurs, la stratégie. Quand vous gagnez, les joueurs sont responsables, et quand vous perdez, c'est l'entraîneur. Ce n'est pas un problème. Je suis autant déçu que mes joueurs. On y croyait vraiment. Mais je dois dire que Manchester City m'a surpris défensivement. Le responsable, c'est toujours l'entraineur donc je ne me débine pas. La responsabilité, je la prends. » C'est lui qui sera en première ligne dans les jours à venir au moment de tirer le bilan de cette campagne européenne du PSG. Parce qu'après un coup de poker raté, il faut passer à la caisse.
 
43 commentaires - Ce coup tactique, ce n'était vraiment pas le moment
  • C'est une pipe ,dans la difficulté il est nul alors qu'il avait les joueurs ( malgré les blessés) pour gagner ce , ces matchs ....il a fait n'importe quoi ! tout d'abord titulariser Aurier aura été fatal pour lui et surtout son équipe . 2 buts pour sa pomme au match aller et une nullité au match retour ! et ce 3,5,2 quelle surprise ........surtout pour le PSG

  • Blanc présente beaucoup de similitude avec un autre dirigeant qui accumule les erreurs et les défaites. Leur manque de respect d'autrui, leur suffisance, leurs oeillières et leur incompétence mènent leurs équipes (le qsg d'un coté, la France de l'autre) dans une impasse.

  • Quel dommage toutes ces erreurs ! C'était vraiment l'année où le PSG avec cette équipe pouvait non seulement aller en demi mais gagner la ligue des champions ! En effet le Bayern est à la peine, le Real n'est pas plus fort que le PSG, Barcelone est éliminé.
    Blanc aurait dû faire tourner davantage et économiser ses joueurs, bien trop sollicités comme internationaux, la ligue 1, la coupe de la ligue (pas encore supprimée cette horreur ?), la coupe de France. Le pire est que l'on découvre récemment à la TV le super niveau de la réserve du PSG (qui bat Guingamp) ! Encore moins d'excuses pour Blanc !
    Il n'a vraiment pas le niveau pour une telle équipe. Mais le président du PSG est responsable aussi de l'avoir gardé, car cela se voyait depuis pas mal de temps les insuffisances de son entraineur, même en ligue 1.

  • Blanc a signé son arrêt de mort
    Il a eu beaucoup de chance avant
    Devant le mur il a montré son INCOMPETENCE
    Paris devra changer d'entraineur s'il veut gagner la champions ligue

  • Ah ce Laurent Blanc , un vaste sujet , arrogant , méprisant , il a le tutoiement facile le garçon et tres peu d humilité , une vraie leçon de civisme a lui tout seul

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