Les raisons d'un fiasco

Les raisons d'un fiasco©PANORAMIC, Media365
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, publié le lundi 04 avril 2016 à 09h25

Depuis samedi soir et sa défaite contre Angers, Troyes est officiellement relégué en Ligue 2. La conséquence d'une saison catastrophique marquée par les difficultés financières du club aubois et les choix hasardeux de sa direction.

Arles-Avignon avait fait pire en 2011, en actant sa relégation en Ligue 2 au soir de la 31eme journée. Mais en s'inclinant contre Angers samedi soir (0-1, 32eme journée de Ligue 1), Troyes a définitivement validé son retour au deuxième échelon du football français beaucoup trop tôt, à six journées de la fin de la saison. Trop tôt car au regard de ce qu'avaient montré les Troyens la saison dernière en Ligue 2, où ils avaient survolé les débats, il y avait matière à espérer beaucoup mieux de la part des coéquipiers de Benjamin Nivet. Mais cette saison, rien ne s'est passé comme prévu et les dés ont même été pipés dès l'été.

Un contre-temps fâcheux avec la DNCG
Car comme Bastia, l'ESTAC a d'abord été recalée par la DNCG. Finances dans le rouge, le club aubois a dû trouver une solution d'urgence pour évoluer en Ligue 1, à savoir la vente de Corentin Jean à Monaco, immédiatement prêté  son club formateur dans la foulée. Mais cette négociation de dernière minute n'a fait que masquer les difficultés économiques du club aubois, comme le racontait Jean-Marc Furlan dans les colonnes de L'Equipe fin décembre. « Même si la comparaison est un peu grossière, ça a été un tsunami, une fracture psychologique. Tout ce que vous avez projeté depuis un an tombe à l'eau, racontait l'ancien coach troyen, démis de ses fonctions début décembre. On avait une liste très importante de joueurs qui ont signé partout. Tous les joueurs qui sont venus n'étaient pas sur nos listes en fait. Parce que c'était l'opportunité du moment, du 20 août... Les entraîneurs ont l'habitude de dire que 85% d‘une saison dépend de la période estivale. »

Des orientations hasardeuses
Mais là où Bastia possédait déjà dans son effectif des joueurs aguerris en Ligue 1, Troyes a dû composer avec une grande partie de l'effectif de la saison dernière et des arrivées pas forcément désirées. Rapidement, les défaites se sont enchaînées et la claque reçue à Marseille lors de la 3eme journée (6-0) a inhibé la jeune équipe troyenne. A force d'enchaîner les défaites, Daniel Masoni a décidé de se séparer de Jean-Marc Furlan, remplacé par Claude Robin. Sous les ordres de l'ancien directeur du centre de formation, l'ESTAC a glané son premier succès à Lille en janvier (1-3). Mais un mois plus tard, à la surprise générale, le président troyen a décrété un nouveau changement d'entraîneur et l'installation d'un trio d'intérimaires, mené par Mohamed Bradja. Une succession de choix hasardeux qui n'ont pas permis aux joueurs troyens d'avoir une ligne directrice.

Un renoncement trop précoce
Surtout qu'en coulisses, le renoncement fut rapide et grossier. S'il est légitime d'avoir voulu préparer la relégation dès l'hiver, vu la situation du club au classement, cette anticipation a vite ressemblé a de la résignation. En lâchant Jimmy Cabot et Paul Benardoni, ses deux meilleurs joueurs de la phase aller, mais aussi Thomas Ayasse, l'ESTAC a envoyé un message clair à ses supporters : le maintien est hors-de-portée. D'autres voient dans ce fiasco la volonté farouche, voire suicidaire, de Jean-Marc Furlan de vouloir mettre en place une philosophie de jeu trop ambitieuse. Toujours est-il qu'à six journées de la fin de la saison, Troyes doit encore prendre quatre points pour ne pas entrer dans l'histoire comme la pire équipe sur une saison. 

 
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