Ligue des Champions - PSG : Kimpembe n'est pas qu'une belle histoire, c'est un symbole

Ligue des Champions - PSG : Kimpembe n'est pas qu'une belle histoire, c'est un symbole©Media365
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Geoffrey Steines, publié le jeudi 16 février 2017 à 09h00

Du haut de ses 21 ans, Presnel Kimpembe a été héroïque mardi contre le Barça. Retour sur une soirée incroyable pour le jeune défenseur parisien.

C'est une rareté qu'un geste défensif fasse se lever tout un stade, mais c'était sans compter sur Presnel Kimpembe mardi. L'heure de jeu à peine passée (62eme), le Parc des Princes frissonnait après une perte de balle de Layvin Kurzawa et une occasion quasi unique pour Lionel Messi de prendre de la vitesse aux abords de la surface parisienne. Il fallait un pompier de service pour éteindre le feu naissant, il avait 21 ans et aucun match de Ligue des Champions dans les jambes. Une première intervention costaude dans les pieds de l'attaquant argentin, une deuxième plus musclée pour mettre au sol son adversaire et gagner son duel pour de bon : le public a rugi de plaisir comme sur les quatre buts de la folle soirée du PSG contre le FC Barcelone en huitième de finale aller de la Ligue des Champions (4-0). Un chef d'œuvre auquel Kimpembe n'aurait jamais dû prendre part. Et pourtant, il y a joué un rôle prépondérant, participant même à faire basculer le match dans une autre dimension.
Costaud sans ballon, impressionnant avec ballon
Voir un titi parisien qui avait que 26 rencontres en pros à son actif avant mardi éteindre Messi et Luis Suarez, qui a lui aussi pris son « stop » du natif de Beaumont-sur-Oise (82eme), avait quelque chose d'irréel. C'était impensable 36 heures plus tôt, quand le forfait de Thiago Silva n'était encore qu'un bruit de couloir. Une fois confirmé, Kimpembe a vite su que ce serait sa chance. « Il a su qu'il allait être titulaire la veille du match, a raconté le directeur du football Patrick Kluivert mardi en zone mixte. J'ai parlé individuellement avec lui, mais c'est lui qui a joué. » Il aurait pu aborder ce match avec crainte et timidité, il a fait tout l'inverse. Dès les premières minutes, Kimpembe a montré qu'il ne se cacherait pas. Il a remporté ses duels avec autorité, coupé une passe en profondeur d'un tacle décisif (34eme), fait étalage d'une grande justesse dans le placement et d'un sens de l'anticipation aiguisé. Mais là où il a le plus impressionné, c'est balle au pied. Il a excellé dans la relance, n'a pas hésité à remonter le ballon quand il n'était pas attaqué pour faire reculer les Barcelonais et les angles ouverts par son pied gauche ont été bien utilisés.
« Kimpembe a donné la meilleure des réponses »
Un match de patron qui a fait oublier le temps d'une soirée que le PSG devait faire sans son capitaine et son taulier en défense depuis bientôt cinq ans. « On a tous confiance en notre groupe, a soufflé Marquinhos, son compère de la charnière centrale, qui s'est mis au diapason de son benjamin pour un an. Kimpembe a déjà montré (sa qualité) dans les matchs de L1 qu'il faisait ou les matchs de Coupe. C'était un vrai test pour lui aujourd'hui. Thiago est un joueur important, c'est un leader sur le terrain, mais Kimpembe a donné la meilleure des réponses. » « Je suis surtout très content pour lui, a enchaîné Kluivert. C'est un joueur formé au PSG. » C'est là le beau symbole de ce Paris flamboyant de mardi. Il a fini la rencontre avec trois éléments issus de son centre de formation sur le terrain (Kimpembe donc, avec Adrien Rabiot et Christopher Nkunku). Nasser Al-Khelaïfi voulait s'inspirer du Barça quand il a pris la présidence du PSG, et ça passait par la promotion des ouailles de l'académie.
« Le PSG est un choix de cœur assumé »
Que l'éclosion de Kimpembe se produise face aux Blaugrana a donc tout pour réjouir le propriétaire qatari du club de la Capitale. Ce n'était pourtant pas gagné, quand le joueur était au placard au début de l'automne en raison de négociations qui traînaient pour la prolongation de son contrat. Il voulait être valorisé à hauteur de son nouveau statut de troisième défenseur central dans un club de standing européen et ses dirigeants se demandaient si cela valait le coup de miser si gros sur lui. « Ç'a été intense mais Presnel, ce n'est pas quelqu'un qui va paniquer, relatait son agent Julien Merceron dans les colonnes de L'Equipe en novembre. Il a connu beaucoup de choses depuis ses débuts en formation. Il est resté serein, sûr de son fait (...) On a toujours maintenu le lien de confiance et un contact avec Olivier Létang, qui a toujours cru en Presnel, et Patrick Kluivert. Le PSG est un choix de cœur assumé. D'abord parce qu'on est convaincus qu'il peut réussir au PSG et, ensuite, car gagner des titres avec Paris signifie vraiment quelque chose pour lui. »
Kimpembe ne la joue pas comme Coman
Le PSG a finalement officialisé début novembre un accord pour un nouveau bail qui court jusqu'en 2021 et qui le blinde pour un moment. Le PSG s'est ainsi évité de voir filer un autre de ses espoirs vers d'autres cieux avant même qu'il puisse s'exprimer pleinement sous ses couleurs, comme c'était arrivé avec Kingsley Coman. Mais Kimpembe n'a jamais imaginé marcher sur les traces de son ex-compère du Camp des Loges. « Si je suis ouvert à un départ ? Non, clamait-il en octobre dans un entretien à Onze Mondial, à un moment où son cas posait encore question (...) Je suis là pour dix ans encore, pour toute ma carrière même ! » Un message comme aime les entendre Al-Khelaïfi.

 
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