Blanc, une prolongation qui relève de l'évidence

Blanc, une prolongation qui relève de l'évidence©Media365
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, publié le jeudi 11 février 2016 à 08h01

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Laurent Blanc a prolongé son contrat avec le PSG jusqu'en 2018. La conclusion logique d'un faux feuilleton tant la signature d'un nouveau bail était indiscutable pour le technicien cévenol, qui s'est imposé comme l'homme de la situation à Paris.

Ce n'était qu'une question de temps et l'officialisation a fini par tomber. Le PSG a annoncé jeudi matin sur son site officiel la prolongation de contrat de Laurent Blanc et de son staff jusqu'en 2018. Les dirigeants parisiens optent ainsi pour la continuité avec l'ancien sélectionneur de l'équipe de France, en place depuis 2013 et le départ de Carlo Ancelotti. Une décision qui découle d'une logique implacable tant il s'est imposé comme l'homme de la situation au sein du club parisien, qui a clairement progressé ces trois dernières années. Blanc a pérennisé sa présence en quarts de finale de la Ligue des Champions, lui a donné un style de jeu conforme aux souhaits de Nasser Al-Khelaïfi et a imprimé sa patte dans le vestiaire. Le tout en accumulant les records et les résultats probants, symbolisés par le quadruplé historique réalisé sur la scène nationale la saison passée. Le technicien cévenol a balayé au fil des mois toutes les réserves sur son cas et sur sa capacité à manager le vestiaire d'une équipe qui vise les sommets européens.

 Pour Blanc, il est incontestable qu'il y aura un avant et un après PSG, même si la réciproque pourrait bien se vérifier aussi à terme. L'ex-défenseur des Bleus était arrivé sur la pointe des pieds, au bout d'une longue période de flottement dans l'état-major parisien. Il avait pris la succession d'Ancelotti, alors double vainqueur de la Ligue des Champions comme entraîneur avant son sacre avec le Real Madrid en 2014. Le natif d'Alès débarquait aux commandes d'une équipe remplie de stars d'une dimension inconnue dans son parcours d'entraîneur. Ni à Bordeaux, ni en équipe de France, il n'avait dirigé des joueurs de la stature de Zlatan Ibrahimovic, Thiago Silva ou Thiago Motta. Il était alors l'anti-Ancelotti : il ne disposait d'aucune référence dans un top club européen et ne semblait pas être « the right man in the right place », dans un club boulimique de titres sans avoir la patience de les construire. Ce qui explique pourquoi sa nomination a suscité tant de scepticisme, sans oublier qu'il paraissait être un choix par défaut pour des dirigeants qui avaient épuisé tous leurs recours avant de se tourner vers lui. Peu enclin à tout chambouler dès ses premiers pas, Blanc s'est d'abord inscrit dans la continuité de son prédécesseur. Il a reconduit son 4-4-2 avec un milieu à plat, une expérience qui n'a duré que deux matchs. Un nul à Montpellier (1-1) et un autre contre l'AC Ajaccio (1-1) en ouverture du championnat 2013-14 l'ont finalement convaincu d'appliquer sa propre philosophie au PSG. C'est à partir de ce moment-là que le 4-3-3 a été installé pour devenir immuable, sans oublier le jeu de possession qui va avec. Blanc s'est calqué sur le FC Barcelone pour lequel il ne cache pas son admiration, un de ses points communs avec Nasser Al-Khelaïfi. Les effets s'en sont ressentis immédiatement et se prolongent depuis. Pour le plus grand bonheur de son président. « Honnêtement, j'ai toujours cru en lui, avait expliqué Al-Khelaïfi dans un entretien accordé au Figaro en décembre. Depuis le premier jour, tout le monde se demandait s'il aurait du succès ou pas mais je lui ai toujours fait confiance, je l'ai toujours soutenu, dans les bons moments comme dans les mauvais. C'est quelqu'un de très honnête. Au cours des trois saisons, il a gagné en expérience dans le management et dans la gestion de l'équipe en Ligue des Champions. »

 Le groupe adhère et ne cesse de louer les qualités de Blanc. « Au vu des résultats et de ce qu'il fait depuis trois ans, c'est évident. On a gagné plusieurs titres de champion. On a battu des records. C'est une décision entre lui et le club mais on est content et on pense que c'est normal qu'il continue. Il a bien géré le vestiaire jusqu'à aujourd'hui », a soufflé Thiago Motta à RMC. L'international italien résume ainsi tous les échos qui viennent du groupe et qui abondent dans son sens. Les joueurs apprécient son mode de fonctionnement, ont pour la plupart progressé sous sa conduite (Edinson Cavani étant le contre-exemple) et applaudissent sa capacité à les mettre dans les meilleures dispositions. Sa gestion de la méforme de Zlatan Ibrahimovic en début de saison, où il a défendu le Suédois pour mieux lui permettre de retrouver son meilleur niveau, en est un symbole fort.

 Laurent Blanc ne semble plus un frein à l'ambition de remporter la Ligue des Champions à moyen terme. La qualification aux dépens de Chelsea la saison passée a clairement marqué un tournant dans son parcours de technicien (1-1, 2-2 ap). Vaincre José Mourinho dans une double confrontation, en ayant réussi à lui imposer son jeu, est un aboutissement qui a fini de crédibiliser Blanc version entraîneur. Il lui a permis de passer dans une autre catégorie. « Je ne compare pas les coaches entre eux. J'ai beaucoup de respect pour Carlo Ancelotti. Je continue à avoir d'excellentes relations avec lui. Mais notre coach aujourd'hui, c'est Laurent Blanc, il est fantastique. Il fait déjà partie pour moi des meilleurs coaches du monde », s'était enthousiasmé Al-Khelaïfi en décembre. Voilà pourquoi sa prolongation relevait de l'évidence et que la question de son remplacement ne s'est pas franchement posée. Bien évidemment, une élimination contre Chelsea dans quatre semaines bouleverserait l'ordre établi et remettrait tout en cause.

 Mais le PSG aurait-il pour autant la certitude de pouvoir attirer un manager capable de faire au moins aussi bien que ce que Blanc réalise depuis trois ans ? Rien n'est moins sûr. Seul Pep Guardiola, par son style, semble en mesure de conserver l'héritage du coach parisien sans détruire l'édifice patiemment construit et effacer toutes les certitudes qui sont si difficiles à acquérir à ce niveau. Mais le Catalan s'est déjà engagé avec Manchester City pour la saison prochaine. Les autres entraîneurs disponibles, ou qui pourraient l'être, pour relever le challenge parisien ne peuvent pas en dire autant. Même Mourinho n'a plus vraiment la cote chez les propriétaires qataris. Cela dit beaucoup du chemin parcouru par Blanc depuis trois ans. « Que ce soit avec les joueurs ou avec le coach, nous construisons sur du long terme », a indiqué Al-Khelaïfi. Lui aussi a évolué en même temps que son entraîneur. Il a bien compris qu'un sacre en Ligue des Champions passait par là. Et que Blanc avait tout autant de chances que les autres de concrétiser son rêve.

 
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