Ligue des Champions - Monaco : Les promesses ne résisteront pas à tout

Ligue des Champions - Monaco : Les promesses ne résisteront pas à tout©Media365
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Geoffrey Steines, publié le mercredi 10 mai 2017 à 08h14

L'emballante campagne européenne de l'AS Monaco s'est arrêtée mardi en demi-finales de la Ligue des Champions contre la Juventus Turin. L'avenir semble promis à cette équipe qui a ébloui le continent cette saison. A moins qu'elle n'explose de toutes parts dès la prochaine intersaison.

Il y a d'un côté cette envie d'y croire, cet espoir non feint que cette demi-finale de Ligue des Champions en appelle d'autres et que l'AS Monaco y reviendra plus forte, dès la saison prochaine. Il y a de l'autre le réalisme froid du projet monégasque, basé sur une folle course à la plus-value depuis trois ans, pour laquelle les dirigeants auraient tout intérêt à faire fructifier l'incroyable parcours de leur équipe en vendant leurs pépites au meilleur prix. Entre les deux, il y a un club qui se trouve déjà à la croisée des chemins, alors même que son histoire d'amour avec la Ligue des Champions ne faisait que commencer. Sa belle épopée, stoppée par la Juventus Turin mardi après deux manches où l'ASM n'a tout simplement pas fait le poids, pourrait bien rester une promesse sans lendemain, un séisme sans réplique. Parce que ceux qui l'ont rendu possible ne seront peut-être plus là l'été prochain.

Et pourtant, ce n'était pas gagné...

Que ce serait dommage que ce groupe explose après une seule année de vie commune, tant ce qu'il a montré a enchanté la France, et bien au-delà. En lice depuis le 27 juillet dernier et le troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions, Monaco a franchi les étapes une à une en allant chercher toujours plus loin les ressources pour repousser ses limites. Ce n'était pourtant pas gagné d'avance de sortir successivement Fenerbahçe et Villarreal au cœur de l'été, quand l'effectif apprenait encore à se découvrir. Ce n'était pourtant pas gagné d'avance de s'extirper d'un groupe homogène à défaut d'être insurmontable (Tottenham, Bayer Leverkusen, CSKA Moscou). Ce n'était pourtant pas gagné d'avance d'éliminer le Manchester City de Pep Guardiola, qui n'avait jamais quitté la Ligue des Champions avant le dernier carré dans sa carrière d'entraîneur. Ce n'était pourtant pas gagné d'avance d'imposer sa loi à un Borussia Dortmund qui lui ressemblait et qui paraissait plus mur.

Une impression de facilité quasi déconcertante

L'ASM a fait fi de tout ça. Portée par son insouciance, son style débridé et son enthousiasme débordant, elle a tout renversé sur son passage, même les conventions dont elle s'est affranchie avec plaisir. Claquer trois buts à chaque match en huitièmes de finale puis en quarts de Ligue des Champions, ce n'est pas dans les standards habituels au haut niveau européen. Les Monégasques l'ont fait, en diffusant une impression de facilité quasi déconcertante. A la baguette s'est trouvé un Leonardo Jardim qui s'est imposé dans la cour des grands entraîneurs de son temps, un an à peine après avoir été tout proche de prendre la porte sous la pression de ses dirigeants. L'entraîneur portugais est passé du statut de technicien bétonneur à coach au jeu séduisant et aux préceptes offensifs. Il faut dire qu'il a aussi profité de l'éclosion de Kylian Mbappé, de la renaissance de Radamel Falcao, de l'émergence de Jemerson, de la progression du duo Fabinho-Bakayoko, du renouveau de Benjamin Mendy. Le hic, c'est que si la moitié des joueurs cités ici est encore présente sur le Rocher la saison prochaine, ce sera déjà bien.

Le risque de toujours repartir de zéro

La surexposition médiatique de l'ASM depuis trois mois pourrait à la fois sublimer ce pour quoi elle travaille depuis des années, à savoir réaliser des profits sur la revente de ses joueurs, et précipiter sa perte de compétitivité. En repartant de zéro après chaque saison, elle prend des risques qui l'exposent à des années difficiles dans un secteur ultra-concurrentiel comme le football. L'été dernier, elle n'avait pas été très sollicitée par les clubs, au sortir d'un exercice cahin-caha à tous les niveaux. Elle avait ainsi pu se renforcer tout en travaillant dans la sérénité, avec un groupe au complet tôt. A coup sûr, ce ne sera pas le cas cette fois, où des incertitudes pourraient s'étirer jusqu'aux derniers jours d'août et pourrir sa préparation. Mais après tout, l'ASM est allée de surprise en surprise ces dernières semaines et rien n'interdit de penser qu'elle en réserve de nouvelles pour les prochains mois. Mais le défi risque d'être encore plus grand. Peut-être trop pour être digne des promesses de cette saison pas comme les autres.

 
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