D'indésirable à indispensable, la belle revanche de Falcao

D'indésirable à indispensable, la belle revanche de Falcao©Media365
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Alessandro Pitzus, publié le jeudi 18 mai 2017 à 08h35

Le voir soulever l'Hexagoal était quelque chose de difficilement imaginable il y a neuf mois. Parce qu'on voyait mal Monaco mettre fin à l'hégémonie du PSG, surtout avec Radamel Falcao dans les rangs de l'ASM.

Au départ, le Colombien ne faisait même pas partie de ses plans initiaux pour cette saison. Il est resté sur le Rocher faute d'offres concrètes, un peu par la force des choses. Son salaire (10 millions d'euros par saison), son âge (31 ans) et sa fragilité physique n'incitaient pas à l'optimisme. Mais le « Tigre » est un prédateur conquérant, un félin qui a de la ressource. Son histoire, c'est celle d'un attaquant passé par les pires épreuves qui a finalement entrouvert la porte du renouveau pour s'offrir une seconde jeunesse.

« Fini pour le foot » ? Que nenni

22 janvier 2014 : Monaco dispute un seizième de finale anodin contre Chasselay (CFA) à Gerland. L'ASM ouvre le score, domine, puis c'est le drame. Quelques minutes après son but, Falcao s'écroule et se tord de douleur après un tacle maladroit de Soner Ertek. Son genou gauche vient de lâcher. Sa rupture des ligaments croisés brise son rêve de Coupe du Monde 2014, sa première saison avec l'ASM prend une tournure dramatique. Pendant que James Rodriguez flambe au Mondial avec les Colombiens et signe au Real Madrid dans la foulée, club où l'ancien joueur de l'Atlético avait été annoncé pendant un temps, Falcao quitte temporairement la Principauté. Un prêt à Manchester United, puis un autre à Chelsea, où José Mourinho l'envoie faire un tour avec les U23. Deux expériences infructueuses et douloureuses. Certains le disent « fini pour le foot », d'autres pensent qu'on ne le reverra plus jamais fouler une pelouse française, ils avaient tous tort.

Expérience et savoir faire

Falcao avait pourtant prévenu : « Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort, indiquait-il dans un entretien accordé à CNN en avril dernier. Monaco m'a toujours soutenu. Mes expériences, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, m'ont fait grandir. Les dirigeants connaissent mes qualités sportives, mais aussi humaines. Je suis toujours le même joueur ». Se réinventer, prendre un nouveau départ, ce n'est pas à la portée de n'importe quel joueur, surtout quand on a dépassé la trentaine. Mais Falcao n'est pas un attaquant lambda, il fait partie du gratin. Ce qui a été le plus impressionnant dans un premier temps, c'est de le voir afficher autant de grinta, autant d'envie, alors que plus personne ne semblait croire en lui. Même quand son nom a été cité dans les « Football Leaks », il a gardé le cap sans jamais envoyer le moindre signal négatif. Le Colombien n'a plus la même vivacité, plus le même coup de rein, plus la même puissance, mais il y a une qualité qui traverse les âges et les époques : la précision. Devant le but, le Sud-Américain a mis à profit sa science du placement pour mieux renaitre.

Pour vivre heureux, il a vécu caché

Même une blessure en début de saison ne l'a pas empêché d'empiler les buts. Avec 21 pions en 28 matchs, seuls le Lyonnais Alexandre Lacazette (26) et le Parisien Edinson Cavani (35) ont fait mieux que lui. Quand il avait été transféré en 2013 à Monaco, Falcao était la star de l'ASM, celui qui attirait tous les projecteurs. En 2017, le capitaine monégasque s'est habitué à être un rouage parmi les autres dans cette formidable machine à gagner. Ce rôle en retrait lui a fait le plus grand bien. C'est probablement pour ça qu'il a autant brillé en L1 et en Ligue des Champions. L'absence de blessure a aussi beaucoup joué sur sa forme et son influence sur le groupe. Les dirigeants monégasques avaient déjà évoqué avec lui l'hypothèse d'un retour lorsqu'il était en prêt à Manchester United. L'idée a mis deux ans à prendre forme. Avec son expérience et sa renommée, le Sud-Américain est apparu comme l'un des cadres du vestiaire.

Radamel, le grand frère

Son aura et sa présence ont eu un rôle auprès des plus jeunes, à l'image de Kylian Mbappé. « Débuter à côté d'un joueur comme Falcao, il n'y a pas mieux pour apprendre, a indiqué l'international français il y a quelques semaines. Juste en le regardant, on comprend mieux après ce qu'il faut faire. Il ne laisse rien au hasard, chaque détail compte avec lui. On a de la chance de l'avoir avec nous. C'est le leader dont on avait besoin. » Et en bon leader, Falcao, qui a entamé des négociations pour prolonger son contrat (il est lié à l'ASM jusqu'en 2018), n'a pas hésité à assumer son rôle de grand frère avec son jeune coéquipier : « Il a tout pour être un grand joueur. Il peut faire de grandes choses, mais il faut le laisser tranquille. Ne pas lui mettre trop de pression. Il sera bon s'il fait les choses correctement ». Et Falcao sait de quoi il parle. Il a dû attendre plus de trois ans pour enfin trouver le bonheur sur le Rocher.

 
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