Lacazette: "Avoir la confiance du coach"

Alexandre Lacazette veut continuer à progresser à Lyon. (Reuters)

Alexandre Lacazette veut continuer à progresser à Lyon. (Reuters)

Alexandre Lacazette commence à faire son trou du côté de l'Olympique Lyonnais. Pas toujours titulaire, l'international espoirs de 21 ans apporte son dynamisme à l'équipe de Rémi Garde, qui a toute confiance en lui. Le Lyonnais se livre au milieu d'une semaine cruciale avec les matches contre Bilbao et Marseille.

Alexandre, dans quel état d’esprit abordez-vous les deux tests à venir pour l’OL, face à Bilbao jeudi et à Marseille dimanche ?
C’est vrai qu’il y a là deux gros matches qui nous attendent: un premier rendez-vous qui peut nous permettre de faire un grand pas vers la qualification en Europa League et puis, ce déplacement forcément alléchant chez  un concurrent dans la course au podium. Après, je ne sais pas si on peut vraiment parler de tests. C’est sûr que, dans un sens, ces gros matches vont nous permettre de savoir un peu plus où nous en sommes, maintenant, il ne faut pas non plus les aborder en pensant que selon ce qui arrive, il faudra revoir tous nos principes de jeu. On doit surtout penser à être performants.

Le fait d’avoir renoué avec le succès dimanche contre Brest (1-0), après trois matches de L1 sans victoire, et même si la manière n’était pas forcément au rendez-vous, vous donne-t-il un peu plus de sérénité ?
C’est toujours positif, d’autant que Brest était difficile à jouer car il évoluait bas et très regroupé, c’est surtout lui qui nous a empêchés d’offrir du beau jeu.… Mais bon, globalement depuis le début de saison, je pense qu’on produit du beau jeu et dès jeudi, contre Bilbao, il faudra mettre beaucoup d’énergie dans notre match car c’est une équipe qui aime courir et faire courir son adversaire.

Une formation espagnole plutôt joueuse donc… En tant qu’attaquant, cela doit sans doute vous plaire, non ?
Bien sûr qu'on aime qu’il y ait des espaces pour pouvoir s’exprimer. Après, je me dis qu’il faudra aussi que j’aie la chance d’être sur le terrain car le coach a un gros effectif et effectue pas mal de turn-over. Mais c’est vrai que ceux qui seront alignés seront, je pense, contents…

Une victoire, en tout cas, serait précieuse dans la course à la qualification, avec neuf points en trois journées, l’affaire se présenterait bien…
Oui, gagner pour être en bonne place pour la «qualif» mais aussi parce qu’à la maison, on a envie de tout remporter, de faire carton plein. En championnat, contre Bordeaux, on a déjà connu un faux (défaite 0-2)… Or devant notre public, on a envie de bien faire.

"Objectif Ligue des champions"

Des supporters lyonnais qui pourraient voir leur équipe en tête de la L1 dimanche au coup de sifflet final d’OM-OL (si le PSG ne gagne pas la veille à Nancy), y pensez-vous ?
Oui, on se le dit, ce serait une belle récompense et cela va nous motiver. Seulement avant, il y a tout de même 90 minutes à jouer, et face à une grosse équipe…

Cette possibilité d’être leader, vous l'accueillez avec un petit sourire en coin. Pourquoi ? Parce que vous vous dîtes qu’il y a un bon coup à jouer ou parce que vous trouvez que ce serait une belle réponse aux interrogations que l’on se posait sur l’OL pendant l’été ?
Pour répondre à tout cela. Mais surtout, parce que collectivement comme individuellement, c’est toujours gratifiant et encourageant d’être premier de son championnat. Nous, on a l’objectif de disputer à nouveau la Ligue des champions la saison prochaine et cela passe par un parcours en haut de tableau.

Pour l’instant, vous avancez à une moyenne de deux points par match, la moyenne d’un champion a-t-on l’habitude d’entendre…
(Il coupe) En tout cas, la moyenne pour finir sur le podium ! C’est donc un rythme qu’il faut garder et nous, de toute façon, on veut continuer sur cette lancée qui est de produire du jeu et gagner nos matches.

Personnellement, comment vivez-vous votre changement de statut en ce début de saison, «quasi-titulaire» désormais  (troisième temps de jeu des attaquants lyonnais, devant Jimmy Briand et Michel Bastos) ?
Déjà, je suis content d’avoir la confiance du coach, de savoir qu’il compte sur moi. Je suis content aussi d’enchaîner les matches, même si le coach fait bien sûr parfois tourner. On a longtemps laissé entendre que je ne pouvais pas répéter les efforts et à toutes ces personnes qui pensaient que je n’en étais pas capable, je leur démontre le contraire. Aujourd’hui, j’ai pris en volume de jeu, je peux enchaîner les courses, que ce soit défensivement comme offensivement… Même si je n’ai pas trouvé encore le chemin des filets, je pense que j’aide l’équipe.

Concernant cette absence de buts, on imagine qu’il y a une certaine forme d’impatience…
C’est sûr qu’un joueur offensif est jugé sur ses statistiques mais après, l’essentiel reste tout de même l’équipe et jouer le haut de tableau. Si je mets quinze buts et qu’on finit derniers ou zéro mais en étant champions, au final, ma joie sera surtout d’être champion. Alors maintenant, c’est sûr que j’aimerais bien trouver l’ouverture, histoire de passer à autre chose. Mais je ne me fais pas de souci, je continue de bosser à l’entraînement et il n’y a aucune raison que cela ne paie pas.

Le paradoxe, c’est qu’avant, vous vous distinguiez par vos buts alors que vous étiez utilisé comme joker et là, vous ne marquez pas avec plus de temps de jeu…
Mais avec les Espoirs, j’ai montré que je savais marquer en étant titulaire, donc c’est juste une coïncidence, rien de plus.

La sortie des Espoirs ? "Il y a plus grave..."

A propos des Espoirs, impossible de ne pas revenir sur cette désillusion lors du barrage de l’Euro contre la Norvège… Un mot, d’abord, sur votre exclusion pour coup de tête sur laquelle Rémi Garde a confié être revenu devant tout le groupe. Comment avez-vous vécu ce recadrage ?
Ce qu’il a dit était tout à fait normal, il n’y avait rien de choquant, ni de méchant, d’autant que, devant tout le groupe, il n’a pas, non plus, été trop dur avec moi… Voilà, la vérité, il l’a dite et je la connais: j’ai fait une erreur.

Avec le recul, êtes-vous surpris d’avoir eu cette réaction, vous qui n’êtes pas particulièrement réputé pour ce genre de gestes ?
Etonné, je ne sais pas… C’est vrai que je ne suis pas habitué à prendre des rouges, j’en ai eu un seul, je crois, avec les moins de 15 ans. Mais bon, après, c’est un moment qui se passe en une fraction de seconde, voilà, c’est du passé.

Et sur cette virée nocturne de certains de vos partenaires, quelle est votre position ? Au coup de sifflet final d’OL-Brest dimanche, vous disiez que nous, journalistes, en faisions beaucoup trop à ce sujet. Vous avez même ajouté: "Bon, je comprends que cela vous fasse gagner de l’argent"… mais cela nous fait pas gagner davantage d’argent pourtant !
J’ai sans doute dit ça un peu vite... En revanche, oui, je trouve que vous exagérez sur ce sujet. Qu’on en parle dans L’Equipe, OK, mais au journal télévisé de 20h… Il y a tout de même plus grave dans le monde. Et puis, certes, ils n’avaient pas à sortir, c’est une erreur et là-dessus, je suis tout à fait d’accord avec vous. Mais qu’on en déduise que leur sortie a causé notre élimination, cela m’ennuie.

Reconnaissez tout de même que, vis-à-vis d’une équipe qui travaille depuis des mois pour atteindre un objectif, l’attitude de vos cinq partenaires apparaît choquante, ils oublient totalement le collectif, non ?
C’est une manière de voir les choses mais prenons l’exemple d’Antoine (Griezmann): il est sorti mais, face à la Norvège, il marque. Est-ce qu’on peut dire qu’il se fout de l’équipe ? Sur le terrain, il a tout donné, il a bien aidé l’équipe ! Voilà, est-ce qu’il faut voir derrière tout ça du «je m’en foutisme» vis-à-vis d’un collectif ? Je ne sais pas…

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