Lemoine: "Pas de souci pour M'Vila"

Fabien Lemoine lors de sa présentation officielle à Saint-Étienne, en 2011. (Maxppp)

Fabien Lemoine lors de sa présentation officielle à Saint-Étienne, en 2011. (Maxppp)

Saint-Étienne accueille Rennes vendredi soir (dès 20h45) à Geoffroy-Guichard. Qui mieux que Fabien Lemoine, formé au Stade Rennais - sa "deuxième famille" - et aujourd’hui à l'ASSE - "un des clubs qui me faisait kiffer" -, peut nous parler de ce match d’ouverture de la 10e journée du championnat de France de Ligue 1 et du contexte qui l’entoure ? Interview.

Fabien, qu'avez-vous pensé de la virée nocturne faite, entre autres, par les Rennais Yann M'Vila et Chris Mavinga alors qu’ils étaient en équipe de France espoirs ?    
Ils sont conscients de l’erreur qu'ils ont faite. Le club les a sanctionnés, c'est courageux. Peut-être que cela va leur faire comprendre que ce n’était pas à faire et que ce ne sera pas à refaire.

Vous connaissez bien M'Vila. Le croyiez-vous capable de commettre une telle bêtise ?   
En fait, on en parle beaucoup car Yann a aussi eu un petit souci à l’Euro, il a déjà été en commission. Du coup, on n'a pas manqué de lui tomber dessus parce que c'est encore lui. Le problème est qu'il s'est fait attraper ; si personne n'avait rien vu, ce serait passé. Ils n'ont pas fait un match exceptionnel, ils se sont fait éliminer assez lourdement (5-3, ndlr) en Norvège donc cela a pris une ampleur importante. Pour lui, c'est une double sanction: il va être sanctionné par l'équipe de France, il est sanctionné en club. Il aurait dû faire profil bas et rester tranquille.

Doit-on s’inquiéter pour lui et Mavinga ? Ce dernier a été expulsé au bout de sept minutes de jeu en CFA le week-end passé…        
Pour Yann, je ne me fais pas trop de soucis parce que, de par ses qualités, c'est un garçon très important pour le Stade Rennais, on sait de quoi il est capable. Même si le club le sanctionne un bout de temps, il reviendra et rejouera, sa carrière continuera. Mavinga, je ne le connais pas trop, je ne l'ai pas côtoyé très longtemps. Dans le foot, cela va tellement vite que sur une erreur tout peut basculer. L’année dernière, de ce que j'ai vu, il n'a pas eu une saison évidente et, là, il commençait à s'imposer… Je ne sais pas combien de matches il va prendre, mais il peut prendre cher. J'espère pour lui que cela ne va pas être préjudiciable pour la suite de sa saison.

Personnellement, auriez-vous pu les suivre à Paris ?    
Non, cela ne me serait pas venu à l’idée. Surtout qu'ils se trouvaient assez loin quand même (au Havre, ndlr)… Ce n'est pas comme s'ils étaient à côté: il a fallu organiser le déplacement. C'est une erreur, cela fait partie du jeu.

Avez-vous comme nous le sentiment que les dirigeants rennais ont décidé de taper du poing sur la table ?  
De ce que j'ai lu, le club a décidé de mettre un accent sur la discipline. Depuis qu'il est revenu, le président (Frédéric de Saint-Sernin, ndlr) a voulu mettre en place des règles que les joueurs doivent respecter: je crois qu'ils n'ont pas le droit de sortir dans un lieu public 48 heures avant le match ou des choses comme cela. Au niveau de la discipline, ils ont voulu mettre plus de rigueur que par le passé, ils vont au bout de leurs intentions en sanctionnant ces joueurs.

Le Stade Rennais était ma deuxième famille, le club de ma région, mon club de cœur

Fabien Lemoine

Que représente Rennes à vos yeux ?  
Une grande partie de ma jeunesse. Au niveau du foot, quatre années pros quand même. Quand je suis parti, j’entamais ma douzième année… Le Stade Rennais était ma deuxième famille, le club de ma région, mon club de cœur donc, forcément, quand je suis parti, cela m'a fait bizarre, cela m'a fait quelque chose.

Vous avez grandi à Saint-Étienne-en-Coglès (Ille-et-Vilaine), aviez des posters de joueurs stéphanois sur les murs de votre chambre… Était-ce votre destin de rejoindre le Forez ?     
Je ne sais pas. À l'époque où j'étais encore titulaire à Rennes, je ne me voyais pas rejoindre un autre club en France, à part Sainté qui avait un truc différent des autres. Quand j'étais plus jeune, je suivais leurs résultats, il m’arrivait de mettre leur maillot pour aller voir la télé au centre de formation du Stade Rennais. J'étais un supporter, j'aimais bien le Chaudron, les ambiances, je n'y avais jamais été mais on voyait tout cela à la télé. C'étaient un des clubs et un des stades qui me faisaient kiffer. Quand on a décidé d’arrêter avec Rennes, au début il n'y avait pas Sainté, je devais aller à Évian ; quand Sainté s'est présenté, je n'ai pas hésité une seconde.

Et c'est ce à quoi vous vous attendiez ?
C'est encore mieux ! J'avais une appréhension aussi de changer de vestiaire, de repartir un peu de zéro dans un club que je ne connaissais pas du tout alors qu'à Rennes je connaissais tout le monde, je connaissais le club par cœur. Mais j'ai trouvé un club exceptionnel, un groupe exceptionnel aussi, donc on a passé vraiment de très, très bons moments l’année dernière. J'espère que cela va continuer.

Pensez-vous encore à votre accident subi en août 2010 qui a entraîné l’ablation de l'un de vos reins ?
Au début, je profitais, quand j'étais sur le banc je me disais: "Ce n'est pas grave. Avec ce que tu as vécu, ce n'est rien. Tu joueras peut-être le prochain match." Aujourd'hui, c'est du passé. Je prends toujours du plaisir à jouer, mais je ne prends pas plus de plaisir parce que je n'ai qu'un rein et que j'ai failli passer à côté de la vie. Quand je suis sur le banc, je suis très déçu ; quand l'équipe perd, je suis très déçu et je ne me dis pas: "Fab, ce n'est pas grave, il y a pire dans la vie." Maintenant que je suis revenu à mon niveau, je n'y pense plus du tout.     

Retrouvez tous les matches de Ligue 1 en direct vidéo sur votre mobile !

Pariez sur le football avec PMU.fr, jusqu'à 170€ offerts !

dernier match
en images
Elles sont arrivées Contrefaçons La Coupe pour le Real Faire sans lui La réponse de Giroud