Chauvin: "Savoir ce qu'on veut"

À Brest, Landry Chauvin est moins sollicité qu'à Nantes. (Maxppp)

À Brest, Landry Chauvin est moins sollicité qu'à Nantes. (Maxppp)

Incapable de gagner depuis le 22 septembre, Brest reçoit Lorient vendredi soir à Francis-Le Blé en ouverture de la 11e journée du championnat de France de Ligue 1. Pour son entraîneur Landry Chauvin, "c'est avant tout un problème de confiance" si le SB 29 n’arrive plus à s’imposer. "Il faut s’appuyer sur ce que l'on a fait à domicile depuis le début de saison. Même si tout n'a pas été parfait, on est quand même invaincus, on en est à trois victoires, un nul. Ce n'est pas rien", dit-il.         

Landry, comment expliquez-vous les difficultés rencontrées par Brest à l’extérieur (6 matches joués, 6 défaites) ?
C'est avant tout un problème de confiance. On n'a pas encore trouvé le juste équilibre entre bien défendre ensemble, ce qui était la force de l'équipe les saisons précédentes, et plus de maîtrise offensive comme je souhaiterai qu'il y en ait cette année. On a alterné entre des fessées, je pense à Saint-Étienne (4-0, ndlr) et à Nice (4-2, ndlr), et d'autres matches que l'on a mieux maîtrisés mais où l'on n'a pas eu ce petit soupçon de réussite. Il faut aller le provoquer.

Ce "juste équilibre", l'avez-vous déjà aperçu cette saison ?    
On l’aperçoit par séquence mais pas encore sur la continuité d'un match. C'est pour cela qu'il faut que les joueurs prennent conscience de leurs qualités et aillent au bout de leurs intentions.

Dans les minutes qui ont suivi la défaite à Toulouse (3-1) samedi dernier, vous étiez très en colère contre votre équipe…      
À chaud, bien évidemment, on est en colère parce qu'on n'a pas revu les images. Quand on les revoit, on a tenu Toulouse pendant une demi-heure. C'est ce premier but qui nous fait mal et le deuxième est entaché d'une grosse faute que je n'avais pas vu à chaud, une grosse faute de (Moussa, ndlr) Sissoko sur (Ahmed, ndlr) Kantari… Derrière, c'est plus compliqué de rentrer à la mi-temps avec deux buts d'écart. Là, la déception est atténuée et on fait un métier où le match le plus important est toujours celui qui est à venir, donc il faut vite se projeter dans le suivant.

Vous avez quand même dit à nos confrères du Ouest-France: "j'ai l'impression que l'on n'avance pas" ou encore "nous ne pourrons pas survivre en Ligue 1 en ayant ce genre de comportement". Ce sont des mots durs       
À un moment donné, il faut aussi savoir ce que l'on veut. Quand on fait un pas en avant un week-end, on fait un pas en arrière le week-end d’après donc c'est compliqué. Aujourd'hui, on doit mesurer la chance que l'on a d'être en Ligue 1 même si on sait que ce sera très compliqué comme les deux saisons précédentes où l'équipe s'est sauvée à la dernière journée. Il faut donner encore un petit peu plus parce qu'on ne peut pas se permettre d'être simplement moyens.

Au début de cet entretien, vous parliez de "problème de confiance". Comment le résoudre ? 
En montrant essentiellement du positif, bien sûr. Il faut s’appuyer sur ce que l'on a fait à domicile depuis le début de saison. Même si tout n'a pas été parfait, on est quand même invaincus, on en est à trois victoires, un nul. Ce n'est pas rien.

Êtes-vous pour un préparateur mental dans les clubs de football ?   
Personnellement, non. C'est un truc à la mode en ce moment, je sais qu'il y a un vaste débat là-dessus. Moi, aujourd'hui, je ne suis pas partisan d'un poste spécifique dans ce domaine-là. C'est un avis personnel.

"J'ai sans doute sous-évalué certains côtés"

Pour vous, ce domaine incombe également à l’entraîneur ? 
Oui. Je pense qu'on reçoit une formation qui est suffisamment intéressante pour pouvoir pallier à tout cela. En tout cas, c'est comme cela que je le conçois.

De votre côté, y a-t-il des choses que vous auriez pu faire différemment dans la gestion de votre groupe notamment ?  
Sûrement. Après vous savez, quand on arrive dans un nouveau club, on doit tirer la quintessence de l’effectif que l'on a. Il y avait beaucoup de joueurs qui étaient en reprise en début d'année, qui avaient été longtemps blessés l'année dernière qu'il a fallu remettre sur pied. J'avais sans doute sous-évalué ce côté-là. Petit à petit, on retrouve toutes nos forces mais il faut du temps à quelqu’un qui a été arrêté longtemps pour pouvoir retrouver son meilleur niveau. Dans un premier temps, cela a sans doute tiré le groupe vers le bas. Aujourd'hui, cela commence à s’équilibrer. Je sais qu'il faut qu'on fasse le dos rond parce qu'à un moment donné on récoltera forcément les fruits de notre travail.

Vous êtes le seul coach en Ligue 1 a ne pas avoir été footballeur professionnel. Est-ce un avantage ou un désavantage d’après vous ?    
Je ne me pose pas cette question-là. J'ai passé 15 ans et demi au Stade Rennais où j'ai connu tous les postes, c'est ma cinquième saison à la tête d'une équipe professionnelle… J'estime avoir un vécu qui me permet d'être légitime. Je sais d'où je viens, ce qui me permet de rester humble en toute circonstance. C'est comme cela que je vois les choses.

Avant la Ligue 1 avec Brest, vous avez connu la Ligue 2 à Sedan (2008-2011) puis à Nantes (2011-2012). Quelle est la principale différence entre ces deux Championnats de votre point de vue ? 
Un club comme Brest n'est pas un club qui fait la une des médias tous les jours, donc on bosse quand même dans une certaine tranquillité. Cela me fait penser un petit peu à Sedan quand j'étais arrivé. On sait qu'on a peu de moyens, il faut être malin dans le recrutement notamment. J'espère qu'on aura suffisamment de temps pour installer la philosophie de jeu que j'avais pu installer à Sedan en trois ans. Mais, par exemple, je suis moins sollicité qu'à Nantes.

Suivez-vous encore les résultats des Sangliers et des Canaris ?
J'ai gardé des contacts avec des gens de ces deux clubs respectifs. J'espère de tout cœur que Sedan va se relever (le CSSA est dernier, ndlr). Pascal Urano (le président, ndlr) ou Michel Rouquette (le coordinateur sportif, ndlr) s’investissent tellement dans ce club…

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