Garcia: "Garder notre ligne de conduite"

Rudi Garcia profite de la trêve internationale pour dresser un premier état des lieux. (Reuters)

Rudi Garcia profite de la trêve internationale pour dresser un premier état des lieux. (Reuters)

L'entraîneur du Losc, Rudi Garcia, a profité de la trêve internationale pour dresser un premier état des lieux, après un début de saison des plus poussifs. Conscient de traverser une "période difficile", le coach des Dogues demande du temps, mais ne désespère pas de l'emporter à Bordeaux, lors du prochain match.

Rudi, cette trêve est-elle l’occasion de remettre à niveau physiquement votre groupe ?
On travaille un peu de tout. Le physique en fait partie, mais on ne fait pas que cela. On axe aussi nos séances sur le plan technique, mental ou encore tactique. Ce mercredi matin, la séance insistait effectivement sur la notion de duels, et tout ce que ça comporte comme l’impact athlétique, l’investissement physique et le fait d’être mentalement prêt à répondre à ce genre de travail. C’est l’avantage de pouvoir travailler sans avoir un match qui arrive vite. L’inconvénient, c’est de le faire sans les huit internationaux qui ont rejoint leur sélection en début de semaine.

Profitez-vous de cette période de trêve pour vous détendre ou travaillez-vous plus ?
On ne bosse pas plus mais différemment. Les fenêtres pour travailler sont plus importantes car il y a moins de récupération. Ce n’est pas spécialement plus détendu. C’est comme d’habitude.

La victoire contre Ajaccio a-t-elle malgré tout enlevé un poids sur les épaules de vos joueurs ?
Il y a ce sentiment d’avoir su réussir à gagner de nouveau. Les joueurs sont peut-être plus sûrs d’eux, mais je ne vois pas de grande différence. Il était important de gagner car on ne pouvait pas revenir sur le terrain rapidement à cause des quinze jours de trêve. Il fallait profiter d’un sentiment plus léger durant cette période, car après une défaite, on veut à l’inverse toujours revenir très vite sur le terrain et montrer qu’on peut faire un bon résultat. Ça travaille bien et les différentes séances permettent d’entretenir les qualités ainsi que de corriger quelques lacunes. Et d’intégrer de temps en temps un jeune ou deux.

Et de vider l’infirmerie ?
Oui. Car Salomon Kalou et Marvin Martin sont en train d’être remis sur pied. Ils ont travaillé jusqu’à mercredi de manière individuelle. Ce jeudi, ils vont recommencer à toucher le ballon tous les deux et poursuivre leur travail de course. En principe à partir de lundi, ils seront disponibles pour le groupe.

Quelles sont les nouvelles de Rio Mavuba, opéré lundi matin d’une lésion au ménisque gauche ?
Il est avec nous Rio car dès mardi matin il a entamé des soins. On surveille son genou pour qu’il n’y ait pas de mauvaise surprise. Franchement, c’est assez bluffant. Il marche normalement. L’intervention s’est bien passée. Maintenant on verra. On est dans la fourchette de six semaines à trois mois. On va voir comme son genou réagit. Pour l’instant, il n’y a pas grand chose à faire. Il fait des soins, on met de la glace et on verra comment ça évolue. Rio est notre capitaine. Même blessé, je sais qu’il va continuer à assumer ses responsabilités.

La période entre Copenhague et Ajaccio est-elle la plus difficile que vous ayez connue au LOSC ?
C’est peut-être la plus longue surtout pour retrouver une victoire. Maintenant, on va reprendre sur une série de 7 matchs d’affilée en 21 jours, avec la Coupe de la Ligue qui va se greffer au milieu. Il y a beaucoup de gros matches à venir et on va commencer par Bordeaux et le Bayern. Et puis ça va s’enchaîner. Il est important d’avoir tout le groupe ou un maximum de joueurs à disposition. Ceci étant, cette période difficile, elle sert aussi. Dans ces moments là, la qualité d’un groupe se révèle et le mien a toujours été concerné. Le baromètre le plus important est de savoir si les joueurs sont toujours à fond sur le terrain et pour l’instant, ils l’ont toujours été. Il n’y avait pas de raisons de penser que ça allait s’inverser. Après il y a des paramètres importants à prendre en compte comme la réussite qui nous fuyait. Contre Ajaccio, on met deux buts en cadrant trois fois. Sur d’autres matchs, on a tiré quinze fois au but en restant stériles. Il faut de la réussite et la provoquer, ce que mes joueurs ont fait. En se montrant déterminés, il n’y avait pas de raison que ça ne change pas. On verra assez rapidement dans cette nouvelle série de sept matches où on en est vraiment car tout ne va pas se régler du jour au lendemain. Les nouveaux ont été blessés ou bien certain comme Marvin n’ont pas eu une vraie préparation à cause de l’Euro. Il faudra du temps pour que cette équipe trouve sa plénitude et son potentiel. Il faut que l’on garde notre ligne de conduite.

Considérez-vous votre équipe en retard sur son tableau de marche ?
Elle avait pris de l’avance car on devait être prêts pour Copenhague, afin de qualifier le club en Ligue des Champions. Il y a vraiment du travail maintenant. On l’a dit. On ne change pas autant de joueurs en aussi peu de temps si facilement. Il faut que les nouveaux comprennent ce qu’on attend d’eux, le jeu de l’équipe. C’était parfois plus simple d’une année sur l’autre quand l’effectif ne bougeait pas ou peu. Les joueurs ont tellement de chose à intégrer. Il faut toujours insister et répéter pour que ça puisse s’ancrer pour ceux qui ont découvert l’équipe ces derniers mois.

Cela veut-il dire que vous devez revoir vos objectifs à la baisse ?
Pour l’instant ce qui compte, c’est de gagner le prochain match. Nous en sommes encore là. Ce n’est pas parce qu’il y a eu cette victoire contre Ajaccio, que nous allons gagner tous nos matchs 3-0. Bordeaux sera un rendez-vous très difficile et on va y aller pour faire le meilleur résultat possible, pour gagner. Ce qui est compliqué, c’est l’enchaînement des matches. Il y a un travail athlétique à effectuer pour répondre à cette succession de rencontres. Le fait qu’il y ait des blessés empêche de faire tourner et ça entame les organismes. Je ne nous ai pas trouvé  super bien physiquement ces dernières semaines. C’est aussi pour cela qu’on essaye de réajuster le travail. On a eu des secondes périodes poussives à Rennes, et à Valence. Là-bas, ce n’est pas que l’aspect mental qui a joué. Peut-être aussi sommes nous aussi dans le contrecoup du travail effectué pour répondre présent contre Copenhague. Avec cette trêve, c’est en tout cas très bien de pouvoir retravailler de manière à ce que le niveau entre les joueurs soit moins hétérogène.

Est-ce si compliqué pour le LOSC d’enchaîner les matchs ?
Enchaîner, c’est plus facile de le faire quand on a l’effectif du PSG que celui du LOSC. Si vous avez deux ou trois équipes et que vous pouvez interchanger les joueurs, vous conservez un niveau intéressant. Quand vous avez un groupe plus restreint, on ne peut pas demander à ceux qui découvrent la Ligue 1 de rentrer et de faire la différence. On va être plus performant si on récupère nos blessés car nous aurons plus de joueurs confirmés présents. Le LOSC fait ce qu’il peut avec ses moyens. C’est récurrent. Et on ne se plaint pas. Parfois quand les matchs s’enchaînent, il faut faire des choix. Or quand vous jouez la Ligue des champions, il n’y en a pas à faire. Et mon équipe a besoin de temps. Avec des joueurs de talent, il faut aussi être patient.

Comme Marseille, il y a un an, Le Losc peut-il se permettre une saison en milieu de tableau ?
Nous n’en sommes pas encore là car pour l’instant, ce n’est que la huitième journée. Nous allons faire en sorte de rester dans la première partie de tableau et de grignoter petit à petit quelques places pour revenir où on a envie d’être. Par contre est-ce que le costume d’outsider majeur du PSG qu’on nous a donnés en début de saison n’était pas trop grand ou très injustifié ? Je pense qu’il était très injustifié si on analyse les forces en présence. Ça nous a peut-être endormis un peu. Le club s’est qualifié contre Copenhague après avoir fait un premier match où on s’est mis en difficultés, il y a aussi eu ce succès à Saint-Etienne (2-1, 1ère journée, ndlr)… Inconsciemment, on s’est dit que ça allait le faire, puis les pépins se sont accumulés, le manque de réussite aussi et après c’est l’histoire d’un engrenage un peu négatif. On l’a stoppé contre Ajaccio et il fallait le faire. Je souligne tout de même que nous sommes les seuls engagés en Coupe d’Europe à l’avoir emporté le week-end dernier. Ça montre que l’enchaînement des matches, avec la Ligue des Champions, est préjudiciable en L1. Gagner avant et après la C1, c’est très compliqué car ça dévore l’esprit et ça vous mange physiquement. Battre Ajaccio était donc un vrai bon résultat même si la manière aurait pu être meilleure. Gagner comme cela, ça prouve que le groupe va bien. Il ne faut pas vous inquiéter pour lui, il va bien.

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