Méfiez-vous de l'Inter qui dort

Au contraire de son rival rossonero, l'Inter Milan ne semble pas marquée par l'ombre du fair-play financier qui menace la santé de la Serie A. La large victoire à Pescara (0-3), lors de l'ouverture de la saison, a confirmé le nouveau départ pris par le club lombard, renforcé intelligemment pendant l'été. De quoi soulever l'enthousiasme de tifosi frustrés par la gestion de l’après-Mourinho avant la rencontre contre l’AS Roma, dimanche.

Crise, austérité, fair-play financier, redimensionnement budgétaire. Blablabla. A Milan, temple de la mode bling-bling, la tendance automne-hiver était à l’alarmisme et la remise en question avec une collection plus cheap que chic. Mais, alors que le club rossonero était contraint de se séparer de ses meilleures pièces (Ibrahimovic, Thiago Silva, Nesta) et de ses classiques best-sellers (Gattuso, Seedorf, Zambrotta, Inzaghi), les dirigeants de l’Inter n’ont pas fait dans la mise aux enchères pour réduire leur train de vie. Un drôle de paradoxe quand on sait que le président Massimo Moratti avait annoncé fin mai, la mâchoire serrée et le front luisant, devoir geler les dépenses et se contenter d’un mercato au rabais. Mais l’homme fort de l’Inter avait, une nouvelle fois, bien caché son jeu.

Car, dans l’ombre d’un précédent exercice, conclu à une triste sixième place, Moratti préparait sa revanche face au kop de la Curva Nord qui s’interrogeait sur sa gestion de l’après-Mourinho. Un ras-le-bol tel qu’en mars dernier, le virage ultra nerazzurro remettait en cause les compétences d’un passionné qui les avait gavés de succès en 2010 (année du Triplete), déplorant même son absence des affaires quotidiennes du club. Une éclipse nécessaire pour mieux prendre la lumière cet été lorsqu’il annonça le fameux «An Zéro» pour l’Inter. Un nouveau départ, une nouvelle équipe, un nouveau modèle économique. Blablabla, le refrain est connu. On commence doucement avec la mort de symboles forts comme la disparition de tout trophée sur le maillot et des mesures contestables et contestées comme l’élaboration d’une tunique extérieure entièrement rouge, censée évoquer les couleurs de la ville lombarde. Puis on enchaîne crescendo sur un second couplet beaucoup plus économique.

Reine des bonnes affaires

C’est là qu’intervient le «dio denaro» (argent dieu) dans la stratégie intériste. Conscient de ne plus pouvoir s’offrir les futurs cracks sud-américains, Moratti a cherché à optimiser ses ressources actuelles en se basant notamment sur son florissant centre de formation (trois Scudetti remportés sur quatre possibles chez les jeunes sans oublier le titre européen NextGen Series). Une cantera sur laquelle compte s’appuyer l’entraîneur Andrea Stramaccioni (36 ans), promu de la Primavera et connaisseur averti de cette prometteuse génération : "Pour chacun d’eux, il y a un projet bien précis, l’important est d’avoir les idées claires." Plus question donc de lâcher ses gamins dans la nature comme Balotelli, Santon, Destro ou Bonucci et d’entretenir cette perte d’identité du football italien. En revanche, ce vent de renouveau doit s’accompagner d’une réduction de la masse salariale, jugée comme la priorité estivale numéro une. Ciao les pré-retraités Julio Cesar, Lucio, Maicon, Forlan et tutti quanti. Et ceux qui veulent à tout prix rester (Chivu) sont priés de baisser leurs prétentions.

La raison aurait enfin pris le pas sur la folie dans le cerveau aliéné de Moratti ? Oui mais non, parce qu’à l’heure des comptes, l’Inter s’est nettement renforcée après un début de mercato où tous les joueurs convoités filaient systématiquement chez la concurrence, faute de fonds disponibles. Mais en voyant des valeurs sûres de la Série A rejoindre progressivement les rangs nerazzurri comme Handanovič (meilleur gardien en 2011 avec Udine) ou Palacio (38 buts en 100 matches avec le Genoa), les observateurs ont révisé leur jugement sur cette équipe pas taillée, au départ, pour le Scudetto. D’autant que les signatures successives de Cassano (AC Milan), Gargano (Naples) et Álvaro Pereira (Porto), fin août, lui donnent une force de frappe encore plus intéressante. D’ailleurs, le trio Sneijder-Milito-Cassano a souhaité, à sa manière, la bienvenue à Pescara pour son retour dans l’élite (0-3) et soulevé une euphorie inattendue à Pineta. Un camp d’entraînement intériste où seule une image reste immuable : celle de Javier Zanetti, 39 ans et 800 matches en Nerazzurri, menant les footings de décrassage.

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