Grazie Prandelli !

Cesare Prandelli a révolutionné le jeu italien. (Reuters)

Cesare Prandelli a révolutionné le jeu italien. (Reuters)

Ave Cesare ! L'Italie a beau s'être lourdement inclinée devant l'Espagne (4-0), dimanche, à Kiev, elle a quand même réussi à atteindre la finale de l'Euro 2012. Une chose impensable après un dernier Mondial raté. Mais Cesare Prandelli est venu avec un style de jeu bien défini, a vu et vaincu. Sauf la Roja, bien sûr…

Et dire que ce n’était même pas son objectif. Quand il a pris en main l’Italie, au lendemain d’un Mondial 2010 raté, achevé sur une piteuse défaite face à la Slovaquie, Cesare Prandelli avait plutôt les yeux rivés sur la Coupe du monde 2014. Un discours qu’il a forcément dû modifier, lorsque l’Euro s’est rapproché. "En Italie, dès l’hymne national du premier match de la phase finale, tout le monde devient un tifoso acharné. Et là, ça devient compliqué pour les techniciens qui raisonnent à long terme", remarquait-il en mai dernier, dans L’Equipe Mag.

Un mois et demi plus tard, à l’heure de faire le bilan, la plupart des voyants sont au vert. L’ancien coach de la Fiorentina peut en effet se targuer, malgré la fessée reçue en finale, d’avoir réalisé une belle compétition, tout en posant de sérieux jalons pour l’avenir. "En volant au-dessus de Kiev et en voyant les lumières du stade, on aura un petit pincement au cœur. Mais on peut être fier de notre parcours", remarque le technicien. Un parcours qui peu d’observateurs attendaient, notamment après cette préparation gâchée par le scandale des matches truqués dans le Calcio.

"Une Italie qui veut attaquer"

Oui, mais voilà, celui dont Michel Platini déclare dans un sourire qu'il était "très bon lorsqu'il était sur le banc à la Juve" -Prandelli était sa doublure-, a su insuffler un nouveau souffle à son équipe. Il y a d’abord cette mentalité offensive, pas forcément une habitude de l’autre côté des Alpes. "Le projet était de recommencer un cycle, de reprogrammer une équipe qui se construirait un avenir en se basant sur le jeu, expliquait-il avant la compétition. Cette Italie qui sait seulement défendre et joué en contre a vécu. A la place il y a une Italie qui veut attaquer. Une Italie qui devra aussi défendre, et donc pratiquer un jeu global et ambitieux…"

Un discours déjà entendu ici et là, et notamment en France, mais que Cesare Prandelli a su mettre en place sur le pré. La base de ce renouveau ? Un milieu de terrain enfin ambitieux, et dominateur. "Pirlo, De Rossi, Marchisio et Thiago Motta sont d’excellents milieux de terrain. Il serait injuste de ne pas les aligner ensemble. Mais ce n’est possible que si l’équipe travaille simultanément la phase défensive et la phase offensive", racontait-il. Et si les Cannavaro, Nesta, Totti ou Gattuso sont partis, le coach a su s'appuyer sur un nouveau leader de jeu, en la personne d’Andrea Pirlo, et sur une forte présence de joueurs de la Juve, victorieuse de la Serie A cette saison.

"Rapprocher l'équipe des gens"

Autre coup de force réussi par le "Mister", celle d’avoir aligné une attaque à deux pointes, à l’heure où certains, Laurent Blanc en tête, ne jure là aussi plus que par un système à un seul attaquant. Encore plus fort, Prandelli s’est payé le luxe d’aligner deux bonshommes réputés ingérables, Antonio Cassano et Mario Balotelli. Une mission parfaitement réussie, et un joli tour de passe-passe sur le plan de la gestion des egos. "L’entraîneur qui choisit Cassano sait qu’il doit mettre en valeur ses qualités atypiques. Le joueur perçoit cette confiance et donne quelque chose en retour", s’expliquait notamment le sélectionneur transalpin.

Une gestion humaine symbole du dernier volet de la révolution mise en place par le technicien, mais aussi manager. "Il a instauré ne nouvelle mentalité dans tous les aspects possibles. Les joueurs doivent adhérer strictement à son code éthique", reconnaît Daniele De Rossi. Résultat, l’équipe italienne est apparue soudée, à l’image d’un Leonardo Bonucci bâillonnant Mario Balotelli pour l’empêcher d’insulter la terre entière après son but face à l’Irlande. "Le football est trop loin du réel. Il faut d'abord rapprocher l'équipe des gens", avait un jour regretté Cesare Prandelli. Au terme de cet Euro, la Squadra Azzurra semble avoir fait un grand pas dans cette direction. Dans deux ans, au Brésil, elle pourrait en être beaucoup plus proche…

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