Ligue des Champions - Atlético Madrid : Juste la fin d'un monde

Ligue des Champions - Atlético Madrid : Juste la fin d'un monde©Media365
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Geoffrey Steines, publié le mercredi 10 mai 2017 à 07h32

En ballotage très défavorable avant sa demi-finale de Ligue des Champions contre le Real Madrid mercredi (20h45), l'Atlético parait arriver en fin de cycle après la saison la plus compliquée de Diego Simeone sur le banc des Colchoneros. Mais le club a, a priori, les arguments pour se réinventer.

« Est-ce que je dois continuer à l'Atlético ou est-ce la fin d'un cycle ? » Cette question-là, Diego Simeone se la posait déjà sous le coup de l'immense déception née de la défaite aux tirs au but en finale de la Ligue des Champions contre le Real Madrid en mai 2016 (1-1, 5-3 tab). Elle reviendra inévitablement sur le tapis dans les prochaines semaines. Ce sera au terme de la saison, après l'élimination probable en demi-finales de la C1, dont le match retour face aux Merengue aura lieu mercredi (20h45), et un cinquième podium consécutif en Liga. Son contrat a beau courir jusqu'en 2018, il y a des signes qui ne trompent pas. Son bail est en un, puisqu'il liait initialement le technicien argentin aux Colchoneros pour deux saisons supplémentaires, avant qu'il soit raccourci à l'initiative du « Cholo ». Preuve que Simeone, débarqué en décembre 2011 au chevet d'un Atlético malade, ne s'inscrit plus sur le long terme dans un club qu'il a ramené au top après des années de galère.
Simeone en février : « Ce n'est pas une saison facile »
Le bilan de son quinquennat parle pour lui : un titre de champion d'Espagne (le premier depuis 18 ans pour les Matelassiers), deux finales de Ligue des Champions perdues, une Ligue Europa, une Supercoupe d'Europe, une Coupe du Roi, une Supercoupe d'Espagne. Une incroyable régularité pour une équipe qui n'avait rien gagné entre 1996 et 2010. Mais le « Cholisme » a ceci d'exigeant qu'il joue sur les ressorts les plus périssables pour tirer le meilleur de ses hommes : le mental et le physique. Après avoir tiré sur la corde pendant des années, Simeone fait face à un groupe usé, qu'un recrutement trop moyen (Gameiro, Gaitan, Vrsaljko) n'a pas suffi à régénérer. « Ce n'est pas une saison facile », reconnaissait l'ancien coach de Catane dès le mois de février. La suite lui a donné raison, même si son groupe a quasiment assuré l'essentiel en Liga, à savoir une nouvelle qualification directe pour la phase de groupes de la prochaine Ligue des Champions.
Simeone entre deux eaux
Mais le natif de Buenos Aires (47 ans) a échoué là où il ambitionnait en début de saison de faire évoluer le style de son équipe vers un jeu plus offensif. Il a finalement buté sur un plafond de verre, dû autant aux qualités de ses troupes qu'aux automatismes acquis pendant les cinq dernières saisons. La rumeur veut que Simeone devra débourser 50 millions d'euros pour casser son contrat à l'intersaison 2017, à moins que la sélection argentine le débauche. Le principal intéressé a lui-même dessiné son avenir à l'Atlético le 23 mars : « Je vais rester. Je me sens heureux. L'énergie que me donnent les joueurs au quotidien est énorme. C'est ce qui me redonne de la vitalité ». Il reste pourtant difficile d'imaginer Simeone s'asseoir une année de plus sur le banc. Surtout avec l'interdiction de recrutement qui pèse sur le club pour encore une période de mutations, sauf si le Tribunal Arbitral du Sport la lève dans les semaines à venir.
Une saignée à prévoir l'été prochain
Sans ça, le technicien argentin sait bien que sa marge de manœuvre sera limitée pour impulser une dynamique dans un effectif à bout de souffle. Theo Hernandez aurait pu incarner cette nouvelle ère, mais il devrait rejoindre le Real Madrid à l'issue de son prêt à Alavés. L'Atlético pourrait même connaitre une saignée de cadres l'été prochain. Antoine Griezmann, Jan Oblak, Saul Niguez, Diego Godin, Yannick Carrasco : tous font tourner des têtes partout dans le monde et pourraient forcer la porte de sortie l'été prochain, sans compter les impondérables. Perdre tout ou partie de ce groupe de joueurs, quand le directeur sportif Andrea Berta est courtisé par le PSG, ressemblerait à une catastrophe pour les Colchoneros, contraints de partir dans l'inconnu et de reconstruire sur des bases fragiles. Le tout au moment d'investir le flambant neuf Wanda Metropolitano, stade de 70 000 places qui remplacera à compter de la saison prochaine Vicente-Calderon, dont le 143eme match européen sera le dernier mardi.
Trouver les hommes de la reconstruction
Ce déménagement est une lueur d'espoir à l'heure de lancer les grandes manœuvres. En s'installant sur la durée parmi les cadors européens depuis le début des années 2010, l'Atlético a retrouvé de son pouvoir d'attraction. Sa nouvelle enceinte ne sera qu'un argument de plus pour convaincre les futures recrues de venir s'installer dans l'« autre » club de la Capitale espagnole. Les éventuelles ventes seront aussi accompagnées de plus-values substantielles qui rempliront les caisses et offriront les moyens de ses ambitions, à savoir rester en haut de l'affiche. Le plus dur sera alors de ne pas se tromper à l'heure de remplacer les hommes qui ont écrit les plus belles heures de l'histoire récente des Matelassiers. Ce sera la mission d'Enrique Cerezo, président qui couvrait de louanges encore récemment le « Cholo » : « L'impact de Simeone est le plus grand qu'ait eu un entraîneur dans l'histoire du club ». Il faudra bientôt apprendre à vivre sans lui. Pour que le renouveau de l'Atlético ne soit pas un feu de paille.

 
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