L'équipe de France 2016 : entre frustration et promesses

L'équipe de France 2016 : entre frustration et promesses©Media365
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Quentin Lecointe, publié le vendredi 23 décembre 2016 à 10h28

Cette année 2016 pour le football français est évidemment marquée par l'Euro organisé en France. L'équipe de France y est inévitablement placée parmi les favoris, et le soutien populaire ne tarde pas à se mettre en marche dans un pays encore marqué par les tristes événements de novembre 2015.

Des épines dans le pied

Dans un contexte lourd avec l'affaire de la sextape, mais également les accusations de racisme contre Didier Deschamps colportées par certaines personnalités, la FFF et son sélectionneur savent que seuls les résultats leur permettront de pouvoir travailler en paix et d'avancer sereinement. Rien n'est épargné aux Bleus dans cette période pré-Euro. Privé de Varane, Diarra, ou encore Sakho, qui s'étaient affirmés comme des éléments importants, Deschamps doit revoir ses plans au moment de commencer la compétition.

Un démarrage poussif

Les doutes ne vont pas s'évaporer rapidement. Le match d'ouverture face à la Roumanie est tout sauf une partie de plaisir pour les Bleus qui doivent s'en remettre à un exploit de Payet pour gagner dans les derniers instants. La deuxième rencontre, face à l'Albanie, n'est guère plus emballante. Après une première période plus que compliquée, la France finit par l'emporter (2-0) grâce à des buts marqués dans les arrêts de jeu. Signe d'un changement d'ère, le bras d'honneur de Paul Pogba à la fin de la rencontre ne fait plus de bruit que ça. Ce qui aurait pu dégénérer en tempête médiatique il y a quelques mois est rapidement étouffé par une communication bien rodée. Les hommes de Didier Deschamps terminent leur phase de poule par un match nul (0-0) contre la Suisse, dans une rencontre où ils auront globalement manqué de réussite en touchant les montants à trois reprises.

Les choses sérieuses commencent

La 8e de finale face à l'Irlande redonne ce goût du frisson d'un match à élimination directe. Dans une rencontre globalement pénible, les Bleus apparaissent tendus en première période en concédant notamment l'ouverture du score d'entrée de jeu. Il faudra attendre le retour des vestiaires et un doublé de Griezmann pour voir la France dérouler son football et se lâcher enfin. Plutôt bien lotie, l'équipe de France retrouve l'Islande en quart de finale. Cette fois-ci, elle parvient à exprimer son football d'entrée de jeu et offre un festival offensif aux spectateurs du Stade de France (5-2) pour atteindre les demi-finales, l'objectif affiché avant le début de la compétition.

Le climax

La rencontre face à l'Allemagne restera le point culminant de cet Euro. Bien qu'en difficultés dans le jeu, les Bleus font preuve d'une efficacité redoutable, si chère à leur sélectionneur, pour remporter ce match (2-0). Dans une rencontre où tout lui réussit, la France bénéfice notamment d'un penalty généreux juste avant la mi-temps pour se mettre dans les dispositions idéales. L'apport de l'Orange Vélodrome et le talent de Griezmann s'occuperont du reste pour offrir à la France un moment de joie footballistique qu'elle n'avait plus connu depuis le Barrage pour la Coupe du Monde 2014 face à l'Ukraine. Cette victoire permet, si ce n'est d'effacer, de minimiser certains traumatismes du passé vécues contre la Mannschaft en gagnant contre elle pour la première fois depuis 1958 en compétition officielle.

La désillusion

Reste une dernière marche à gravir, la plus dure, celle de la finale face au Portugal. Tout un pays trépigne d'impatience à l'idée de revivre des scènes de liesse populaire comme en juillet 1998. Tel un cadeau empoisonné, Cristiano Ronaldo sort sur blessure peu de temps après le coup d'envoi de la rencontre. Sans se procurer pléthore d'occasions, les Bleus dominent cette rencontre et méritent d'ouvrir le score. Le poteau trouvé par Gignac dans le temps additionnel est un nouveau signe que la chance semble tourner le dos aux Français ce soir-là. La suite tout le monde la connaît...

Du positif malgré tout

Si la sensation d'échouer en finale est probablement ce qu'il y a de pire, prendre un peu de recul sur cet Euro 2016 permet de relativiser cette déception. La frustration de la finale contre le Portugal est à contrebalancer avec la victoire heureuse face à l'Allemagne en demie. Pris dans l'euphorie de ce succès, on en oublie que la France n'a eu que 32% de possession de balle, et que Lloris a multiplié les arrêts de grande classe ce soir-là. Cette campagne est plus généralement pleine de promesses pour l'avenir. Griezmann, élu meilleur joueur du tournoi, a prouvé qu'il pouvait supporter la pression d'un grand événement organisé à domicile, et s'est affirmé comme un des tous meilleurs joueurs de la planète cette année. Pas prévus au départ, les éclosions de Kanté et Umtiti ont rappelé à quel point le France possède un des réservoirs de joueurs parmi les plus importants de la planète football. Passée cette page de l'Euro, la France est déjà tournée vers le rendez-vous de la Coupe du Monde 2018 en Russie avec l'espoir de voir cette génération en repartir sans regrets.

 
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