France - Bulgarie 93 : Retour sur un cauchemar

France - Bulgarie 93 : Retour sur un cauchemar©Media365
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Quentin Lecointe, publié le vendredi 07 octobre 2016 à 09h00

Cette rencontre reste comme l'un des échecs majeurs du sport français. Restée dans toutes les mémoires, elle constitue encore aujourd'hui un traumatisme pour certains. Après avoir manquée la Coupe du Monde 1990, l'équipe de France a toutes les cartes en main pour participer à celle de 1994 aux Etats-Unis. Ce qui aurait dû être une fête se transforme en cauchemar dans un contexte déjà lourd avec le scandale de l'affaire VA-OM et les tensions qui pouvaient exister au sein de l'équipe de France entre joueurs du PSG et ceux de l'OM. Au lendemain de ce fiasco, "L'Equipe" choisira le titre "Inqualifiable !" pour sa une.



La qualification manquée un mois plus tôt

Le drame de novembre 1993 aurait très bien pu ne pas avoir lieu. Opposés un mois plus tôt à Israël, les Français avaient besoin d'une victoire pour assurer leur qualification. Les Bleus affrontent, en octobre 1993, la plus faible équipe du groupe qu'ils ont facilement battue lors du match aller à Tel Aviv (4-0). Alors que la chanson "L'Amérique" de Joe Dassin est diffusée par le speaker du Parc des Princes avant la rencontre, l'équipe de France trouve le moyen de perdre dans les dernières minutes (2-3). Cette confrontation aurait dû être une simple formalité face à une équipe qui a encaissé 27 buts au cours de ses 10 matchs disputés lors de ces éliminatoires !

Un match à la portée des Bleus

Face à la Bulgarie, tout commence bien pour les hommes de Gérard Houllier qui ouvrent le score par Cantona qui profite d'une remise de Papin (32e). Dans la foulée, Kostadinov égalise à la suite d'un corner (37e), comme pour prévenir les Bleus que la soirée ne sera pas de tout repos. Même si la France donne l'impression générale de maîtriser son sujet, elle reste à la merci d'un retour des Bulgares. Malgré le très peu de situations dangereuses que provoquent les visiteurs du soir, les Bleus finissent par se faire "cueillir". Le drame intervient à la 90e minute de jeu. Suite à un coup franc pour la France, Guérin joue avec Ginola qui centre au second poteau sans qu'un coéquipier ne soit trouvé. La Bulgarie part alors en contre, Penev transmet à Kostadinov. A la lutte avec Roche, il parvient à tromper Lama d'une frappe sèche sous la barre. On connait la suite.

Le chaos dans le vestiaire français

Suite à cette désillusion, pas un mot n'est prononcé dans le vestiaire de l'équipe de France. "Un vestiaire de malheur", déclarera Vincent Guérin. Certains tentent de faire porter le chapeau de cette défaite à Ginola. Le sélectionneur Gérard Houllier n'hésitera pas à parler "d'un crime contre l'équipe". Celui qui évolue alors sous le maillot du PSG avait eu le tort d'étaler ses états d'âmes dans L'Equipe la veille de la rencontre. Une sortie qui lui vaudra d'être remplaçant pour cette rencontre cruciale. Dans son autobiographie publiée quelques années plus tard, Ginola n'hésitera pas à déclarer que son sélectionneur de l'époque l'a "crucifié".

Une cicatrice toujours ouverte

Les différents acteurs de la rencontre sont revenus sur cette fameuse action de la 90e minute de jeu. Le principal intéressé, David Ginola, donnera sa version des faits à ESPN : "ll y avait du vent, j'ai voulu appuyer le centre et il est trop long. Le ballon était loin du but, à aucun moment je n'ai pensé que les Bulgares pouvaient remonter aussi vite et marquer." Vincent Guérin, dernier joueur à avoir transmis le ballon à Ginola, fait part de sa volonté de temporiser le jeu : "Je crois qu'on avait intérêt à gagner un peu de temps, c'est ce que j'ai essayé de faire en jouant à deux. Mais bon, je ne pensais peut-être pas que David (Ginola) allait centrer de suite." D'autres, comme Alain Roche, à la lutte avec Kostadinov sur l'action, plaident coupable : "C'est de ma faute. Je suis autant responsable que d'autres qui ont été accusés".

Kostadinov a bien failli ne jamais disputer ce match

Emil Kostadinov, comme son coéquipier Lubo Penev ne bénéficient pas de visa pour se rendre en France. Leur compatriote Georgi Georgiev, qui évolue alors à Mulhouse, se charge de leur faire passer la frontière, de nuit, sur le Rhin. Les deux hommes prennent ensuite un avion le lendemain en bénéficiant du laxisme d'un fonctionnaire français. Les Bulgares auront eu le mérite de faire fructifier cette qualification en effectuant le meilleur parcours de leur histoire en Coupe du Monde avec une demi-finale (défaite 1-2 contre l'Italie).

 

 
 
27 commentaires - France - Bulgarie 93 : Retour sur un cauchemar
  • Mais on va pas faire autant de cinéma quand on rencontrera l'Italie pour le cou de boule de ZZ ( déjà eu un match amical et pas temps de cinéma). C'était plus grave encore...

  • Ressortir ce match après tant d'années, franchement faut sacrément manquer d'inspiration !
    C'est vieux de plus d'une génération.
    Pourquoi pas Jazy ou Bernard en demi-fond ?Calmat en patinage ? etc..
    Pauvres journaleux

  • S'ils n'avaient pas perdu contre Israël 2-3 à domicile juste avant, quelqu'ait été le score contre la Bulgarie, ils auraient été qualifiés.

  • Cauchemar parce que cette équipe avait de beaux atouts pour bien figurer comme outsider pour la coupe du monde 94 au USA dirigé par un entraineur mauvais psychologue incapable de fédérer une équipe composées à une grande majorité de joueurs de l'OM et du PSG, inconciliables,d’où les résultats catastrophiques de fin de parcours de ces bleus et le pompon,le but encaissé par Bernard Lama à la dernière seconde de la dernière minute du match (mystique) et le fait aussi d'un entraineur qui contrairement a un très grand Michel Hidalgo a désigné à grande hâte de manière inique un bouc émissaire en la personne de David Ginola ,écœurant cet entraineur depuis ce jour m'a définitivement dégouté .

    Quand tu es qualifié à 60 secondes du coup de sifflet final et que tu envoies un centre au 4ème poteau en première intention, pour le moins, c'est une faute professionnelle. Même en poussin, on t'apprend à aller temporiser au poteau de corner. La réaction d' Houllier est certes excessive, mais on peut la comprendre.

  • n'importe quoi 23 ans aprés
    moi , mon traumatisme , c'est de voir un président "viré" vouloir revenir

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