8 juillet 1982 - Séville, une soirée dramatique...

8 juillet 1982 - Séville, une soirée dramatique...©Media365
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Teddy Vadeevaloo, publié le samedi 08 juillet 2017 à 10h51

Il y a 35 ans jour pour jour, l'équipe de France de football vivait une des plus sombres soirées de son histoire. En demi-finale de Coupe de Monde, les Bleus affrontaient la RFA à Séville et allaient vivre un match dantesque.

C'est une de ces soirées, de ces nuits mémorables. Mais pas forcément dans le bon sens du terme. Ceux qui étaient au stade ou, plus probablement, devant leur petit écran n'ont jamais oublié le dénouement de cette demi-finale du Mondial 1982 en Espagne. Une demie qui opposait la France de Platini à la RFA du désormais célèbre Harald Schumacher. Une rencontre au cours de laquelle les hommes de Michel Hidalgo sont passés par tous les états.

Le carré magique des Bleus
Après deux phases de poule, comme il était de coutume à l'époque, la France dispute donc sa première demi-finale de Mondial depuis 1958. L'adversaire ? La RFA, championne d'Europe en titre et double championne du monde à ce moment-là. Une rencontre qui se déroule en ce jeudi 8 juillet historique dans la fournaise du stade Sanchez Pizjuan de Séville. Sur la pelouse, l'équipe française est séduisante autour de son carré magique : Genghini-Tigana-Giresse-Platini.



Si les Allemands ouvrent le score par Littbarski (17eme), les Français ne tardent pas à réagir lorsque Rocheteau provoque un penalty transformé par le maître Platini (26eme). 1-1 à la pause, le suspense est à son comble. Dans cette chaleur, les organismes souffrent et la mi-temps arrive à point nommé. Car la suite va relever de l'irrespirable.

Battiston, le coup de poignard
La seconde période reprend et vient alors cette célèbre 57eme minute. Celle qui va faire basculer ce match dans la quatrième dimension. Et va nourrir pas mal de rancœurs envers un certain Harald Schumacher. Rappel des faits : le ballon circule bien côté français et Platini lance parfaitement Battiston dans le dos de la défense adverse. Le latéral est en position idéale à l'entrée de la surface et tente le lob sur le gardien allemand, sorti très vite à son encontre. Mais le Français n'a pas le temps de voir le bout de l'action, il vient de se faire littéralement faucher par Schumacher.



Le ballon, lui, vient mourir juste à côté. Sur la pelouse, Battiston est complètement KO. Le bilan est tout simplement incroyable : il perd deux dents dans le choc, s'endommage une vertèbre mais est surtout inanimé. Et pis, le portier allemand n'est même pas averti et le ballon sera renvoyé aux six mètres. En bon capitaine, Michel Platini raccompagne son coéquipier, complètement groggy sur la civière. Quant à Schumacher ? Il attend tout simplement de renvoyer le ballon en jeu...

Une prolongation incroyable
Le score ne bouge pas malgré une barre trouvée par Amoros sur une belle frappe. Direction prolongation. Et les Bleus ne vont pas être au bout de leurs émotions. Seulement deux minutes et Marius Trésor signe une superbe volée sur un coup franc frappé par Giresse (92eme). Les Allemands semblent sonnés et les Français transcendés. Au bout d'une nouvelle action d'école, Didier Six sert en retrait Alain Giresse, qui marque grâce à l'aide du poteau (98eme).

La France a un pied en finale. Seulement un. Car les Allemands ne s'avouent jamais vaincus. Et ils vont le montrer dans la foulée de l'entrée de Karl-Heinz Rumennigge. Même diminué, l'attaquant réduit tout de suite le score avant la mi-temps (102eme). De quoi instiller le doute dans les esprits français. D'un coup plus fébriles, les hommes de Michel Hidalgo se font rejoindre sur un retourné aussi beau qu'inattendu de Klaus Fisher (108eme). 3-3, tirs au but...

Première séance de l'histoire du Mondial
Pour la première fois en Coupe du Monde, deux équipes s'affrontent alors pour une séance de tirs au but. Mentalement, la RFA a pris l'ascendant en revenant de nulle part. Pourtant, c'est Stielike qui rate le premier. Mais dans la foulée, Six l'imite. Le suspense dure un peu jusqu'à un dernier raté de Max Bossis. Derrière, Hrubesch transforme et envoie les Allemands en finale. Cruel dénouement pour ces Bleus si séduisants, si courageux. Les larmes seront nombreuses à couler et le succès à l'Euro 1984 en France deux ans plus tard estompera à peine la douleur de cette nuit de Séville...



« Aucun film au monde, aucune pièce ne saurait transmettre autant de courants contradictoires, autant d'émotions que la demi-finale perdue de Séville. Celui qui n'a jamais vu ce match n'a jamais vu un match de football. Celui qui n'a jamais vu ce match n'a jamais vu un match de coupe du Monde », dira plus tard Michel Platini. Comme pour mieux résumer le sentiment de ce 8 juillet 1982 qui a marqué bon nombre de Français, à commencer par les champions du monde 1998 Emmanuel Petit et Franck Leboeuf qui ont récemment raconté leur dépit suite à cette soirée.

 
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