Une si longue attente    

Retour par la case espoirs pour Yann M'Vila. (Maxppp)

Retour par la case espoirs pour Yann M'Vila. (Maxppp)

Emmenée par Yann M'Vila, l'équipe de France espoirs affronte la Norvège vendredi soir (dès 18h45) au Havre en barrage aller de l'Euro 2013 en Israël, un tournoi auquel elle n'a plus participé depuis six ans. Au Stade Océane, les Bleuets d'Erick Mombaerts espèrent prendre un avantage appréciable avant le match retour prévu mardi prochain à Drammen.

15 novembre 2005. L’équipe de France espoirs emmenée par un Franck Ribéry bien en jambes élimine difficilement l’Angleterre (2-1, 1-1 au match aller) au terme d’une rencontre musclée et longtemps indécise. Rapidement menés au score, les joueurs de René Girard égalisent à l’heure de jeu grâce à leur feu follet marseillais avant que le Rennais Jimmy Briand n’offre la qualification à son équipe dans les tous derniers instants du match sur penalty. La France décroche son billet pour la huitième phase finale de son histoire en ignorant totalement qu’elle allait en être sevrée jusqu’à aujourd’hui.

Entre-temps, les Bleuets se sont cassés les dents sur toutes les équipes qu’ils ont affrontées en barrages. Si les défaites contre les modestes formations d’Israël (1-1, 0-1) et du Pays de Galles (4-2) sonnent comme de vraies humiliations pour les Espoirs français, la défaite contre l’Allemagne un an plus tard relève plus d’un manque de réalisme offensif, conjugué à un Manuel Neuer en état de grâce, qu’à un véritable camouflet. Hélas, le constat fut à chaque fois identique: bien que disposant d’une équipe pétrie de talents, jamais la France n’a su se qualifier pour les phases finales d’un championnat d’Europe.

"On se doit de passer"

Cette année encore, les joueurs d’Erick Mombaerts ont réalisé un parcours quasiment sans faute durant les éliminatoires de l’Euro 2013. Hormis leur faute de goût en Slovaquie (défaite 2-1), les Bleuets ont aisément remporté tous leurs matches, en inscrivant notamment la bagatelle de 19 buts en 8 rencontres. L’aisance défensive d’un Varane, la virtuosité technique d’un Griezmann, la percussion d’un Cabella ou encore la vision du jeu d’un Grenier ont permis aux Espoirs français de survoler leur groupe et d’empocher 21 points sur 24 possibles. En autant de rencontres, seul les tenants du titre espagnols ont réussi à faire mieux (22 points).

Seulement deuxième de son groupe derrière l’Angleterre, la Norvège n’affiche pas autant de garanties. Pourtant, le sélectionneur tricolore refuse d’assumer un quelconque statut de favori. "Pourquoi serions-nous favoris ? Ce n’est pas parce nous portons le maillot de l’équipe de France que nous sommes meilleurs que les autres, martèle Erick Mombaerts. Nous n’avons encore rien fait. Nous sommes très loin du championnat d’Europe et nous n’avons pas intérêt à nous surestimer." Prudent après avoir connu la douleur d’une élimination contre l’Allemagne, l’ancien entraîneur de Toulouse sait qu’il ne faudra pas prendre de haut une équipe norvégienne que les Espoirs français n’ont plus vaincu depuis le 27 septembre 1988 (victoire 2-0).

Pire, la France reste sur deux défaites de rang contre la sélection norvégienne et sans un large succès au match aller, le retour dans le glacial stade Marienlyst s’annonce des plus périlleux. S’il s’attend à une rencontre disputée, Yacine Brahimi refuse d’envisager une éventuelle issue négative contre l’équipe coachée par Per Joar Hansen. "On se doit de passer. On sait que c’est un match très important, car il y a une grosse échéance derrière. Ça fait longtemps qu’une équipe de France espoirs ne s’est pas qualifiée pour un championnat d’Europe et il va falloir sortir un gros résultat dès vendredi afin de prendre une option significative."

Le précédent de 1988

Véritable révélation cette saison en Ligue 1, Wissam Ben Yadder assure que le dénouement de la rencontre sera déterminé par l’efficacité offensive et la qualité du jeu produit. "Le plus important dans ce genre de rencontres, c’est d’être efficace. Si on produit du jeu, on va se qualifier mais il faudra se montrer réaliste devant les buts adverses." Son coéquipier Clément Grenier abonde dans ce sens. "Ce qui nous importe, c’est le jeu. Il va falloir mettre tous les ingrédients possibles que ce soit dans la détermination et dans l’engagement pour parvenir à venir à bout de cette équipe norvégienne."

En cas de résultat favorable contre les coéquipiers de Jonas Svensson, les Bleuets retrouveraient une compétition qu’ils ont quittée sur une défaite en demi-finales contre les Pays-Bas (2-3 après prolongation) il y a de cela six ans. Là où la génération dorée de 87 n’a pas su s’imposer sur la scène européenne, les Guilavogui, Rivière et autres Lacazette ont l’occasion d’enfin effacer des tablettes la bande à Cantona première et unique équipe de France espoirs à avoir décroché le Graal en 1988.

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