Deschamps: "On est dans la continuité"

Didier Deschamps est satisfait de ses troupes. (Reuters)

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"Le contrat est rempli." Avec six points pris en deux matches et la première place du groupe I, l'équipe de France, victorieuse de la Biélorussie (3-1) mardi soir au Stade de France, a bien débuté sa campagne des éliminatoires de la Coupe du monde 2014. Difficile pour Didier Deschamps de demander plus à ses joueurs, même si le sélectionneur sait que la route vers le Brésil est encore longue…

Didier, est-ce une bonne soirée, une très bonne soirée ?
C’est toujours très bonne soirée quand on gagne. Après, ça devient de plus en plus rare de marquer trois buts au plus haut niveau, donc il faut savourer. On méritait largement sur la première mi-temps de marquer un but et de mener, et finalement, ce n’est pas la période où on est le mieux qu’on marque, puisque, avant l’ouverture du score, Hugo (Lloris) fait un arrêt décisif, on n’est moins bien rentrés dans cette deuxième mi-temps. Mais avec un adversaire très regroupé passé à un système avec trois défenseurs centraux qu’il n’avait pas utilisé sur la dernière saison, ce n’était pas évident de trouver les solutions, les décalages. Après, au fil du temps, il y a eu forcément un peu plus d’espaces pour nous.

Ces six points vous permettront-ils d’aller en Espagne avec moins de pression ?
On va y aller, ça c’est sûr ! Le contrat est rempli, l’idéal pour nous était de prendre ces six points, on les a pris. Après, la grande équipe d’Espagne, vous avez vu, elle a gagné 1-0 en Géorgie avec un but à la 86e. Ça montre que c’est difficile pour tout le monde, il faut savourer ces six points, ça vient aussi récompenser l’état d’esprit général, les joueurs sont bien ensemble, il y a une envie commune de faire des efforts. On en fait beaucoup, notamment devant, je leur demande de harceler pour récupérer le ballon un peu plus haut, on l’a très bien fait en première mi-temps.

Après ces deux victoires, y a-t-il plus de pression sur l’Espagne qui a été accrochée en Géorgie ?
Accrochée ? Ils ont gagné, même si c’est à la fin. Ça reste le favori du groupe, mais c’est mieux d’y aller avec six points. Tous les points comptent.

Y avait-il de la frustration à la mi-temps ?
Dans l’avant-match, j’avais dit: on peut débloquer le match vite ou à la fin, en première mi-temps, il n’a manqué que l’efficacité offensive parce qu’on a eu pas mal d’occasions, c’était frustrant de rentrer à la mi-temps à 0-0, mais il fallait continuer dans cette voie pour les faire céder. On ne peut pas dire que dans les premières minutes, ils m’ont trop entendu, parce qu’ils nous ont mis plus en difficultés sur ces cinq minutes de la reprise que sur les quarante-cinq premières, mais après, on a réussi à avoir l’efficacité.

 "Ribéry était très en jambes"

Benzema à droite, si on vous dit que ça n’a pas trop fonctionné ?
Il était décalé. Après, je sais que ce n’est pas un ailier de débordement, mais c’était pour avoir point de fixation plus ferme avec Olivier Giroud. Karim a fait beaucoup d’efforts, en étant à la construction, il a aussi fait des efforts défensifs. Ce soir, ça me semblait être solution la meilleure pour leur créer des problèmes. Après, comme Olivier Giroud n’a pas encore le rythme dans les jambes, il a retrouvé sa position axiale qui lui est plus naturelle.

Par rapport à la Finlande, avez-noté une amélioration dans les centres ?
Oui, je crois qu’on a fait 18 centres, même des centres-tirs des fois (il parle du but de Jallet)…  Il voulait tirer, il a travaillé toute la semaine (rires). Non, on s’est appliqués, on a eu plus de présence, de spontanéité, pour la mettre en première intention, ne pas attendre, trouver le partenaire. Il y a besoin de ça.

Que pensez-vous de la prestation d’Etienne Capoue ?
C’est bien, il prend la place de Diaby, il marque. Sinon, il a joué dans un registre un peu différent de celui qu’occupe à Toulouse. Il aime bien aller devant, j’ai essayé de le freiner à la fin pour qu’il reste dans le milieu de trois. Mais c’est bien pour lui, il a de la qualité, il est récompensé ce soir, on s’en rappelle de son premier but en sélection. Il a fait des choses intéressantes, les situations où il se trouvait un peu dos au but, ce n’est pas là où il est le plus à l’aise, il s’est projeté aussi beaucoup vers l’avant, c’est ce que je lui ai demandé. Il n’est pas là pour être n°10, il n’a pas 50 sélections, mais entre sa première contre l’Uruguay où il a fait 45 bonnes minutes et celle-là où il marque un but important pour nous, je ne vais pas lui en demander trop non plus.

Et celle de Franck Ribéry qui a eu un peu de déchet mais a aussi été très actif ?
Du déchet… il y a de la prise de risques, de la percussion, il était très en jambes. Il a peut-être manqué d’un peu de réussite, d’efficacité, mais je l’ai trouvé très intéressant, notamment en première mi-temps. C’est un joueur de haut niveau, il fait lui aussi beaucoup d’efforts pour permettre à l’équipe de rester équilibrée, et le but qu’il met, il est décisif, c’est ça qui est important.

Un mot pour Yanga-Mbiwa qui sera suspendu en Espagne pour avoir pris deux cartons en deux matches, lui manque-t-il un peu d’expérience pour éviter ça ?
On ne peut pas tout demander non plus. Il va découvrir Champions League, il a fait deux prestations avec beaucoup d’efficacité défensive, une certaine sérénité, alors oui, peut-être qu’avec quelques sélections en plus, les cartons, il pourra les éviter.

Quel bilan tirez-vous de cette semaine qui vous a permis d’incorporer de nouveaux joueurs ?
Il y a un groupe, je les ai eus pendant dix jours, sur le terrain et en dehors, la chose la plus importante, c’est gagner les matches, on a pris les six points, c’est bien pour l’ensemble du groupe. Maintenant, c’est à eux jusqu’à la prochaine sélection d’assumer ce statut d’international et d’être le plus performant possible avec leur club.

Avez-vous noté des progrès ?
On est dans la continuité, jouer au Stade de France, ce n’est pas facile non plus, la ligne conduite du collectif est là, ils ont envie de faire les efforts ensemble, ça doit être un fil conducteur. Même si on n’a pas tout super bien fait, on marque trois buts, et marquer trois buts au niveau international, ce n’est pas évident.

L’équipe de départ était composée de six joueurs à moins de dix sélections, est-le signe d’un renouvellement ou le signe qu’on a du mal à trouver des joueurs de haut niveau ?
C’est le signe que sur les quatre-cinq dernières années, il n’y a pas de joueurs qui se sont dégagés. Il y a énormément de joueurs entre 5 et 15 sélections, ça veut dire qu’il n’y a pas eu de continuité sur les quatre dernières années, certains sont revenus et repartis pour différentes raisons. On pourrait en avoir peut-être moins mais avec 30 ou 35 sélections…

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