Coupe des Confédérations - Russie : La Sbornaya navigue toujours en eaux troubles

Coupe des Confédérations - Russie : La Sbornaya navigue toujours en eaux troubles©Media365
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Raphaël Brosse, publié le samedi 17 juin 2017 à 07h39

La Russie affronte la Nouvelle-Zélande ce samedi (17h00) en match d'ouverture de la Coupe des Confédérations, compétition dont elle est le pays hôte. Entre un Euro calamiteux et « sa » Coupe du Monde, la sélection entraînée par Stanislav Cherchesov est encore en pleine reconstruction.

« Déshonneur », « humiliation », « confusion la plus totale »... Le 21 juin 2016, la presse russe ne s'est pas privée d'avoir des mots très durs envers sa sélection nationale, boutée hors de l'Euro suite à un cuisant revers face au Pays de Galles (0-3). Sport Express s'est même permis un astucieux « Toulosers », le match en question ayant eu lieu au Stadium. Dire que la Russie n'a pas brillé lors de ce championnat d'Europe est un euphémisme. Avant de chuter face aux Gallois, Oleg Shatov et ses coéquipiers avaient accroché le point du nul dans les dernières minutes contre l'Angleterre (1-1) et s'étaient inclinés face à la Slovaquie (1-2). Résultat, une dernière place du groupe B et un retour direct au pays. Sans surprise, le sélectionneur Leonid Slutsky a jeté l'éponge quelques semaines plus tard.
Le grand ménage après l'Euro
Il fut remplacé par Stanislav Cherchesov, qui sortait d'une brillante saison avec le Legia Varsovie (doublé coupe-championnat pour l'année du centenaire du club). Charge à lui d'accomplir une mission des plus délicates : bâtir une équipe capable de faire bonne figure lors de la Coupe du Monde 2018, qu'elle disputera à domicile.  Tout juste arrivé sur le banc de la Sbornaya, le nouveau sélectionneur commence par faire le ménage. Habitué à faire les choux gras de la presse pour ses frasques hors du terrain, Aleksandr Kokorin est mis au ban. Tout comme Pavel Mamaev, qui avait accompagné l'attaquant du Zenit Saint-Pétersbourg dans une boîte de nuit monégasque peu de temps après la piteuse élimination à l'Euro. Une affaire qui avait d'ailleurs fait scandale au pays. Derrière, les vieux grognards Sergueï Ignashevich (37 ans) et Alexeï Berezutsky (34 ans) ont également été laissés à l'écart. Vasily Berezutsky, frère jumeau d'Alexeï, a quant à lui pris sa retraite internationale.
Cherchesov : « Distinguer les bons des mauvais »
L'ex-entraîneur du Dynamo Moscou (2014-2015) souhaite-t-il véritablement donner un coup de jeune à son équipe et, par conséquent, se débarrasser des éléments les plus anciens ? Le principal intéressé s'en défend. « Sur le terrain, il n'y a pas de distinction entre les jeunes et les vieux, a-t-il ainsi déclaré en conférence de presse le 4 juin dernier. En revanche, il y en a une entre les bons et les mauvais. »  En plus d'assurer qu'il ne ferme pas complètement la porte aux joueurs précités, Cherchesov continue d'avoir recours à des joueurs expérimentés, tels que Yuri Zhirkov (33 ans) et Aleksandr Samedov (32 ans). Les débuts de l'ancien gardien international soviétique (puis russe à partir de 1992) sur le banc de la sélection nationale sont pour le moins laborieux. Lancée dans une longue série de matchs amicaux afin de préparer au mieux son Mondial, la Russie poursuit d'abord sur sa mauvaise lancée de l'été 2016.
Un sursaut d'orgueil contre la Belgique
Un nul poussif en Turquie (0-0), une défaite peu reluisante face au Costa-Rica (3-4), une autre franchement honteuse face au Qatar (2-1) : la Sbornaya continue d'inquiéter. En mars dernier, elle s'incline logiquement contre la Côte d'Ivoire (0-2) et semble se diriger vers un nouveau revers inéluctable face à la Belgique, qui mène de deux buts à la mi-temps (1-3). Mais Aleksey Miranchuk et Aleksandr Bukharov permettent à leur formation d'accrocher les Diables rouges (3-3). Depuis ce sursaut d'orgueil, cela va mieux pour Igor Akinfeev et consorts, qui se sont nettement imposés en Hongrie (0-3) et ont tenu le Chili en échec (1-1). Sur le papier, que vaut concrètement cette sélection, qui sera dans le groupe de la Nouvelle-Zélande, du Mexique et du Portugal lors de la Coupe des Confédérations ? Depuis son intronisation, Stanislav Cherchesov s'est attelé à mettre en place un ambitieux 3-5-2, qui peut éventuellement se transformer en 5-3-2 en phase défensive.

Glushakov, Golovin, Smolov... La Russie compte sur eux

Dans les buts, le capitaine Akinfeev (31 ans, 98 sélections) demeure incontestable. Les trois défenseurs Viktor Vasin, Georgi Dzhikiya et Fedor Kudryashov n'ont certes pas encore atteint le niveau affiché par leurs prédécesseurs pendant leurs belles années, mais ils restent relativement fiables. Les clés du milieu de terrain seront confiées à Denis Glushakov, qui sort d'une excellente saison avec le Spartak Moscou. Il devra faire oublier l'absence d'Alan Dzagoev, une nouvelle fois blessé. Pisté par Arsenal, Aleksandr Golovin aura lui aussi un rôle important à jouer, tout comme Fyodor Smolov. L'attaquant de Krasnodar vient de terminer meilleur buteur du championnat russe pour la deuxième fois d'affilée et sera sans nul doute titularisé en pointe puisqu'Artem Dzyuba, gêné par des pépins physiques, a été contraint d'abandonner ses coéquipiers début juin. Avant de penser à atteindre les demi-finales du prochain Mondial, l'objectif initialement fixé par la Fédération russe, Cherchesov devra guider ses joueurs au moins jusqu'au dernier carré de la Coupe des Confédérations. Pour enfin retrouver une certaine fierté. Et pouvoir appréhender l'avenir avec davantage de sérénité.

 
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