Coupe des Confédérations : A 38 ans, Marquez est toujours là

Coupe des Confédérations : A 38 ans, Marquez est toujours là©Media365
A lire aussi

Geoffrey Steines, publié le dimanche 18 juin 2017 à 07h30

Le temps en fera probablement le plus grand joueur mexicain de l'histoire. En attendant, Rafael Marquez vit toujours le football au présent, malgré ses 38 ans.

Il disputera à compter de dimanche, avec un premier match contre le Portugal (17h00), la Coupe des Confédérations avec le Mexique. De tous les joueurs convoqués pour la compétition, il est le doyen et le seul à avoir déjà soulevé le trophée dans sa carrière. Un sacre qui remonte à 1999, quand Marquez était encore un jeune premier, ce qui ne l'avait pas empêché de disputer les cinq rencontres dans leur intégralité et de participer activement à la conquête de l'unique titre transcontinental de sa sélection. Parce qu'il n'est pas usurpé de dire qu'elle est devenue sienne. Quand Juan Carlos Osorio a pris la destinée d'« El Tri » en mains en octobre 2015, il a immédiatement lancé une révolution. Dans le choix des hommes et dans le jeu, inspiré ouvertement de ce qu'il se fait de mieux chez les entraîneurs hispanophones aujourd'hui.
Le « Kaiser de Michoacan »
Mais le technicien colombien n'a pas touché à une chose : Rafael Marquez. Bien évidemment, le « Kaiser de Michoacan », surnom venu de sa ressemblance technique avec Franz Beckenbauer et de sa région de naissance, n'est plus vraiment le joueur qu'il était dans la fleur de l'âge. Il a toujours eu un corps fragile, alors il se ménage au moindre pépin pour ne jamais trop tirer sur la machine. Pour preuve, il n'a disputé que 21 matchs dans le championnat mexicain cette saison avec l'Atlas, son club formateur, où il est revenu en janvier 2016 pour boucler la boucle. Il était même forfait pour les deux matchs du Mexique début juin dans le cadre des éliminatoires pour la Coupe du Monde 2018 dans la zone Concacaf. « J'ai été opéré au bas du dos, j'ai déjà totalement récupéré, mais je suis en train de reprendre le rythme pour pouvoir aider l'équipe, expliquait Marquez récemment. Le choix est entre les mains du professeur (sélectionneur, ndlr), c'est lui qui décide. »
Un capitaine qui sert de relais
Mais il n'y a aucun doute à avoir sur le fait que le champion de France 2000 avec Monaco, où il a passé quatre saisons avant de rejoindre le FC Barcelone pour tout y gagner, aura un rôle central dans la campagne de Russie des Mexicains. Marquez a toujours cette science de la passe et cette vision du jeu au-dessus de la moyenne. Dans le 4-3-3 d'Osorio, il est une sentinelle pleine de justesse, qui donne le tempo et oriente les attaques. Et ce n'est pas bien grave s'il n'a pas cinq matchs en deux semaines dans les jambes, sa mission va bien au-delà du terrain. Le capitaine aux 139 sélections avec « El Tri » est le relais du staff technique dans le vestiaire. Il est l'homme qui connait le chemin à suivre pour remporter des trophées et transmet cette expérience au quotidien à une génération dorée (Ochoa, Moreno, Guardado, Vela, Chicharito, les frères Dos Santos) qui n'a pas encore atteint les sommets espérés.
Un tacle à Trump, un but historique aux Etats-Unis
Pas toujours reconnu à sa juste valeur au pays, Marquez y a acquis au fil des années un statut d'icône nationale. Il n'avait pas hésité, par exemple, à défier Donald Trump sur son terrain de jeu préféré, à savoir Twitter, pour critiquer son envie de construire un mur à la frontière américano-mexicaine. Trois jours après l'élection présidentielle aux Etats-Unis, il avait même inscrit à la 89eme minute le but de la victoire chez les USA en match de qualification pour le Mondial (1-2). Le Mexique n'avait pourtant plus gagné en terre américaine depuis 44 ans, c'est dire si le symbole était fort. Dans un an, après la Coupe du Monde qu'« El Tri » disputera sauf cataclysme, Marquez raccrochera enfin les crampons, comme il l'a annoncé récemment. Ce sera son cinquième Mondial, avec l'espoir d'y franchir enfin le cap des huitièmes de finale sur lequel le Mexique a toujours buté depuis 1994. Pour ça, il reste une barrière psychologique à faire sauter. C'est à ça que doit servir cette Coupe des Confédérations. Et c'est pour ça que Marquez est là.

 
0 commentaire - Coupe des Confédérations : A 38 ans, Marquez est toujours là
  • [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]