Chelsea : Le couronnement de Conte

Chelsea : Le couronnement de Conte©Media365
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Rémi Farge, publié le vendredi 12 mai 2017 à 23h00

Il y avait Didier Drogba, Frank Lampard, John Terry, voire Eden Hazard. Il y a désormais Antonio Conte avec Chelsea !

Lors de ses précédentes épopées, Chelsea avait sa star, son meneur. Hazard est toujours là, Diego Costa a empilé les buts. Mais cette saison, l'homme clé, la star des Blues, c'est l'entraîneur. Un novice à Londres, un puceau de l'Angleterre. Antonio Conte, sacré avec une facilité déconcertante pour sa première saison en Premier League, a déjà fait oublier le passé glorieux de José Mourinho à Chelsea. En quelques mois, c'est comme si l'Italien était devenu le vrai « Special One ». Car spécial, il l'est assurément. De Bari à Chelsea, en passant par Sienne, la Juventus et la Squadra Azzurra, il n'a jamais laissé quelqu'un indifférent. Parce qu'il y a ce regard perçant. Parce qu'il y a cette folie excessive. Parce qu'il y a ce génie tactique si italien.
Un Mercato parfait : la première victoire de Conte
Le grand artisan du titre de Chelsea, c'est clairement lui. Débarqué l'été dernier aux commandes d'un club en plein doute après une dixième place synonyme d'inexistence européenne, l'ancien sélectionneur de l'Italie, auréolé d'un Euro très satisfaisant avec la Nazionale, a redonné vie à un groupe en pleine sinistrose. Diego Costa, Eden Hazard ou encore Cesc Fabregas, tentés par un départ, sont restés. Aucun départ majeur malgré l'absence de compétition européenne au programme. Un premier exploit auquel il a fallu ajouter un recrutement sans strasses, mais d'une minutie terriblement ressemblante au travail d'orfèvre de Conte : N'Golo Kanté, David Luiz, Marcos Alonso. Sur le papier, ça ne claque pas forcément, mais tous ont joué un rôle prépondérant dans le sacre des Blues.
Conte est plus fort que l'Angleterre
Antonio Conte a eu besoin d'un temps d'adaptation, bien sûr. Un mois de septembre bien pourri, avec une défaite à domicile contre Liverpool (1-2) et une claque à Arsenal (3-0). Et un déclic, surtout. L'ancien coach de la Juve est plus fort que l'Angleterre. Il allait le prouver en installant « sa » défense à trois. Et tout a changé. La machine est montée en puissance dès octobre, comme peuvent en témoigner Leicester (3-0), Manchester United (4-0) et Everton (5-0), tous terrassés en l'espace de trois semaines. « Il m'a transformé tactiquement et techniquement. Pas seulement moi, mais toute la Juventus », confiait Leonardo Bonucci au sujet de son ancien entraîneur. La mue s'est déplacée de Turin à Londres, et personne n'y a trouvé à redire. « Conte est un entraîneur fantastique. Il nous a insufflé un véritable esprit d'équipe », concède Hazard, symbole de cette renaissance. Petit à petit, au royaume des meilleurs entraîneurs du monde, tout le monde s'est incliné. Même celui qu'on présente comme le maître absolu. « Antonio Conte est sans aucun doute l'un des meilleurs, peut-être le meilleur, du monde en ce moment, a déclaré Pep Guardiola. Quand vous voyez ses équipes, cela n'a pas d'importance que ce soit Sienne, la Juventus, l'Italie ou Chelsea. On voit sa marque dans ses équipes. »
Un supplément d'âme nouveau pour Chelsea
En apparence, il y a cette rage de vaincre. « Il y a une bête en lui », s'amuse Andrea Pirlo. Derrière le masque, il y a aussi un coach que tous présentent comme méticuleux à l'extrême, respectueux et juste dans ses choix. Victor Moses en est un bon exemple. Il n'avait plus aucun avenir sur les bords de la Tamise, mais le natif des Pouilles l'a relancé à force de travail à l'entraînement. « Le travail rend les hommes meilleurs », avait soufflé avec émotion l'intéressé après la victoire de l'Italie contre l'Espagne, en huitièmes de finale de l'Euro 2016. Un an plus tard, c'est à croire que c'est Conte qui rend les hommes meilleurs. Chelsea ne s'est pas trompé en allant le débaucher très rapidement la saison dernière. Avant même que l'Italie ne surprenne tout le monde lors du tournoi continental. Une victoire sportive pour le club londonien, mais pas seulement. Car pour ce sixième titre de champion d'Angleterre, le cinquième de l'ère Abramovitch, les Blues véhiculent une image nouvelle. Comme si le club s'était acheté un supplément d'âme, une valeur sentimentale. Tout ce qui manquait à cette équipe bâtie à coup de millions au début des années 2000. Car derrière les liasses, il y avait cette année beaucoup de travail. Tactique notamment. Définitivement, Conte avait raison. Le travail rend les hommes meilleurs.

 
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