Vettel dans le chaos

Sebastian Vettel a triomphé à Singapour. (Reuters)

Au terme d’une course mouvementée et marquée par plusieurs accidents, Sebastian Vettel a remporté le Grand Prix de Singapour ce dimanche. Le pilote allemand, sur Red Bull, a devancé Jenson Button (McLaren) et Fernando Alonso (Ferrari), qui a conforté sa place de leader au classement du championnat du monde.

Cette fois, il a tenu ! La tension était palpable sur le muret des stands Red Bull durant les derniers tours de ce Grand Prix de Singapour totalement fou. A mesure que le chrono s’égrenait, rendant inévitable la sortie du drapeau à damiers avant même la fin des 62 tours inscrits (règle des deux heures de course oblige), la firme autrichienne croisait les doigts. Vettel n’avait sans doute pas oublié qu’il avait affiché une domination bien plus perceptible sur un tracé urbain similaire, celui de Valence, avant d’abandonner en raison d’une casse de son alternateur. Là aussi, la course avait été marquée par la sortie de la voiture de sécurité, fatale à la RB8 victime sans doute d’une surchauffe. Et comme l’Allemand a connu la même mésaventure à Monza il y a deux semaines, semant le doute au sein du clan Renault, fournisseur de cette fameuse petite pièce, l’inquiétude était compréhensible chez les ingénieurs de l'écurie de Milton Keynes.

Ce dimanche, Vettel a donc pu aller au bout de cette course nocturne qui a confirmé qu’elle était devenue un incontournable de la saison de F1 quatre ans après son apparition. Il fallait avoir les nerfs solides et une condition physique optimum pour tenir le choc. Avec pas moins de deux interventions de sécurité, des accrochages en pagaille et des rebondissements de tous les instants, les stratèges étaient également de sortie.

Lewis Hamilton n’a même pas eu le temps de prouver son habilité en la matière. Parti de la pole position, le Britannique a tenu un rythme de course impressionnant pour prendre les devants après un départ sans encombre. Las, au 23e tour, le Britannique était victime d’un problème hydraulique, laissant seuls Vettel, Button et à un degré moindre Alonso s’écharper. A voir le champion du monde 2008 s'acharner sur sa boite de vitesses rendant l'âme avant de se rendre à l'évidence, la déception était manifeste. Dans la foulée, Karthikeyan heurte le mur à la sortie du virage 18 placé sous le pont de la bretelle d’autoroute et cause l’intervention de la voiture de sécurité (34e tour).

"Schumi" emboutit Vergne, Alonso joue placé

Les stratégies s’en voient modifiées, Di Resta notamment en profite pour se hisser dans le groupe de tête où Maldonado, passé par Button et Vettel au premier virage, avait haussé le rythme comme pour prouver que sa deuxième place en qualifications n’était pas le fruit du hasard. Le Vénézuélien prépare la reprise de la course mais se voit contraint d’abandonner, rappelé par son écurie en raison d’un problème hydraulique. Marina Bay et ses 80 changements de vitesse par tours se montrent impitoyables pour les mécaniques.

Les organismes sont aussi touchés. Visiblement en proie à des problèmes de freins à la reprise de la course, Schumacher emboutit Vergne bien placé en vue des points (39e tour). La voiture de sécurité est de nouveau de sortie. A la reprise, la course devient totalement folle dans le peloton avec une touchette sans conséquence entre Massa et Senna. Hulkenberg lui est à la lutte avec les Sauber et s’offre involontairement les deux ailerons avant des monoplaces suisses. Victime d’une crevaison lente, l’Allemand s’arrête en même temps que Perez et Kobayashi, ce qui profite à Webber alors englué dans le trafic.

Devant, Vettel tient le choc face au forcing de Button. Alonso, pas dans le rythme de la tête de course, gère parfaitement une troisième place précieuse dans l’optique du championnat du monde. Räikkönen fait le même calcul à la 6e place derrière un Di Resta impeccable, Grosjean terminant 7e pour son retour après sa suspension à Monza. Vettel revient à 29 points d’Alonso au championnat et se relance parfaitement, cinq mois après sa dernière et seule victoire de la saison jusque là, à Sakhir lors du Grand Prix de Bahreïn le 22 avril. Après neuf Grand Prix sans victoire, le double champion du monde a remis les pendules à l’heure ! Comme pour démontrer si besoin était que ce championnat 2012 sera serré jusqu'au bout.