Au tour du Castellet 

De nombreuses tribunes seront installées. (Circuit Paul Ricard)

Une semaine pile-poil après Magny-Cours, c'est le dossier de candidature du Castellet qui a été remis mercredi à la Fédération française du sport automobile (FFSA) en vue de l'organisation d'un Grand Prix de Formule 1 en août 2013. "Je pense que nos arguments ont retenu l'intention de nos interlocuteurs", estime Stéphane Clair, directeur du circuit Paul-Ricard.        

"Notre ambition est d’accueillir et d’organiser le Grand Prix de France de Formule 1 dès le mois d’août 2013." Stéphane Clair, directeur du circuit Paul-Ricard, ne pouvait pas être plus explicite. Une semaine jour pour jour après la candidature de Magny-Cours, le département du Var s’est, à son tour, positionné pour renouer avec la Formule 1 dès la prochaine saison.

Les représentants du Castellet ont rendu mardi leur dossier au président de la Fédération française du sport automobile Nicolas Deschaux et affichent un optimisme non dissimulé après leurs entretiens avec les grands décideurs de la catégorie reine. "Les patrons de la Formule 1 ont tout d’abord émis certains doutes quant à notre capacité de recevoir un public VIP, explique Stéphane Clair lors d’une conférence de presse organisée au siège de l’Automobile Club de France à Paris. Mais on a su répondre favorablement à toutes leurs inquiétudes et aujourd’hui le projet est à la fois équilibré financièrement tout en étant attractif pour le monde de la F1."

Indépendant financièrement

Estimé à 30 millions d’euros, le budget du projet varois a été amputé de l’aide initiale promise par l’Etat avant l’arrivée de François Hollande à la présidence de la République. Pourtant, cet impondérable n’a pas entaché la viabilité économique du projet. "On ne demande pas de subventions à l’Etat pour faire fonctionner le Grand Prix", assure Arnaud Péricard, avocat du dossier. Stéphane Clair abonde dans ce sens. "Notre projet a évolué en fonction de la conjoncture économique et de la non implication de l’Etat. Nous avons mis l’accent sur la qualité technique et le réalisme budgétaire. Et je pense que nos arguments ont retenu l’intention de nos interlocuteurs."

Pour répondre au drastique cahier des charges imposé par la FIA, les représentants du tracé varois ont opéré une importante refonte de leurs capacités d’accueil et d’hébergement. Ainsi, la région du Var est désormais à même d’offrir plus de 35 000 lits aux spectateurs dans un secteur de moins de 50 kilomètres autour du Paul-Ricard. Mieux, ce chiffre est porté à 139 000 lits à une centaine de kilomètres du tracé. Ancien point noir du projet varois, l’accès au circuit a également été revu afin de permettre au public d’accéder au Paul-Ricard à travers trois accès autoroutiers distincts. L’absence de tribune autour du circuit, autre faille du dossier, sera également comblée avec l’installation de nombreuses tribunes, en plus des habituelles pelouses, dans les virages les plus significatifs du Castellet.

Le dessein du département du Var est clair: satisfaire le public modeste comme le plus fortuné. "Le prix d’accès aux pelouses a été fixé à 50 euros le dimanche de la course, ajoute le directeur du circuit. Le prix moyen en tribune sera quant à lui de 200 euros, ce qui nous place parmi les Grands Prix les plus attractifs financièrement du calendrier. Enfin, nos installations nous permettent également de fournir des prestations beaucoup plus haut de gamme." La capacité totale d’accueil du site varois a été portée à 60 000 spectateurs, dont 40 000 places assises en tribunes.

"Créer un manque"

Récemment homologuée par la FIA, la piste développera 5,8 km et verra la longue ligne droite du Mistral entrecoupée par une chicane destinée à favoriser les dépassements. S’il n’emprunte pas le tracé historique qui a reçu à 14 reprises la Formule 1 entre 1971 et 1990, le circuit devrait octroyer plus de plaisir aux pilotes que le triste Magny-Cours en dépit de ses run-off (dégagements en bitume) qui le rendent très artificiel. A l’instar du projet nivernais, le Paul-Ricard souhaite recevoir la Formule 1 tous les deux ans afin de créer "un manque auprès des passionnés". L'idée d'une alternance entre les deux prétendants français, rejetée par le camp adverse, n’est pas exclue en revanche du côté du Var.

Désormais détenteur des deux dossiers, le président de la FFSA Nicolas Deschaux devra restituer, en milieu de semaine prochaine, sa décision à la ministre des Sports Valérie Fourneyron. Une fois le candidat choisi, il sera alors temps d’entamer l’opération séduction auprès de l'intransigeant patron de la FOM (Formule One Management), Bernie Ecclestone, unique personne en mesure de transformer le rêve français en réalité.