Schumi, c'est fini

Michael Schumacher doit se poser pas mal de questions. (Reuters)

Michael Schumacher doit se poser pas mal de questions. (Reuters)

Poussé vers la sortie chez Mercedes depuis l’annonce de l'arrivée du Britannique Lewis Hamilton, Michael Schumacher prendra sa retraite sportive pour la seconde fois de sa carrière à la fin de la saison. Le pilote allemand de 43 ans a annoncé, jeudi, qu'il se retirait du monde de la Formule 1 avec sept titres mondiaux.              

Schumacher quitte la piste aux étoiles. Malgré les dernières rumeurs, l’annonce du terme de sa collaboration avec Mercedes à partir de la saison 2013 aura donc sonné le clap de fin pour l’Allemand. "Schumi" a convoqué la presse ce jeudi à Suzuka pour annoncer sa retraite à la fin de la saison. Hamilton le remplaçant au sein de la firme allemande dès l’an prochain, Schumacher n’avait guère d’autres options. Certes, la rumeur Sauber avait circulé ces derniers jours mais elle n’a pas convaincu l’ancien pilote Ferrari qui s’est avoué fatigué même s’il assure être toujours en mesure de bien figurer.

"J'ai décidé de me retirer de la Formule 1 à la fin de la saison, même si je suis encore capable de rivaliser avec les meilleurs pilotes du monde, a-t-il confirmé. C'est quelque chose qui me rend fier, et cela fait partie des raisons pour lesquelles je n'ai jamais regretté mon retour. Je peux être content de ma performance et le fait que je continue d'élever mon niveau au cours des trois dernières années. Mais à un moment donné, il est temps de dire adieu. Déjà au cours des derniers mois et des dernières semaines, je ne savais pas si j'aurais encore la motivation et l'énergie qui est nécessaire pour continuer, et ce n'est pas mon style de faire quelque chose dont je ne suis pas convaincu à 100%. Avec la décision prise aujourd'hui, je me sens libéré de ces doutes", précise le communiqué.

"Les critiques ont été en partie justifiées"

Devant la presse, il a avoué sa lassitude. "Nous avions un contrat de trois ans, c’est difficile de garder la motivation et l'énergie - il est naturel d’y penser davantage que quand vous êtes jeune. J'ai me suis interrogé un bon moment pour savoir si j'avais l'énergie pour continuer. J'ai dit en 2006 (lors de sa première retraite, ndlr) que ma batterie était vide. Actuellement je suis dans la zone rouge, je ne sais pas s’il est temps de les recharger mais je me réjouis de ma liberté", a ainsi expliqué le septuple champion du monde, un record dans l’histoire de la F1.

L'annonce ne le prive toutefois pas d'une certaine frustration. "J’avais dit à la fin de l'année 2009 que je voulais être jugé par mes succès, et c'est pourquoi j'ai eu beaucoup de critiques ces 3 dernières années, elles ont en partie été justifiées. Sans aucun doute, nous n'avons pas atteint notre objectif de développer une voiture capable se battre pour gagner le championnat du monde au cours de ces trois dernières années. Il est aussi sans doute vrai que je ne peux donner de perspective à long terme à personne. Mais il est clair aussi que je peux encore être très content de mes résultats globaux en Formule 1."

Aucune victoire, un seul podium (acquis cette saison à Valence), le bilan est effectivement loin des objectifs affichés en 2010 lors d’une mémorable présentation de la "Wunderteam" ("l’équipe de rêve") allemande. Mercedes était né sur les bases de Brawn GP, une écurie championne du monde en titre, et l’échec de "Schumi" est donc aussi celui de la firme à l’Etoile. Même si Rosberg a su souvent, trop souvent sans doute, rejeter son illustre coéquipier dans l'ombre. De cette deuxième carrière, on retiendra donc autant les accidents, les manœuvres douteuses (face à Barrichello en Hongrie en 2010 par exemple), les pénalités et malheurs que les faits d'armes trop rares. La pole position de Monaco (entachée d'une pénalité le rejetant en troisième ligne au moment du départ) cette année en est une. Si ces trois dernières saisons ont quelque peu altéré son image, elles n’ont pourtant pas déboulonné la statue Schumacher. Celle d’un septuple champion du monde, un record parmi d’autres pour un champion autant adoré que décrié par les fans. La marque des grands.