Endurance - WEC : L'hybride et la réduction des coûts au centre du règlement 2020

Endurance - WEC : L'hybride et la réduction des coûts au centre du règlement 2020©Panoramic, Media365
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Mathieu WARNIER, publié le samedi 17 juin 2017 à 13h00

Avant la 85eme édition des 24 Heures du Mans, l'ACO et la FIA ont tracé l'avenir de la catégorie reine de l'endurance en présentant le règlement technique pour 2020 et au-delà.

Les 24 Heures du Mans et le Championnat du Monde d'Endurance (FIA WEC) regardent vers l'avenir alors que la 85ème édition de la classique mancelle s'élance ce samedi. A la veille de cet événement majeur de l'année du sport automobile, et au lendemain de l'incroyable pole position signée Kamui Kobayashi et Toyota, l'Automobile Club de l'Ouest et la Fédération Internationale de l'Automobile ont profité de la conférence de presse d'avant-course pour tracer les grandes lignes de l'avenir de la catégorie reine de l'endurance automobile, le LMP1. Alors que le projet 2018, qui a été abandonné fin 2016 après l'annonce du retrait d'Audi, prévoyait de grands changements au niveau des technologies hybrides, le nouveau règlement technique va dans un autre sens, avec le but avoué d'inspirer de nouveaux constructeurs pour venir défier Toyota et Porsche.
L'hybride toujours plus au cœur des préoccupations
Depuis 2011 et le retour de Toyota avec sa TS030-Hybrid, l'utilisation de moteurs hybrides en LMP1 est devenue une norme et même une obligation pour les constructeurs engagés en LMP1 depuis la saison 2014 du FIA WEC. A partir de 2020, cette obligation sera renforcée car les prototypes seront contraints, après chaque passage par les stands, à parcourir le premier kilomètre en piste à l'aide d'une propulsion 100% électrique. Le moteur thermique ne pourra être activé qu'une fois cette limite franchie. Pour permettre cela, la technologie hybride rechargeable que l'on retrouve déjà sur des modèles de série sera rendue obligatoire. Pour faire simple, à chaque arrêt, les mécaniciens devront brancher une prise pour recharger la batterie de la voiture en même temps que le ravitaillement en carburant. Cette obligation d'utiliser une propulsion électrique sera également imposée au moment du franchissement de la ligne d'arrivée lors de l'ensemble des manches du championnat. Alors que le projet abandonné de règlement 2018 était très ambitieux avec la possibilité de mettre trois systèmes de récupération d'énergie pour un total pouvant aller à 10 mégajoules libérés par tour du Circuit des 24 Heures du Mans, le règlement 2020 maintient la solution actuelle avec deux systèmes embarqués et un maximum de 8 mégajoules. Du point de vue écologique, la part de biocarburants devrait encore augmenter quand les recherches sur l'utilisation de nouvelles sources d'énergie telles que l'hydrogène seront accélérées dans le but de les introduire, à terme et en toute sécurité, en course.
La réduction des coûts en LMP1, un mal nécessaire
L'autre grand axe de cette nouvelle règlementation tient à un domaine qui pose problème à tous les principaux championnats automobiles : la réduction des coûts. Alors que la Formule 1 a toujours des soucis en la matière, l'ACO et la FIA ont décidé de prendre le taureau par les cornes avec dix mesures fortes qui devraient permettre l'arrivée de nouveaux constructeurs dans la catégorie LMP1, Peugeot étant la première cible des promoteurs du FIA WEC avec le constructeur français qui a été convié à la table des négociations ayant permis de mettre en forme cette nouvelle réglementation. La première mesure est le choix de geler le règlement technique pour quatre ans, soit sur la période 2020-2023 pour donner de la visibilité à moyen terme aux engagés. Chaque constructeur ne pourra homologuer qu'une seule carrosserie par saison, contre deux actuellement dont une dédiée aux spécificités des 24 Heures du Mans, mais certains éléments pourront varier, notamment l'aileron arrière. L'aérodynamique est un domaine qui coûte énormément aux écuries et, pour limiter l'inflation, les essais seront limités tant en soufflerie (600 heures par an contre 900 actuellement), qu'en piste avec une réduction des jours alloués aux essais privés et une multiplication des journées d'essais communes aux frais du promoteur du championnat. De plus, entre deux saisons, les constructeurs devront faire des choix car ils ne pourront plus repartir d'une feuille blanche année après année. Différents périmètres seront délimités par le règlement et le constructeur devra choisir ce qu'il fera évoluer ou pas durant l'intersaison. Certaines libertés seront toutefois données mais dans des zones très réduites pour éviter une course à l'armement. Enfin, chaque engagé ne pourra plus utiliser que cinq moteurs (puis quatre à l'avenir) ainsi que deux boites de vitesses par saison.
La sécurité toujours plus renforcée
Les différents accidents qui ont émaillé les récentes éditions des 24 Heures du Mans ont mené la FIA et l'ACO à réfléchir toujours plus à la sécurité du pilote dans l'habitacle des prototypes. Pour améliorer la situation, le règlement technique 2020 va être plus strict concernant l'espace libre autour de la tête du pilote. La conséquence sera un cockpit plus grand, plus haut, ce qui modifiera l'allure des prototypes, qui devraient être huit centimètres plus haut. Les jambes du pilote seront également mieux protégées avec une mousse alors que les pédales devront être réglables pour plus de confort au volant. De plus, pour protéger toujours mieux les vertèbres des pilotes en cas de choc à haute vitesse, l'angle minimal par rapport au plancher devrait passer de 35 à 55 degrés quand le volant et le tableau de bord devraient être un peu plus loin. L'objectif est très clair : éviter des blessures trop sérieuses dans le cas où un prototype devait s'envoler suite à un accident, comme ça a été le cas pour le Britannique Anthony Davidson en 2012. Ce dernier était sorti d'un effroyable crash au bas de la ligne droite de Hunaudières avec des blessures aux vertèbres. Mais toutes ces évolutions ne devraient pas avoir de conséquences sur les performances brutes des prototypes, qui sont déjà exceptionnelles comme a pu le montrer Toyota lors des qualifications de l'édition 2017 des 24 Heures du Mans. Mais le réel espoir de la FIA et de l'ACO, c'est de faire venir, ou revenir, des grands constructeurs dans la catégorie LMP1 dès 2020 à l'image de ce qui se passe en catégorie GTE, avec Ford revenu en 2016 puis le retour de BMW l'an prochain et la rumeur Lamborghini dès 2019. La balle est désormais dans le camp de ces constructeurs, et notamment de Peugeot car, on le sent bien, ce règlement a été habilement connu pour répondre aux demandes du constructeur français, qui a quitté la scène précipitamment début 2012.

 
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