Un rapport à charge contre la Russie

Un rapport à charge contre la Russie©Media365
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Mathieu WARNIER, publié le vendredi 09 décembre 2016 à 13h35

La version finale du rapport McLaren confirme et approfondit les conclusions initiales publiées en juillet dernier.

Cette conférence de presse était très attendue. Ce vendredi, Richard McLaren a présenté à la presse les conclusions des travaux de la commission indépendante qu'il présidait, chargée d'enquêter sur le dopage institutionnalisé organisé en Russie en marge des Jeux de Sotchi. Si les premières conclusions ont été proches de mettre la Russie au ban de l'Olympisme alors que, dans le même temps, l'IAAF n'a pas pris de gants et a exclu le pays, sanction toujours en cours, ce nouveau rapport risque de mettre encore plus le feu aux poudres. Si le premier rapport présenté se concentrait essentiellement sur les Jeux Olympiques organisés à Sotchi en 2014, ce rapport final décrit une réalité encore plus sombre qu'attendu.

Plus de 1000 athlètes dopés et couverts

Dans son rapport, la Commission McLaren assure avoir « de fortes preuves d'un dopage institutionnalisé ayant eu cours entre 2011 et 2015 » à l'échelle jamais vue puisque 30 sports sont touchés et plus de 1000 athlètes russes seraient concernés par ce scandale de dopage. Si les Jeux de Sotchi ont pu mettre en lumière cette tricherie à grande échelle, ce n'était que la partie visible de l'iceberg. « Le système a été amélioré entre les Jeux de Londres, les Mondiaux d'athlétisme 2013 à Moscou et les Jeux d'Hiver de Sotchi avec un système de protection des athlètes pouvant être médaillés, assure la commission dans son rapport. L'équipe olympique russe a corrompu les Jeux de Londres à une échelle sans précédent, dont on ne saisira sans doute jamais toute l'ampleur. Leur désir de victoire a pris le dessus sur leur moralité et leur éthique mais aussi sur les valeurs olympiques de fair-play. » Un système qui n'a pas été gravé dans le marbre puisque la commission assure qu'il s'est adapté « aux changements de règlement de l'Agence Mondiale Antidopage (AMA) et de ses interventions inopinées ».

L'implication des autorités confirmée

Ce programme de dopage institutionnalisé est présenté comme « une opération de couverture qui s'est transformée en une stratégie concertée visant à remporter des médailles » dans laquelle les autorités russes ont été directement impliquées. « Une conspiration institutionnelle a été mise en place pour les sports d'hiver et d'été avec la participation du ministère des Sports et de ses services comme l'agence russe antidopage (Rusada), le laboratoire antidopage de Moscou, aux côtés du FSB (services secrets russes, ex-KGB, ndlr), afin de manipuler les contrôles antidopage », ajoute la commission. Cette dernière a trouvé, par exemple, des mails en provenance du ministère des sports, portefeuille anciennement détenu par Vitaly Mutko, désormais vice-Premier Ministre, numéro 3 de l'Etat Russe, demandant ce qu'il fallait faire avec des échantillons positifs.

Des méthodes frisant l'amateurisme

Si l'organisation du système de couverture des contrôles positifs a fait preuve d'un professionnalisme exacerbé, le rapport de la Commission McLaren démontre également une bonne dose d'amateurisme dans la manière de modifier les échantillons pour qu'ils passent inaperçus. Parmi les différents produits utilisés pour altérer les résultats, on retrouve du sel, ce qui avait déjà été démontré, mais également du café instantané voire... de l'urine d'homme. Le rapport assure que les échantillons issus de deux hockeyeuses russes comportaient de l'ADN masculin. Un rapport définitivement accablant pour le sport russe qui ne pourra que compliquer la tâche des autorités locales pour tenter de se refaire une virginité en la matière, avec l'aide d'Elena Isinbayeva, future patronne de Rusada. Mais ce rapport va également mettre une pression incommensurable sur les autorités sportives internationales et, en premier lieu, le Comité International Olympique, critiqué pour sa gestion insuffisamment stricte de cette crise en marge des jeux Olympiques de Rio.

 
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