eSports - Raphael Botbol (FDJ) : " Le développement vers l'eSports était naturel "

eSports - Raphael Botbol (FDJ) : " Le développement vers l'eSports était naturel "©Media365
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Nicolas Kohlhuber, publié le mercredi 15 mars 2017 à 16h27

FDJ vient d'annoncer son arrivée dans l'eSports en partenariat avec Webedia. L'occasion pour nos amis de l'eSports Daily News, et Xavier Oswald, de rencontrer Raphaël Botbol, directeur de la stratégie et du développement de FDJ, pour échanger autour de l'eSports et de la stratégie de FDJ.

Depuis quand FDJ considère l'eSport comme une opportunité ? 

La FDJ a engagé une réflexion sur le marché de l'eSports fin 2015, après l'adoption du nouveau plan stratégique FDJ 2020. Nous avons confirmé tout le potentiel pour FDJ de ce marché en pleine croissance. En effet, aujourd'hui 100% de notre activité est consacrée au divertissement à travers les jeux d'argent. Le développement vers l'eSports, qui sont des jeux gratuits, était naturel. Nous sommes attentifs aux nouveaux business du divertissement et aux nouveaux métiers qui y sont associés. L'eSports fait partie intégrante de notre politique de diversification.

Pourquoi l'eSports ?
Parce que nous souhaitons nous positionner comme un des leaders du divertissement en France, et notamment en explorant des univers qui vont au-delà des jeux d'argent afin de recruter des millenials. L'eSports, en tant que diversification de notre activité, doit nous aider à atteindre cet objectif.

Quel doit être votre rôle dans ce nouvel écosystème ?
Nous voulons aider le marché à se structurer. Nous sommes arrivés à la conclusion que le meilleur moyen d'y arriver résidait dans l'organisation de compétitions. Nous sommes là pour découvrir ce milieu avant tout et devenir un acteur privilégié du secteur.

Pourquoi ne pas avoir choisi un chemin de sponsoring d'équipes ou de joueurs comme vous avez l'habitude de le faire avec le sport traditionnel ?
Nous connaissons bien le monde du sport. Nous sommes le 1er partenaire du sport français avec plus de 280 millions d'euros investis auxquels s'ajoutent de nombreux partenariats avec des ligues ou des événements sportifs. L'eSports n'est pas en reste : il résonne avec les notions de compétition, de divertissement et de performance. C'est l'ADN de FDJ qu'on retrouve ! C'est ce qui nous pousse à jouer un rôle plus important en étant acteur, organisateur de compétitions, par rapport au rôle que nous aurions eu si nous n'avions fait que du sponsoring.

Quel est le rôle de votre partenaire Webedia dans votre entrée dans le marché ?
Webedia à travers son expertise, nous aide à organiser des compétitions. Notre partenariat est sur un an. 80% du contrat porte sur l'organisation des compétitions et 20% sur de l'achat média.

Comment avez-vous réfléchi à votre façon de communiquer dans ce marché qui passionne beaucoup de jeunes ?
Les joueurs d'eSports sont en grande majorité des millenials (85% des eSportifs sont majeurs et 15 % sont mineurs). FDJ sera vigilante quant au respect de la réglementation en France concernant la participation de mineurs à des compétitions d'eSports (notamment, les autorisations parentales pour les tournois physiques). Sur les compétitions en ligne, nous demanderons aux joueurs de renseigner leur âge au moment de l'inscription. Dans tous les cas, il n'y aura pas de promotion croisée avec des jeux FDJ !

En dehors de Webedia, avez-vous eu d'autres contacts avec des acteurs du milieu ?
Nous avons rencontré tous les acteurs du marché : ESL, Eclypsia, O'Gaming, Lyon eSport, Riot Games, Vivendi, etc. Mais Webedia était le mieux placé pour nous accompagner sur ce nouveau marché. Ils couvrent la quasi-totalité de la chaîne de valeur de l'eSports ce qui nous a rassuré dans l'approche de ce milieu. Par ailleurs, Webedia possède une capacité d'amplification média forte, avec par exemple jeuxvidéo.com, Millenium... touchant directement notre cible.

Quelle organisation mettez-vous en place en interne ?
Nous avons une équipe qui s'est créée. Tout ce qui concerne l'organisation de tournoi est géré par Webedia qui possède une expertise forte à travers l'ESWC et Toornament.

De nombreux éditeurs sont réfractaires à l'idée d'associer leur IP à des jeux d'argent. Est-ce un frein pour vous ? Sur quels jeux allez-vous pouvoir vous positionner sur les tournois que vous voulez organiser ? 
Les éditeurs, qui sont souvent américains, ne souhaitent pas travailler avec des sociétés de betting. Mais FDJ ce n'est pas que du betting mais pour beaucoup de la loterie. Ceci nous permet de discuter et d'obtenir des accords là où d'autres marques rencontrent des problèmes. Certains éditeurs comprennent cette nuance mais d'autres restent assez bloqués sur les paris. Valve (CS :GO, Dota2) par exemple, n'a pas de problème avec les paris. Nous voulons montrer que nous avons un rôle à jouer et que notre expertise du monde du sport nous offre une légitimité sur l'organisation de compétitions.

Quels seront les jeux présents sur vos compétitions ?
Nous avons la possibilité d'aller sur des jeux à forte résonance en France et au niveau mondial. Nous voulons apporter quelque chose au marché en nous positionnant sur des jeux qui sont un peu moins bien servis en termes de compétitions, et que nous pourrions aider à structurer.

FDJ a l'objectif de bâtir sa légitimité sur ce marché, et pour la bâtir, ce n'est pas forcément une bonne idée de se jeter sur un jeu phare comme League of Legends. Nous sommes plutôt ouverts à d'autres jeux, tels que Street Fighter V, Clash royale, Dota 2 ou Rocket League, que nous avons analysés. Notre tournoi professionnel se déroulera a priori sur deux jeux différents pour les saisons 1 et 2. Nos tournois amateurs commenceront le 18 mars, avec l'ouverture des inscriptions dès la semaine prochaine. Les compétitions auront lieu sur le jeu Clash Royale, elles pourront rassembler jusqu'à 1000 joueurs par tournoi.

Comment expliquez-vous un cashprize s'élevant à 20 000 euros par saison ? 
Pour les tournois amateurs, nous avons décidé que, sur le jeu Clash Royale, les récompenses se matérialiseront sous forme de cartes ou d'équivalents en gemmes. Pour les compétitions pros qui commenceront fin avril et qui regrouperont les 32 meilleurs joueurs/équipes sous forme de journées de championnat, le cashprize sera de 20 000 euros par saison. Les 4 meilleurs joueurs de la saison 1 se rencontreront à l'ESWC Summer à Bordeaux en phase finale. Nous ferons un point à ce moment-là.

 Réfléchissez-vous à faire venir d'autres sponsors pour vos tournois ?
Dans un premier temps, non. Nous nous poserons peut-être la question en année 2 mais pas pour la première, nous n'y voyons pas l'intérêt. Nous sommes dans une logique de développement de marché. La réflexion sur le business model viendra plus tard. Mais nous sommes persuadés de le trouver car c'est un marché à forte croissance.

Quels sont les éléments qui détermineront le succès de votre arrivée dans l'eSports ?
Recrutement, légitimité et audience !

 
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